« J'aime être condamné, comme ça, à gagner », a renchéri Patrice Evra. Les Bleus dramatisent-ils l'enjeu de cette double confrontation ?
Certes, en cas de revers samedi à Kaunas, il restera encore six rencontres à disputer pour les Français, soit 18 points possibles à prendre. Pour l'heure, l'équipe de Raymond Domenech pointe à la 3e place du groupe, avec 4 points, derrière les coleaders, la Serbie et la Lituanie, tous deux à 9 points. Et les Français comptent un match en moins que les deux équipes de tête. Mais, à force de griller des jokers, la sanction risque de tomber.
Car dans la zone Europe, les conditions de qualifications pour la grande fête du football annoncée en Afrique du Sud en 2010 sont impitoyables. Les 9 vainqueurs des groupes seront qualifiés pour la phase finale. Et seuls les 8 meilleurs deuxièmes joueront des barrages aller-retour.
Et pour l'heure, le bilan des Bleus au bout de trois matches n'est pas reluisant : une défaite humiliante en Autriche (3-1), un succès contre la Serbie (2-1) et un nul arraché au forceps en Roumanie (2-2).
Alors il est temps que la France fasse valoir son rang (12e nation FIFA) contre la Lituanie, 52e mondiale, coincée entre le Panama et la Slovaquie.
« Un bon résultat, c'est six points » sur les deux matches, martèle Evra, qui souligne : « Il est important de ne pas laisser les équipes de devant s'échapper, car après, ça peut être difficile. »
« Si on veut se qualifier pour la Coupe du monde, cela risque d'être difficile avec quatre points », sur les deux matches contre la Lituanie, confirme Nasri.
Le Gunner craint « la pelouse, le contexte et un peu tout l'environnement autour ».
La pelouse ? Elle risque de ne pas être en très bon état en effet, après le gel de ces derniers jours, même si les températures devaient être positives samedi (entre 2 et 7°) avec de la pluie. L'environnement ? Il est évident que Kaunas a été choisi pour compliquer l'existence de l'adversaire, à qui il aurait été plus simple de rejoindre Vilnius.
Il faut se souvenir aussi de cette banderole raciste, une carte de l'Afrique repeinte aux couleurs françaises avec la mention « Bienvenue en Europe », brandie le 24 mars 2007, en qualifications de l'Euro 2008, quand les Bleus étaient venus s'imposer 1 à 0 à Kaunas.
Evra et Clichy sont en concurrence
Mais il faudrait aussi parler des doutes qui entourent les Bleus, en quête de repères. La défense risque d'être encore remaniée. Squillaci devrait être associé à Gallas, aux dépens de Mexès. Sur le côté gauche, Evra et Clichy sont en concurrence. Quant à l'animation offensive, s'il est évident que Gourcuff mènera le jeu dans un 4-2-3-1, il reste encore à régler une question : Henry, capitaine en grande forme, jouera-t-il en pointe ou à gauche ?
Tous les espoirs français reposent sur les « tauliers », Gallas, Ribéry, Henry, et sur le petit magicien Gourcuff. Mais il est temps que d'autres assument leur statut naissant.
Mandanda, par exemple, en qui Domenech place sans ciller sa confiance. Le gardien de l'OM, coupable sur le premier but encaissé en amical contre l'Argentine le 11 février à Marseille (0-2), doit réaliser son match de référence. Et il n'est pas le seul.

