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Liban - Vie Politique

L’Exécutif transpire, le Législatif atermoie…

Une bonne chose : la nomination des quatre vice-gouverneurs de la BDL, et une mauvaise : l'interminable polémique entre 14 et 8 Mars sur la question des écoutes.
La séance était longue, très longue, mais elle a au moins servi à quelque chose : le Conseil des ministres a accouché, pratiquement au forceps, d'une série de nominations administratives bloquées depuis des lustres par les méfaits des divergences entre les différents leaders de ce pays. Sauf que cette entente a été vite éclipsée par la résurgence de la polémique entre Gebran Bassil et ses collègues du 14 Mars à propos des écoutes.
Ainsi, on connaît enfin les noms des quatre vice-gouverneurs de la Banque du Liban. Il s'agit, comme annoncé avant-hier par L'Orient-Le Jour, de Raëd Charafeddine, Saad Andari, Mohammad Baassiri et Harout Samuélian. Ainsi, aussi, le général Nabil Karaa a été nommé membre du Conseil militaire au sein de l'armée en remplacement du général Georges Hachem. L'on a appris, dans ce cadre, que les trois ministres aounistes (Issam Abou Jamra, Gebran Bassil et Mario Aoun) ont officiellement désapprouvé la façon dont les noms ont été proposés, déplorant le fait qu'ils n'en ont pas été informés au préalable ; comme si, ont-ils estimé, ils avaient été écartés des concertations préalables qui ont effectivement permis le déblocage d'hier. « Nous avons refusé ces nominations parce que personne ne nous a communiqué les noms au préalable », a asséné le vice-président du Conseil à l'issue de la séance.
Laquelle séance a par ailleurs permis de préciser que ce seront les ministres des Affaires étrangères, Faouzi Salloukh, et d'État, Khaled Kabbani, ainsi qu'un grand nombre d'ambassadeurs, qui accompagneront le chef de l'État, Michel Sleiman, à Doha pour le sommet arabe.
Ce qu'il faut savoir en outre, c'est que l'examen de l'ordre du jour (101 points y étaient inscrits) n'a accaparé qu'une partie infime du Conseil des ministres, qui s'est essentiellement axé sur un débat récurrent : celui sur les écoutes. Le ministre des Télécoms, Gebran Bassil, est arrivé à la séance flanqué de ce dossier plus qu'épineux, sachant qu'avait expiré le délai accordé par le Conseil des ministres aux services de renseignements pour qu'ils recueillent toutes les informations et la base de données nécessaires pour que la commission ministérielle ad hoc puisse terminer son travail.
Cette question des écoutes a naturellement remis sur le tapis l'interminable polémique entre le ministre Bassil et ses collègues de l'Alliance du 14 Mars qui continuent d'exiger que soit assuré tout ce dont les services de sécurité ont besoin afin que leur mission soit facilitée au maximum, estimant que cette revendication est on ne peut plus légale. Sauf que le ministre des Télécoms, qui a qualifié le dossier dont il a supervisé la rédaction de « complet, pratique et objectif », a estimé qu'il était « inadmissible » que les services de sécurité utilisent les écoutes à des fins diverses, « comme si nous souhaitons être sous la coupe » de ces services « et non pas sous celle de la loi, comme si nous souhaitons créer l'État sécuritaire ». Gebran Bassil a jugé que si la majorité insiste sur ces revendications, c'est pour « occulter les objectifs politiques ».
« C'est la saison des écoutes et des élections », a-t-il tonné, très en colère, à l'issue de la séance. « Dites en mon nom que le gouvernement libanais viole la loi et bafoue les droits des citoyens », a-t-il même demandé aux journalistes accrédités à Baabda.
Plusieurs ministres ont expliqué que ce dossier est en bonne partie technique et juridique, qu'il a besoin d'une bonne et sérieuse préparation, surtout que ses ramifications avec le volet sécuritaire sont très nombreuses. C'est pour cela qu'il a été décidé de prolonger le délai de collecte de la base de données jusqu'au 15 mai prochain. Une commission a été formée, sous la présidence du Premier ministre Fouad Siniora (elle rassemble les ministres des Télécoms, de l'Intérieur Ziyad Baroud, de la Justice Ibrahim Najjar, ainsi que le ministre d'État Khaled Kabbani) ; elle est chargée de mettre sur pied un projet technique, scientifique et sécuritaire, à même d'assurer le travail des différents services de renseignements dans le cadre de garde-fous bien définis.
Sauf que le ministre Bassil est resté vivement opposé à ce qu'il soit autorisé à ces services de bénéficier de toutes les données liées aux écoutes qu'ils jugeront nécessaires. Il a été rejoint à ce niveau par le ministre de l'Énergie et de l'Eau Mohammad Fneich et par le ministre d'État Ali Kanso.
Signalons que le ministre d'État Jean Oghassabian était intervenu au début de ce débat pour relever qu'il y a des divergences entre les ministères concernés (Télécoms, Justice, Intérieur et Défense) aussi bien que des transgressions en tous genres, que tout cela implique davantage de réunions... « Mais nous n'avons pas le temps : le crime n'attend pas, le terrorisme n'attend pas », a-t-il relevé, citant des propos en ce sens tenus par son collègue Ziyad Baroud il y a quelques jours dans le cadre du mini-sommet arabe des ministres de l'Intérieur. Le ministre Oghassabian en a également profité pour mettre en exergue l'urgence d'assurer à l'armée et aux forces de sécurité tout ce dont elles ont besoin pour qu'elles mènent à bien leur fondamentale mission... « Comment peut-on, à l'heure où il est indispensable de protéger le Liban, à l'heure où nous sommes tous menacés, comment peut-on entrer dans une polémique aussi stérile, comment peut-on vouloir interdire à l'armée d'avoir accès à quelque base de données que ce soit ? », s'est-il encore demandé, rappelant qu'il n'y a pas si longtemps, une partie bien précise de la classe politique a été victime d'un long feuilleton terroriste. « On ne sait pas pourquoi il a commencé, on ne sait pas pourquoi il s'est arrêté et on ne sait pas quand ce terrorisme pourrait recommencer à sévir », a indiqué Jean Oghassabian.
Relevons en outre que le volet sécuritaire a occupé une bonne part des débats. Les ministres Murr et Baroud ont donné des informations détaillées sur les différentes activités des services de sécurité, sur leurs enquêtes et sur les mesures qu'elles ont récemment adoptées.
La séance était longue, très longue, mais elle a au moins servi à quelque chose : le Conseil des ministres a accouché, pratiquement au forceps, d'une série de nominations administratives bloquées depuis des lustres par les méfaits des divergences entre les différents leaders de ce pays. Sauf que cette entente a été vite éclipsée par la résurgence de la polémique entre Gebran Bassil et ses collègues du 14 Mars à propos des écoutes.Ainsi, on connaît enfin les noms des quatre vice-gouverneurs de la Banque du Liban. Il s'agit, comme annoncé avant-hier par L'Orient-Le Jour, de Raëd Charafeddine, Saad Andari, Mohammad Baassiri et Harout Samuélian. Ainsi, aussi, le général...
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