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Liban - Éclairage

Baabda et Bkerké, seuls étendards pour les chrétiens du 14 Mars

Les régions chrétiennes restent sous haute tension. Électorale, mais aussi politique. Car elles servent de lice à l'affrontement de deux projets antonymes au long cours. L'un qui milite pour une décision proprement nationale, libérée des axes extérieurs. L'autre qui s'associe à la Syrie et à l'Iran dans leurs luttes et qui veut attribuer au Liban un rôle de résistant actif, face à Israël, de front potentiellement embrasé avec Israël, alors que le Golan reste calme.
Mais le bras de fer en pays chrétien découle aussi, naturellement, d'une rivalité entre prétendants à la domination de la région comme de la communauté. Les protagonistes les plus en vue, sinon les plus puissants, sont le CPL, les FL et les Kataëb. L'on assiste de la sorte à des difficultés, au sein du 14 Mars, à accorder les violons au niveau du partage des candidatures, du quota en somme, au sein des listes unifiées en voie de gestation. Quant aux aounistes, ils confirment que leur chef attend la mi-mai pour annoncer ses candidats, dans toutes les régions, sur les listes également unifiées du 8 Mars. Cela, sur conseil de Nasrallah, qui préfère que l'opposition ne se déclare pas avant la majorité. Ni avant que le tableau extérieur, en mutation, ne se soit mieux décanté.
Toujours est-il que, pour le principe, les loyalistes chrétiens ont réglé la question du leadership, politique et moral. Ils ont décidé, indique un député, de ne reconnaître comme leader de la collectivité que le président de la République, le général Michel Sleiman. Et comme mentor national que le patriarche Sfeir. En reprenant le mot du regretté Mohsen Slim qualifiant Bkerké de recours des recours .
Le général Michel Aoun est d'un avis contraire. Il estime que le siège patriarcal doit se tenir à l'écart de toute considération politique. Et il exige de même que la présidence de la République reste neutre, sans opinion ni agissements politiques propres. Qu'elle reste donc sur la touche, sous prétexte que c'est là que se situe son siège d'arbitre. Le général Aoun pense que le rôle de leader chrétien unique lui revient de plein droit, puisqu'il dispose de la plus forte assise populaire et du plus important bloc parlementaire. Il accuse dès lors les chrétiens du 14 Mars de fuir en avant pour l'affaiblir, en se plaçant sous la houlette de la présidence de la République. À ce qu'il considère comme une entourloupe, il riposte sur le terrain électoral par une astuce tactique. En retenant sur sa liste à Jbeil, région du président, le Dr Walid Khoury, comme en 2005, au mépris des promesses faites alors à Jean Hawat de le coopter quatre ans plus tard. Le choix du Dr Khoury, estiment les observateurs, devrait faciliter le dialogue avec la présidence de la République en vue d'un arrangement électoral pouvant s'étendre au Kesrouan, à Baabda, au Metn et à Zahlé. À Jbeil, le docteur aurait pour colistiers Abbas Hachem et Simon Abi Ramia. À noter que Sleimane Frangié plaide, auprès de Aoun, pour une entente tripartite avec le président Sleiman.
Sur le plan médiatique, les échanges sont aussi quotidiens que vifs entre Aoun et les chrétiens de la révolution du Cèdre. Pour le fond, ces derniers observent que leur adversaire, champion autodéclaré du rôle et des droits chrétiens, n'agit jamais que dans le sens contraire. En cherchant manifestement à affaiblir la présidence de la République, principal levier de force politique de la communauté. Tout comme en s'en prenant à l'autorité morale de Bkerké, atout capital des chrétiens au Liban et dans le monde.
Cependant, des cadres du 14 Mars observent que les leaderships chrétiens, toutes tendances confondues, desservent la cause de la communauté en s'étripant au Mont-Liban. Alors que leur priorité commune devrait être de libérer les sièges chrétiens sous tutelle dans d'autres régions comme le Nord, la Békaa et le Sud. On sait en effet, et Bkerké ne cesse de le souligner, qu'il y a trop de députés chrétiens qui représentent moins la collectivité dont ils sont issus que les leaders qui les parachutent sur leurs listes. Comme ces sièges sont situés dans des circonscriptions où les loyalistes n'ont que peu de latitude, les cadres cités invitent Aoun et Frangié à exiger de leurs alliés qu'ils leur soient attribués.
Allant plus loin, ces majoritaires appellent de leurs vœux un nouveau pacte entre leaderships chrétiens, sur base des recommandations des Églises, avancées récemment dans un document sur la praxis politique. De sorte que les élections se déroulent dans un climat apaisé.
Les régions chrétiennes restent sous haute tension. Électorale, mais aussi politique. Car elles servent de lice à l'affrontement de deux projets antonymes au long cours. L'un qui milite pour une décision proprement nationale, libérée des axes extérieurs. L'autre qui s'associe à la Syrie et à l'Iran dans leurs luttes et qui veut attribuer au Liban un rôle de résistant actif, face à Israël, de front potentiellement embrasé avec Israël, alors que le Golan reste calme.Mais le bras de fer en pays chrétien découle aussi, naturellement, d'une rivalité entre prétendants à la domination de la région comme de la communauté. Les protagonistes les plus en vue, sinon les plus puissants, sont le...
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