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Moyen Orient et Monde - Crise Politique

Le Koweït à l’heure du choix

Le scénario d'une suspension de deux ans de la vie parlementaire est privilégié par la presse.
Au lendemain de la nouvelle démission du cabinet koweïtien, l'émir de ce riche émirat pétrolier du Golfe devrait choisir entre trois options : nommer un nouveau Premier ministre, dissoudre le Parlement et convoquer des élections anticipées, ou suspendre l'Assemblée. Le scénario d'une suspension de deux ans de la vie parlementaire est privilégié par la presse, tant les divergences semblent profondes entre l'Exécutif et le Législatif, qu'un bras de fer oppose depuis trois ans. Le président du Parlement, Jassem al-Khorafi, a renvoyé aux calendes grecques une séance de l'Assemblée prévue hier. Elle devait être consacrée à interroger le Premier ministre, cheikh Nasser Mohammad al-Ahmad al-Sabah, un neveu de l'émir, à la demande de cinq élus islamistes qui l'accusent de mauvaise gestion, de violation de la Constitution et de manque de prudence dans la politique économique, outre des détournements de fonds publics. M. Khorafi a estimé lors d'une réunion lundi que le pays traversait une période sombre, et le député libéral, Mohammad al-Sager, a dit hier voir les signes d'une suspension. « On en parle beaucoup au Parlement et dans les milieux politiques, et j'espère que ce n'est pas vrai », a-t-il dit à la presse, devant le Parlement, où une vingtaine de manifestants, criant des slogans favorables à une dissolution, ont été empêchés d'entrer.
L'élu islamiste Khaled al-Sultan a prédit que « le Parlement sera suspendu pendant deux ans », ajoutant que cette mesure serait prise « d'ici à jeudi ». Pour le quotidien al-Qabas aussi, le scénario le plus plausible serait une suspension du Parlement. Al-Siyassah, autre quotidien local, pense, lui, que cette suspension pourrait être de deux ans et devrait être accompagnée de mesures destinées à « mettre de l'ordre dans la maison ».
Dans les faits, une suspension signifierait que l'émir, cheikh Sabah al-Ahmad al-Sabah, pourrait dissoudre le Parlement de 50 sièges, dominé par les conservateurs et les islamistes, sans appeler à des élections générales dans les 60 jours, comme le prévoit la Constitution. Depuis que le Koweït a choisi le système parlementaire en 1962, le Parlement a été suspendu deux fois en raison de conflits entre des élus et l'Exécutif. La première, en 1976, avait duré cinq ans, et la seconde, décidée en 1986, six ans. Depuis 1999, le Parlement a été dissous à trois reprises, la dernière en mars 2008, et des élections organisées.
Un député indépendant, Khalaf al-Enezi, a déclaré que l'émir avait « le droit de suspendre le Parlement s'il trouve que le pays est tombé dans un chaos politique », mais son collègue islamiste, Daifallah Buramia, a averti qu'« une suspension accroîtrait la tension politique » et conduirait « le pays dans un tunnel ».
D'autres élus ont été plus virulents, comme le député islamiste chiite, Hassan Jowhar, pour qui une suspension du Parlement serait « inacceptable ». Selon des sources parlementaires, l'émir peut aussi opter pour un nouveau Premier ministre ou appeler à des élections anticipées. Les chances d'une reconduction de cheikh Nasser sont « extrêmement réduites », ont dit ces sources à propos de celui qui est devenu chef du gouvernement en 2006, mais qui a été contraint à la démission à cinq reprises depuis.
Au lendemain de la nouvelle démission du cabinet koweïtien, l'émir de ce riche émirat pétrolier du Golfe devrait choisir entre trois options : nommer un nouveau Premier ministre, dissoudre le Parlement et convoquer des élections anticipées, ou suspendre l'Assemblée. Le scénario d'une suspension de deux ans de la vie parlementaire est privilégié par la presse, tant les divergences semblent profondes entre l'Exécutif et le Législatif, qu'un bras de fer oppose depuis trois ans. Le président du Parlement, Jassem al-Khorafi, a renvoyé aux calendes grecques une séance de l'Assemblée prévue hier. Elle devait être consacrée à interroger le Premier ministre, cheikh Nasser Mohammad al-Ahmad al-Sabah, un...
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