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Culture - Festival Du Conte

Ces fabuleux fabulateurs qui nous font rêver

Cinq, quatre, trois, deux, une... minute. C'est à ce rythme que se sont enchaînées les histoires rocambolesques improvisées instantanément par les six conteurs participant au Concours des menteurs qui clôturait cette dixième édition.
Conteurs menteurs, dit-on? Plutôt de fabuleux fabulateurs ! Car ce n'est absolument pas évident de tisser, durant près de deux heures, sans lasser, la trame d'un bouquet «de fables, facéties, menteries et merveilles» narrant les aventures d'«un parapluie se promenant sous la pluie», thème proposé spontanément par une jeune femme du public, à la demande de Paul Matar, maître de cérémonie de la soirée. Lequel, avant de donner le signal de départ du concours des menteurs, avait pris soin de recueillir auprès des nombreux spectateurs - parmi lesquels on reconnaissait au tout premier rang l'ambassadeur du Canada et son épouse - leurs suggestions de sujets inscrits en un ou deux mots sur de petits papiers. Des mots comme «fraise des bois», «enivrant», «amour» (toujours!), mais encore «épistémologie», «nitroglycérine», «Sarkozy», «Woody Allen», «exoplanète», «biscottes biscornues» ou «alcôve brune» que lançait, de manière impromptue, Paul Matar au conteur en pleine narration, obligeant ce dernier à l'inclure dans son récit. Ce même récit sur lequel devait enchaîner le conteur(euse) suivant(e).
Un exercice difficile, même pour ceux qui, comme Jihad Darwich, Fiona Macleod, Hassan Kouyate, Nadine Walsh, Kamel Guennoun et Michel Hindenoch, savent «dérouler le chemin du conte sous (leurs) pas» et entraîner tout un auditoire avec eux dans des pérégrinations verbales d'une rafraîchissante fantaisie.
Ainsi, au fil de la parole, du mot-image parfois accompagné de quelques notes égrenées sur cithare hongroise, d'autres fois enrichi de quelques expressions faciales et corporelles, les conteurs, qui se sont succédé sur la petite scène installée dans la crypte de l'église Saint-Joseph, ont transporté le public au pays de l'imaginaire roi.
Et de cette improbable aventure d'un «parapluie qui s'est enfui pour se promener sous la pluie » est née une épopée aussi farfelue que divertissante. Un écheveau d'histoires abracadabrantes qu'entame un Jihad Darwich, amoureux transi (normal, sans parapluie), parti cueillir des fraises de bois pour sa belle et qui se retrouve, au fil des improvisations - souvent hilarantes - de ses confrères et consœurs, transformé en ours, coulant des jours heureux dans une alcôve brune sur une autre planète, puis retombé de sous la voûte céleste sur terre, où il croisera - l'omniprésent - Nicolas Sarkozy, écrasera en la serrant sa bien-aimée transformée par une fée Carabosse en... fourmi, se refugiera au Liban sous le mystérieux pseudo de «Yahia Bsat» (quelqu'un dans la salle se serait-il amusé à inscrire son vrai nom?) et fera de nombreux ricochets sur les plateaux de Woody Allen, en l'occurrence plus perplexe que jamais!

Une aire de jeux et de rêves
De round en round (cinq minutes, puis quatre, puis trois, puis deux jusqu'au round final d'une minute, top chrono), les conteurs vont puiser sans réserve dans ce grand sac à malice qu'est leur imagination pour broder autour de ce parapluie son propriétaire transi et Woody Allen des histoires biscornues, sans queue ni tête, qui ne tiennent pas debout mais qui, étonnement, tiennent en Allen. Euh pardon, en haleine!
Du coup, en sortant enchanté de cette soirée pas comme les autres, on saisit mieux l'attrait que continue d'exercer cet art immémorial du conteur. Qui, par son habilité à jouer avec les mots, transporte son auditoire dans un espace-temps hors du temps. Une éternelle aire de jeux et de rêves.
Conteurs menteurs, dit-on? Plutôt de fabuleux fabulateurs ! Car ce n'est absolument pas évident de tisser, durant près de deux heures, sans lasser, la trame d'un bouquet «de fables, facéties, menteries et merveilles» narrant les aventures d'«un parapluie se promenant sous la pluie», thème proposé spontanément par une jeune femme du public, à la demande de Paul Matar, maître de cérémonie de la soirée. Lequel, avant de donner le signal de départ du concours des menteurs, avait pris soin de recueillir auprès des nombreux spectateurs - parmi lesquels on reconnaissait au tout premier rang l'ambassadeur du Canada et son épouse - leurs suggestions de sujets inscrits en un ou deux mots sur de petits papiers. Des...
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