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Moyen Orient et Monde

Le gouvernement pakistanais cède face à l’opposition

L'opposition a réussi hier à mobiliser plusieurs milliers de ses partisans dans les rues, en dépit de l'interdiction de manifester.
Le gouvernement pakistanais a accepté de rétablir dans ses fonctions le président de la Cour suprême Iftikhar Chaudhry pour mettre fin à une crise politique aiguë, a annoncé une source autorisée hier soir. La décision vise à répondre à la principale revendication des avocats qui manifestent depuis jeudi à travers le pays. Un ensemble de mesures constitutionnelles sera parallèlement présenté, a ajouté ce responsable gouvernemental. M. Chaudhry a été révoqué par l'ancien président-général Pervez Musharraf en 2007, mais le président civil Asif Ali Zardari a jusqu'ici refusé de le rétablir dans ses fonctions, le jugeant trop politisé et craignant qu'il menace sa propre fonction présidentielle. Zardari redouterait que le président de la Cour suprême annule un décret d'amnistie signé par Musharraf en sa faveur. Les partisans du leader d'opposition Nawaz Sharif, farouche adversaire de Zardari, se sont joints aux défilés des avocats. Malgré l'arrestation de centaines de personnes ces derniers jours, Sharif et le mouvement des avocats ont réussi à mobiliser hier plusieurs milliers de partisans dans les rues, ce qui a donné lieu à des affrontements avec la police. Une foule de manifestants, dans un long convoi d'autobus et de voitures, a quitté dans la soirée Lahore, fief de la famille Sharif dans l'est du Pakistan, vers Islamabad, après avoir déplacé avec des grues les énormes conteneurs qui barraient la sortie de la ville. Assigné à résidence hier pour trois jours à Lahore, Nawaz Sharif était sorti de sa villa pour qualifier « d'illégale » cette mesure et appeler ses partisans à l'accompagner jusqu'à Islamabad. « Venez me rejoindre. Je quitte ma maison. L'heure est venue de marcher main dans la main », a-t-il lancé, avant de partir à bord de son 4x4, escorté par une garde rapprochée, pour une lente traversée de la ville. Un immense cortège, rassemblant 10 000 personnes selon les services de renseignements, s'est alors formé pour l'acclamer. « C'est un moment en or dans l'histoire du Pakistan. C'est le prélude à une révolution », a-t-il dit dans une interview par téléphone à la chaîne de télévision privée Geo, assurant vouloir « sauver le Pakistan ».
Des scènes d'émeutes avaient éclaté auparavant à Lahore, les plus graves depuis le début de la crise, quand la police avait tenté de disperser les manifestants par des jets de grenades lacrymogènes. Une dizaine de personnes auraient été blessées.
« C'est une situation proche de l'anarchie. Le gouvernement a perdu sa crédibilité », estimait hier Jaffer Ahmed, chercheur à l'Université de Karachi. « C'est la première fois dans l'histoire du pays que des manifestants ont ouvertement défié la police en déplaçant ces énormes barricades », soulignait-il.
Les alliés occidentaux du Pakistan, à commencer par Washington, ont tenté de faire pression sur le gouvernement pour qu'il trouve une solution négociée, inquiets des risques de déstabilisation de ce pays, puissance nucléaire musulmane et foyer de terrorisme islamiste, dirigé par l'armée pendant près de la moitié de ses 62 ans d'existence. « La situation devient chaotique. Il semble que la violence va l'emporter et pousser l'armée à intervenir à un moment ou à un autre », s'inquiétait hier le général à la retraite et analyste Talat Masood.

Le gouvernement pakistanais a accepté de rétablir dans ses fonctions le président de la Cour suprême Iftikhar Chaudhry pour mettre fin à une crise politique aiguë, a annoncé une source autorisée hier soir. La décision vise à répondre à la principale revendication des avocats qui manifestent depuis jeudi à travers le pays. Un ensemble de mesures constitutionnelles sera parallèlement présenté, a ajouté ce responsable gouvernemental. M. Chaudhry a été révoqué par l'ancien président-général Pervez Musharraf en 2007, mais le président civil Asif Ali Zardari a jusqu'ici refusé de le rétablir dans ses fonctions, le jugeant trop politisé et craignant qu'il...
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