Retour à l'opposition. Un député du Bloc du changement et de la réforme a confié à une clé électorale du Metn que le général Aoun n'est pas pressé de former ses listes. Il ne le ferait, selon cette source, qu'à la mi-mai et, en tout cas, après avoir pris connaissance de la composition des listes du 14 Mars. Suivant ainsi, toujours selon le même parlementaire, un conseil que lui aurait donné Hassan Nasrallah. Pour qui il serait préférable d'attendre que la situation régionale se décante, du moment que, de toute évidence, elle influe sur les donnes intérieures, élections, et listes, en tête. Il se pourrait ainsi qu'au Metn-Nord, on voie Michel Murr abdiquer en faveur de son fils Élias ; et que l'on ait droit à bien d'autres surprises, ajoute le député.
Le parlementaire refuse de confirmer ou d'infirmer les rumeurs selon lesquelles Aoun et Nasrallah se seraient rencontrés il y a trois semaines. Il indique cependant que Berry, Aoun, Nasrallah, Sleimane Frangié et nombre d'autres pôles opposants vont se réunir début avril pour finaliser les listes unifiées du 8 Mars. En réglant le litige Berry-Aoun sur les sièges chrétiens de Jezzine et du Zahrani. Ainsi que le différend Aoun-Hezbollah sur le siège orthodoxe de Marjeyoun qu'occupe le PSNS Assaad Hardane et que le général voudrait attribuer à Issam Abou Jamra.
Parallèlement, des émissaires de Aoun et de Frangié démarchent discrètement Baabda, selon des sources informées, pour un arrangement dans les régions chrétiennes. Il serait proposé que Aoun coopte des indépendants sur ses listes à Jbeil, au Kesrouan, au Metn et à Baabda. Cependant, selon l'un des négociateurs, le général Aoun oppose toujours son veto à des candidatures de personnalités classées maintenant indépendantes, mais qui ont naguère fait partie du 14 Mars. Et qu'il considère comme restant proches de ce camp. Il s'agirait notamment de l'ancien député Mansour el-Bone, de François Bassil, d'Émile Naufal et d'Élias Murr.
Cette source précise que les efforts opposants de relancer Baabda butent sur quelques noms. À l'en croire, l'insistance de Aoun à garder le Dr Walid Khoury n'est pas du goût du palais, comme dirait un gastronome. Le témoin ajoute cependant que la position du général Aoun pourrait être d'ordre négociatoire. Car il tient à ce qu'en face on réalise que la loyauté qu'il manifeste au Dr Khoury n'a rien d'un défi.
Quoi qu'il en soit, l'heure est à la détente. Interarabe et internationale. Les Saoudiens et les Égyptiens se rabibochent avec les Syriens. Londres a décidé de prendre langue avec le Hezbollah sans que Washington, qui ne suit pas son exemple, y trouve à redire. Et pour cause : c'est une approche positive qu'Obama initie en direction du tandem Damas-Téhéran. Le processus extérieur en cours est susceptible de modifier les alliances électorales au Liban, également dans un esprit d'apaisement. Cependant, certains poids moyens prosyriens cachent mal que cette évolution ne leur convient pas. Ils tentent de provoquer des difficultés. En principe, ils ont peu de chances de réussir. Mais on ne sait jamais : les petits ruisseaux font (parfois) les grandes rivières.

