Demain, nous célébrons la Journée mondiale de la femme. C'est l'occasion pour la citoyenne que je suis d'exprimer son ras-le-bol concernant la situation de la femme libanaise, son infantilisation, son maintien dans un état de dépendance vis-à-vis de l'homme à tous les niveaux.
J'ai honte de dire, alors que de nombreux pays arabes, comme la Tunisie, le Maroc, l'Algérie et l'Égypte, font des pas de géant en matière de droits de la femme, que le Liban n'a absolument rien entrepris depuis dix ans dans ce sens.
J'ai honte de constater l'incapacité de nos dirigeants politiques, ou leur mauvaise volonté, à éliminer toute forme de discrimination envers la femme libanaise. Une discrimination qui se concrétise, notamment, dans l'incapacité de la femme à donner sa nationalité à ses enfants lorsqu'elle épouse un étranger, dans le fait qu'elle est la grande perdante en cas de divorce, qu'elle n'a absolument aucun droit sur ses enfants, même pas celui de leur ouvrir un compte bancaire, qu'elle est souvent victime de violence et d'abus, sans que personne ne s'en émeuve. Une injustice qui est aussi flagrante en matière d'héritage et de répudiation de la femme musulmane. Et j'en passe tellement la liste est longue et écœurante.
J'ai honte aussi des propos du président de la commission parlementaire des Droits de l'homme, le député Michel Moussa, qui a affirmé, il y a deux jours, que cette commission planche depuis plus de deux ans sur un projet de plan national pour les droits de l'homme, dans lequel un chapitre serait consacré aux droits de la femme. Mais combien d'années faudra-t-il donc pour que ce projet aboutisse ?
Est-il besoin de rappeler que la femme libanaise est l'une des plus instruites de la région ? Qu'elle contribue activement au développement économique du pays ? Qu'elle cumule de nombreux rôles, alliant avec succès vie professionnelle et obligations familiales ?
Est-il aussi besoin de vous rappeler, messieurs les futurs députés du 14 Mars, du 8 Mars ou du bloc centriste, que la voix de la femme compte autant que celle de l'homme, et qu'elle a donc le pouvoir de placer certains d'entre vous sur les strapontins et d'en écarter d'autres, ne vous en déplaise ?
Mais face à votre totale inertie et votre désintérêt pour les droits féminins, la femme libanaise a-t-elle d'autre choix, à moins de trois mois des législatives et en tant que citoyenne soucieuse de l'égalité totale entre l'homme et la femme, que de ne pas voter pour tout député qui ne lui accordera pas ses droits de personne à part entière, totalement responsable d'elle-même et de sa progéniture ?


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