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Liban - Analyse

Camisole de force

Il ne passe pratiquement plus un jour, depuis quelques semaines, sans que l'un ou l'autre des responsables du Hezbollah ne se prononce pour la formation d'un gouvernement d'union nationale au lendemain des élections législatives du 7 juin, quel qu'en soit le vainqueur.
Ce qui n'était qu'épisodique et que l'on murmurait à peine voici un mois dans l'entourage du parti de Dieu et de certains de ses alliés fait à présent l'objet d'une campagne de matraquage en règle, revêtant de la sorte les caractéristiques d'une priorité stratégique.
Que s'est-il donc passé dans l'intervalle pour que le parti de Dieu décide ainsi, de manière assez subite, de mettre en avant une option susceptible, si tout le monde y souscrit, au mieux de perpétuer le statu quo - autrement dit la paralysie gouvernementale - et au pire d'administrer le coup de grâce à l'ensemble de l'édifice institutionnel de ce pays.
Trois événements distincts - et d'importance majeure - survenus récemment ont pu inciter le Hezbollah à choisir cette voie : d'abord, le test, à l'évidence réussi, de la mobilisation du camp adverse le jour du 14 février, puis l'amorce d'un rapprochement entre la Syrie et l'Arabie saoudite, et, enfin, la mise en place du tribunal international.
Au vu des réactions négatives enregistrées dans les rangs du 8 Mars et dans ses médias à la suite de ces développements, y compris au sujet du rapprochement syro-saoudien, dont on craint que la pérennité de la « résistance » n'en fasse les frais, il semble bien que pour le Hezbollah les conditions orageuses qui ont sévi ces dernières semaines sur le pays ne l'étaient pas seulement sur le plan climatique.
La perspective d'une victoire de l'opposition aux législatives s'estomperait-elle déjà ? Certes, il est trop tôt à l'heure actuelle pour préjuger des résultats du scrutin. Et quoi qu'en diront les sondages d'ici et de là, il sera encore trop tôt au matin du 7 juin pour être en mesure d'annoncer la couleur.
Il n'empêche que les signes de nervosité accrue que l'on observe ces jours-ci dans les milieux de la minorité parlementaire trahissent pour le moins l'installation du doute.
Les regards sont bien entendu rivés sur les circonscriptions chrétiennes où se déroulera l'essentiel des batailles et où l'on jauge avec anxiété les effets attendus du « poison » centriste.
Ainsi, dans le Metn, gros morceau s'il en est, la configuration qui se met en place conduit des partisans du CPL à lancer des paris sur le nombre de sièges que leur formation pourra emporter sur les huit que compte la circonscription. Sachant qu'au lendemain de la partielle de l'été 2007, le parti du général Michel Aoun et ses alliés y avaient réussi le grand chelem.
À Zahlé, où l'opposition compte aujourd'hui six sièges sur sept, l'incertitude prend corps à mesure que l'on se rapproche de la date fatidique, alimentée à la fois par la grande mobilisation de l'électorat sunnite de cette circonscription, minoritaire mais consistant, mais aussi par une vague de mécontentement touchant une partie de l'électorat chrétien.
Quant au rêve aouniste de conquérir ce bastion ô combien symbolique qu'est Achrafieh, il semble - pour le moment -, à en croire des proches du CPL, se transformer progressivement en mirage.
Bien sûr, les milieux aounistes ne baissent point les bras pour autant. Ils comptent bien se dédommager à Baabda et au Liban-Nord des pertes qu'ils pourraient subir ailleurs et affirment tenir solidement le Kesrouan. La bulle de champagne serait alors pour eux les quelques sièges chrétiens éparpillés dans les océans chiites.
Ce qui ressort de toutes ces spéculations, c'est qu'aux yeux de l'opposition, le temps des certitudes est désormais derrière elle. D'où ce passage à la vitesse supérieure du Hezbollah dans sa campagne destinée à assurer ses arrières au lendemain du scrutin.
Car il est bien évident qu'en réclamant d'ores et déjà un gouvernement d'union nationale, le Hezbollah sous-entend qu'il est prêt à accorder au 14 Mars le tiers de blocage au sein du cabinet dans le cas d'une défaite de ce camp, et, inversement, que lui et ses alliés continueraient à détenir ce tiers de blocage dans le cas contraire.
La stratégie du parti de Dieu est donc clairement centrée sur la perpétuation, en toutes circonstances, du tiers de blocage, sous prétexte de « participation » et de « consensus ».
En somme, ce tiers de blocage, c'est en quelque sorte l'oxygène du Hezbollah et il est naturellement aisé d'en comprendre la raison.
Il se trouve hélas, comme on le constate avec le gouvernement actuel, que ce qui au Hezbollah est de l'oxygène, à l'État libanais est une corde au cou.
Il ne passe pratiquement plus un jour, depuis quelques semaines, sans que l'un ou l'autre des responsables du Hezbollah ne se prononce pour la formation d'un gouvernement d'union nationale au lendemain des élections législatives du 7 juin, quel qu'en soit le vainqueur.Ce qui n'était qu'épisodique et que l'on murmurait à peine voici un mois dans l'entourage du parti de Dieu et de certains de ses alliés fait à présent l'objet d'une campagne de matraquage en règle, revêtant de la sorte les caractéristiques d'une priorité stratégique.Que s'est-il donc passé dans l'intervalle pour que le parti de Dieu décide ainsi, de manière assez subite, de mettre en avant une option susceptible, si tout le monde y souscrit, au mieux de...
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