Mme Clinton a annoncé que l’émissaire spécial américain pour le Proche-Orient, George Mitchell, reviendrait dans la région après la formation d’un nouveau gouvernement en Israël. Le chef du parti de droite Likoud, Benjamin Netanyahu, hostile à la création d’un État palestinien pleinement souverain, a été chargé de former le prochain cabinet au plus tard le 3 avril, date butoir pour obtenir l’investiture au Parlement. Le soutien appuyé à un État palestinien par Washington pourrait générer des tensions avec le futur gouvernement Netanyahu qui préconise une « paix économique », équivalent à une autonomie élargie pour les Palestiniens.
Mme Clinton a également critiqué la décision d’Israël de déloger environ 1 500 habitants de Jérusalem-Est, au motif que les habitations, environ 90, ne disposent pas d’autorisation. « Ce genre d’activité n’aide pas et ne respecte pas les engagements de la feuille de route (le plan de paix international). Nous avons l’intention de soulever la question auprès du gouvernement en Israël et de la municipalité de Jérusalem », a-t-elle indiqué. « Quiconque fait cela ne souhaite pas la paix », a renchéri M. Abbas, qui a appelé le prochain gouvernement israélien à respecter la solution de deux États, israélien et palestinien, pour régler le conflit. « Nous respectons le choix du peuple israélien et nous respectons les élections (israéliennes), mais nous demandons aussi que le prochain gouvernement respecte la feuille de route et la vision de deux États », a dit M. Abbas, insistant sur la fi de la colonisation israélienne en Cisjordanie.
Il a également souhaité la réouverture de la bande de Gaza pour permettre la reconstruction du territoire dévasté par une offensive militaire israélienne en décembre-janvier qui a coûté la vie à 1 330 Palestiniens. La communauté internationale s’est engagée à verser près de 4,5 milliards de dollars pour la reconstruction de Gaza et soutenir une économie palestinienne moribonde. Hillary Clinton a aussi appelé Israël à « alléger les souffrances » des Palestiniens de Gaza en facilitant le passage d’aide alimentaire. La secrétaire d’État a également affirmé, dans un entretien télévisé hier, que son administration refusera de travailler avec un gouvernement palestinien comprenant le Hamas si ce dernier ne reconnaît pas Israël et ne renonce pas à la violence. Accusant le Hamas d’être un groupe « terroriste », elle a estimé que ce mouvement « devenait de plus en plus un client de l’Iran ». Elle a ajouté souhaiter une déclaration formelle et claire du Hamas s’il décidait de changer ses positions. Le Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a critiqué sa visite. « Les déclarations de Clinton montrent qu’il n’y a aucun changement dans la politique étrangère américaine, particulièrement concernant la question palestinienne », selon un porte-parole, Fawzi Barhoum.
L’Iran doit cesser de s’ingérer dans les affaires palestiniennes
D’autre part, M. Abbas a appelé l’Iran, un allié du Hamas, à cesser de s’ingérer dans les affaires internes palestiniennes. « Nous envoyons un message à l’Iran : arrêtez de vous ingérer dans nos affaires », a affirmé M. Abbas aux côtés de Mme Clinton. L’Iran « intervient uniquement pour approfondir la division entre les Palestiniens », a-t-il ajouté. Téhéran a organisé hier une conférence sur Gaza (voir par ailleurs).
La visite de Mme Clinton s’inscrit dans la volonté américaine de s’attaquer immédiatement au dossier proche-oriental, délaissé lors des premières années de l’administration Bush. Mme Clinton s’est ainsi voulue l’architecte d’une nouvelle « diplomatie agressive » dans la région. Elle s’est engagée également sur le front syrien en annonçant l’envoi de deux émissaires à Damas pour les contacts politiques les plus élevés avec le régime syrien depuis quatre ans. En soirée, deux membres armés du Jihad islamique ont été tués dans un raid aérien israélien à Gaza. Cinq autre ont été blessés.


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