Mardi, à l’ouverture d’une réunion des ministres arabes des Affaires étrangères au Caire, le chef de la diplomatie saoudienne avait exhorté les pays arabes à l’union, notamment pour faire face au « défi iranien ». « Afin de consacrer la réconciliation arabe, nous avons besoin d’une vision commune sur les questions relatives à la sécurité arabe et afin de faire face au défi iranien », avait déclaré le ministre saoudien.
Les relations entre la Syrie et l’Arabie saoudite sont difficiles depuis l’assassinat de Rafic Hariri en 2005. Elles se sont en outre détériorées lors de l’offensive israélienne contre Gaza, l’Arabie saoudite et l’Égypte étant les chefs de file des pays arabes hostiles au Hamas soutenu par la Syrie et le Qatar. Depuis quelques semaines, l’on assiste toutefois à une multiplication des rencontres entre responsables syriens et saoudiens. Des rencontres perçues comme un signe de rapprochement. Il y a dix jours, le chef de la diplomatie syrienne, Walid Moallem, s’était rendu à Riyad. Lors de cette brève visite, il avait remis au roi Abdallah un message – dont la teneur n’avait pas été révélée – du président syrien. À l’issue de cette rencontre, le prince Saoud al-Fayçal avait affirmé vouloir une réconciliation avec la Syrie « sur des bases saines ». « Les divergences arabes sont derrière nous, enterrées. On ne va plus parler du passé mais de l’avenir », avait promis le prince. En février, le chef des renseignements saoudiens, le prince Meqrin ben Abdel Aziz, avait également transmis, lors d’une visite à Damas, un message du roi Abdallah au président syrien.
Sur le volet des relations américo-syriennes, alors que la secrétaire d’État américaine, Hillary Clinton, avait annoncé mardi l’envoi de deux émissaires américains à Damas pour les contacts politiques les plus élevés avec le régime syrien depuis quatre ans, Washington a fait valoir hier que les experts de l’ONU avaient découvert des signes croissants d’activités nucléaires secrètes de la Syrie. Dans un rapport, l’AIEA a annoncé le mois dernier que ses inspecteurs avaient relevé, dans des échantillons prélevés lors d’une visite autorisée par la Syrie en juin sur le site d’al-Kibar, bombardé par les Israéliens, des traces d’uranium suffisantes pour constituer une découverte « significative ». Le rapport de l’AIEA notait également que la Syrie avait ignoré de nombreuses requêtes de l’agence en faveur de nouvelles visites sur place.
« Ce rapport contribue aux éléments de plus en plus nombreux qui tendent à prouver l’existence d’activités nucléaires clandestines en Syrie », a dit Gregory Schulte, ambassadeur des États-Unis auprès de l’AIEA, lors d’un débat du conseil des gouverneurs de l’agence hier à Vienne. L’Union européenne a également exprimé sa préoccupation face à la « possibilité que la Syrie n’ait pas déclaré toutes ses installations nucléaires ».

