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Liban - Table Ronde

Cri d’alarme des universitaires : le Liban en manque de chercheurs-historiens

Dans un contexte politique difficile au Proche-Orient, un colloque international a regroupé des universités française, jordanienne et libanaise afin de promouvoir le dialogue entre les cultures.
Le colloque avait pour thème « la Nahda », autrement dit « la renaissance arabe », attribué au phénomène culturel qu’avait connu le Proche-Orient entre la deuxième moitié du XIXe siècle et les années 1920. Cette période a été choisie parce qu’elle représente une époque d’enthousiasme et de créativité. Associée à un optimisme mesuré pour atteindre un avenir meilleur, il régnait au moment de la Nahda, au sein de certains cercles d’hommes de lettres et journalistes un air de sérénité et d’espoir, malgré une atmosphère d’oppression et de pauvreté qui pesait lourd sur l’ensemble de la population et des territoires du Proche-Orient. Ce colloque s’est donc inspiré de la Nahda, période d’effervescence intellectuelle afin de renouveler le dialogue culturel dans notre région.  
Les actes de ce colloque ont été publiés au début du mois de février. C’est autour de ce thème qu’une table ronde s’est tenue le 19 février 2009, à la salle des Congrès de l’Université Saint-Esprit de Kaslik. Ceux qui ont contribué à ce colloque étaient présents. Mais c’est surtout une question centrale qui a préoccupé les animateurs de cette table ronde : le problème de la baisse des effectifs des étudiants en histoire dans les universités libanaises. Selon le père Karam Rizk, directeur de l’Institut d’histoire de l’USEK, « le manque croissant d’étudiants en histoire va irrémédiablement appauvrir l’histoire du Liban ». La qualité de l’histoire écrite dans notre pays pourrait, selon lui, être remise en question.
L’USEK n’est pas la seule université à constater cette baisse effective des chercheurs en histoire dans ce pays. Les autres universités, par la voix de Souad Abourousse, du Dr Antoine Hokayem, du Dr al-Malah et du Dr Tanios Noujaim ont confirmé ce déficit. Des propositions concrètes ont été envisagées pour répondre à cette crise. Tout d’abord, au niveau scolaire, il faudrait « donner sa place à la discipline historique » en incitant les directeurs d’établissements scolaires du privé à doubler le volume horaire hebdomadaire (deux heures plutôt qu’une). Ensuite au niveau universitaire, une fondation « qui permettrait de distribuer des bourses aux étudiants en histoire » pourrait être créée afin de ne pas détourner les historiens potentiels vers d’autres voies. En troisième lieu, c’est auprès du public libanais, dont le goût pour l’histoire est connu comme en témoignent les maisons d’édition, qu’il faudrait valoriser son rayonnement. Idéalement, une structure permanente telle qu’une « Maison des sciences de l’homme au Liban » pourrait favoriser les échanges en développant diverses possibilités de travail, séminaires, groupe de recherche, projet, etc,  dans le monde arabe et à l’échelle internationale.
Enfin, c’est dans ce contexte qu’Amine Élias, doctorant en histoire, a pris l’initiative de faire circuler un manifeste sur « l’avenir de l’histoire du Liban ». Il appelle donc les intellectuels, futurs intellectuels et autres concernés à déclencher la sonnette d’alarme et à réagir afin que l’histoire du Liban ne soit pas oubliée.
Réagissons, avant qu’il ne soit trop tard, parce que chaque fois que nous nous détournons de l’histoire du Liban, c’est la « mémoire » du pays qui est mise en péril.

Dr Valérie Azhari, historienne
Le colloque avait pour thème « la Nahda », autrement dit « la renaissance arabe », attribué au phénomène culturel qu’avait connu le Proche-Orient entre la deuxième moitié du XIXe siècle et les années 1920. Cette période a été choisie parce qu’elle représente une époque d’enthousiasme et de créativité. Associée à un optimisme mesuré pour atteindre un avenir meilleur, il régnait au moment de la Nahda, au sein de certains cercles d’hommes de lettres et journalistes un air de sérénité et d’espoir, malgré une atmosphère d’oppression et de pauvreté qui pesait lourd sur l’ensemble de la...
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