Cependant, le président de la République a souligné la nécessité de réformer la loi électorale afin d'ouvrir la voie au vote des émigrés, d'organiser la carte électorale, d'adopter la proportionnelle et de se conformer aux préceptes de Taëf pour ce qui est du découpage des circonscriptions.
Il a par ailleurs insisté, à l'occasion du lancement du Tribunal spécial sur le Liban, sur l'importance de « clore un sombre chapitre de l'histoire du Liban, dans un climat de justice, loin de toute politisation, maintenant que toutes les parties proclament leur acceptation anticipée des verdicts du tribunal. »
Le président s'est exprimé dans le palace d'Oman où il est descendu, Kasr al-Bustan. Dans un mot d'introduction et de bienvenue, l'ambassadeur du Liban, Afif Ayoub, a rendu hommage aux qualités du chef de l'État, soulignant son combat pour la défense de l'indépendance, de l'unité, de l'intégrité territoriale du pays. Ainsi que sa défense du message libanais de culture et d'ambition, ou encore ses efforts pour promouvoir l'esprit de réconciliation, de modération, de tolérance et de développement économique.
En ouverture de ses propos, le président Sleiman n'a pas manqué de saluer le sultanat d'Oman et le sultan Qabous ben Saïd pour leur action en faveur de la concorde panarabe. Il a également complimenté les colonies libanaises dans les pays arabes pour leur indéfectible soutien multiforme à la mère patrie. Il a répété, à cette occasion, qu'il se soucie de faire en sorte que les gouvernements étrangers traitent avec l'État libanais à travers son chef. Pour confirmer que le Liban libre, souverain et indépendant tisse lui-même sa décision. En précisant que cela ne signifie pas que ces États doivent renoncer aux liens d'amitié qu'ils ont pu lier avec des parties locales. Il a rappelé la longue crise de la présidentielle, suivie de l'élection, de la mise en place d'un cabinet d'union et de la reprise de l'activité parlementaire, et de l'établissement de relations diplomatiques avec la Syrie. Il a évoqué le retour du Liban sur la scène internationale. Puis le dialogue national initié en vue d'une stratégie globale, militaire, diplomatique et économique qui canalise les efforts de l'armée, de la Résistance et du peuple pour contrer les agressions et les visées israéliennes.
En dénonçant la barbarie de la guerre lancée par l'État hébreu contre Gaza, il a salué l'armée libanaise, indiquant qu'en 2005 elle avait montré, à la suite de l'assassinat du président Hariri, qu'elle est pour toute la partie, qu'elle en protège les libertés et la démocratie. Tout comme elle a fait face, aux côtés de la Résistance, à l'ennemi israélien en juillet 2006. Ou encore en remportant à Nahr el-Bared la bataille contre le terrorisme, au prix de plus de 150 martyrs.
Le président a promis une large réforme de l'administration après les élections. Dans le cadre d'une dynamisation des institutions étatiques, pour rassurer les Libanais sur la bonne santé de leur régime politique, sur leur sécurité et sur leur subsistance. Dans la consolidation de ce climat de liberté, d'imagination créative et d'ouverture qui distingue le Liban. Il a relevé que le Liban a su rester à l'abri des secousses produites par la crise financière mondiale, grâce à ses mesures de régulation.
À ce sujet, lors d'une rencontre avec le rassemblement des hommes d'affaires omanais, le président Sleiman a invité les pays arabes à mettre en place un dispositif de coopération accentuée pour faire face aux remous financiers et économiques, soulignant l'importance de la confiance internationale, facteur qui, aux côtés de la stabilité politique, a joué, dans ce domaine, en faveur du Liban. Il a promis de nouvelles législations pour encourager les investissements arabes au Liban. En rappelant que la Banque centrale libanaise dispose de réserves dépassant les 21 milliards de dollars. Le président a souhaité que le sommet de Doha permette aux Arabes de bien traiter leurs problèmes, la cause palestinienne en tête.
Arrivé dans l'après-midi de samedi à Oman, le président Sleiman a eu de suite des entretiens avec le sultan Qabous, sur les relations bilatérales, l'encouragement des investissements, les réconciliations arabes et sur la situation régionale. Le chef de l'État était accompagné du ministre des Affaires étrangères, Faouzi Salloukh, du ministre de l'Agriculture, Élias Skaff, du ministre de la Santé, Mohammad Jawad Khalifé, et du ministre de la Culture, Tammam Salam. Le sultan a donné un dîner en l'honneur de son hôte libanais. La délégation est retournée à Beyrouth hier après-midi.

