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Liban

La quête de la vérité continue

Par Daniel A. Bellemare(*)
Le processus lancé par le gouvernement libanais au nom de son peuple avec le soutien de la communauté internationale afin de mettre fin à l'impunité dans le pays prendra bientôt un tournant historique. Le 28 février 2009, le mandat de la commission d'enquête internationale indépendante des Nations unies se terminera après environ quatre ans de travail intensif. À cette date, une phase importante dans l'histoire de la promotion de la justice et de la règle de droit s'achèvera. Le 1er mars 2009 marquera une autre étape historique, à savoir le lancement des opérations du Tribunal spécial pour le Liban.
Les deux événements trouveront indéniablement leur place dans l'histoire de la justice libanaise et internationale. La commission d'enquête internationale indépendante des Nations unies est unique. Elle est unique en son genre et a créé un précédent à plusieurs égards. Comme tout nouveau processus, elle n'était pas parfaite. Cependant, nous nous sommes adaptés et avons trouvé des solutions là où aucune n'existait. Alors que nous nous apprêtons à fermer nos portes, nous laisserons derrière nous une série de leçons apprises qui bénéficieront à d'autres, le cas échéant. Mais un fait demeure : la raison pour laquelle la commission fut créée - assister le peuple libanais à découvrir la vérité et mettre fin à l'impunité - est une cause noble qui mérite notre engagement et nos efforts collectifs.
À la veille de notre départ, je suis plus que jamais conscient des espoirs que le peuple libanais a fondés en nous. Je suis également conscient des craintes et des doutes que tout processus inconnu suscite.
Comme je l'ai déjà mentionné, la confiance du public dans le processus qui s'amorce ainsi que dans l'institution est essentielle pour la réussite de notre mandat. Nous maintiendrons notre partenariat avec les médias afin de promouvoir la confiance publique. Nos portes resteront ouvertes aux médias afin d'aider leurs représentants à transmettre des faits exacts sur lesquels leur public pourra se baser pour se former une opinion.
Je ne voulais pas quitter le Liban sans m'adresser à vous directement pour vous dire que la fin de notre mandat est simplement la fin d'un chapitre : ce n'est pas la fin de notre mission. Notre travail continue avec une ardeur et une détermination renouvelées. Nous sommes fermement dévoués au mandat que le peuple libanais nous a donné par le biais du Conseil de sécurité. Nous ne serons pas dissuadés par les obstacles ou par l'importance des défis. Nous sommes persévérants. Nous irons là où les preuves nous mèneront. Nous ne négligerons aucun détail.
Notre travail d'enquête continuera à partir de La Haye, aux Pays-Bas. Mais le bureau du procureur du Tribunal spécial pour le Liban aura une antenne à Beyrouth. Cette antenne servira de base aux enquêteurs qui se chargeront de missions régulières au Liban afin de recueillir des preuves, et de rencontrer les responsables libanais et les témoins, si nécessaire.
Je voudrais remercier les autorités libanaises pour leur précieuse assistance et leur coopération avec la commission, et je sais que le bureau du procureur du Tribunal spécial pour le Liban pourra compter sur le même niveau de coopération.
Je voudrais également exprimer ma profonde gratitude au peuple libanais qui a, depuis 2005, offert son hospitalité et son soutien à la commission. Je voudrais saluer son courage et son endurance face à l'adversité et sa détermination à bâtir un avenir meilleur pour les générations futures. Nous avons beaucoup appris du Liban et de son peuple.
Je m'engage à servir la cause de la justice sur la base d'une approche fondée uniquement sur les faits et les preuves. Comme la commission, le bureau du procureur ne sera influencé par aucune considération politique. La justice ne peut et ne doit pas être utilisée comme instrument politique. Comme le travail de la commission, les conclusions des enquêtes menées par le bureau du procureur et les démarches que je prendrai en tant que procureur, ainsi que les résultats du Tribunal spécial pour le Liban ne doivent pas faire l'objet de préjugés ou de spéculations.
Le Tribunal spécial pour le Liban n'est pas en quête de vengeance : il est en quête de justice. Tous, qu'ils soient témoins, détenus ou accusés, seront traités avec dignité. C'est le moins qu'on puisse faire pour instaurer la justice. La dignité est la caractéristique d'un processus de justice crédible et humain.
Finalement, je voudrais vous assurer que mon équipe et moi ferons tout ce qui est humainement et légalement possible pour garantir que la vérité émergera et que les responsables des crimes relevant de notre compétence soient traduits en justice.
Cet objectif ne doit pas être seulement celui du bureau du procureur, mais aussi celui du peuple libanais.

Au revoir.
Beyrouth, le 28 février 2009

(*) Daniel A. Bellemare est le président de la commission d'enquête internationale indépendante des Nations unies. Il est aussi le procureur désigné du Tribunal spécial pour le Liban.
Le processus lancé par le gouvernement libanais au nom de son peuple avec le soutien de la communauté internationale afin de mettre fin à l'impunité dans le pays prendra bientôt un tournant historique. Le 28 février 2009, le mandat de la commission d'enquête internationale indépendante des Nations unies se terminera après environ quatre ans de travail intensif. À cette date, une phase importante dans l'histoire de la promotion de la justice et de la règle de droit s'achèvera. Le 1er mars 2009 marquera une autre étape historique, à savoir le lancement des opérations du Tribunal spécial pour le Liban.Les deux événements trouveront indéniablement leur place dans l'histoire de la justice libanaise et...
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