Annoncé titulaire hier, Bastareaud a été appelé lundi après-midi après la confirmation du forfait de Maxime Mermoz blessé à une cuisse.
Anecdote qui confirme sa surprise, lundi était un jour où il ne voulait pas répondre au téléphone de peur de se faire « engueuler » en raison d'un devoir non rendu pour son bac commercial.
C'était en fait Christophe Dominici, entraîneur adjoint du Stade français, qui voulait lui annoncer sa convocation à Marcoussis.
« C'est inespéré. En quelques jours, j'ai réalisé deux rêves majeurs. Le premier était de jouer contre mon idole, Tana Umaga (en club contre Toulon, NDLR). Le deuxième était d'intégrer l'équipe de France », dit-il.
Cousin germain de l'international de football William Gallas, Bastareaud est un pur produit des écoles de rugby d'Île-de-France, Créteil-Choisy, Massy et le Centre national de rugby de Marcoussis.
Doté d'un physique hors norme, il a rapidement fréquenté la fédérale 1, équivalent de la troisième division, à Massy avant de signer au Stade français en 2007.
Malgré ses 18 ans, Bernard Laporte l'avait sélectionné pour la tournée en Nouvelle-Zélande en juin 2007 mais, blessé à un genou dans un match entre Massy et Lannemezan, il avait dû déclarer forfait.
Même s'il a passé trois ans au Centre national de rugby avec les équipes de France des moins de 19 ans et de 20 ans, Mathieu Bastareaud a eu peu de temps pour découvrir le Marcoussis version XV de France.
« C'est un autre monde », dit-il. « Ça n'a rien à voir. J'essaie de prendre mes marques le plus vite possible et d'évacuer la pression. Je dois m'imprégner au maximum de l'état d'esprit. Les entraînements se passent bien. Je stressais au niveau du rythme. »
Le principal problème a cependant été la mise au repos de Jauzion, très sollicité depuis le début de saison, qui ne laissera que les 30 minutes de la mise en place au Stade de France à la nouvelle paire de centres pour trouver des repères.
« On va lui demander des choses simples pour le sécuriser », promet Emile Ntamack, entraineur adjoint chargé des lignes arrière.
« Qu'il fasse du Bastareaud », c'est-à-dire « faire avancer l'équipe et jouer les duels », ajoute-t-il.

