Israël lance donc une offensive diplomatique en direction des capitales dites de la décision, pour qu'elles inscrivent en tête de l'ordre du jour de toute médiation la question du désarmement. En affirmant que c'est ce facteur qui a empêché la conclusion d'un arrangement pacifique avec les Palestiniens, dans la foulée des préceptes des accords d'Oslo. Restés lettre morte, malgré la bonne volonté des modérés palestiniens, confrontés à une opposition paralysante des extrémistes. Un bras de fer qui a tourné à des affrontements de terrain aboutissant à une sécession entre la Cisjordanie, où domine le Fateh, et Gaza, tombée sous la coupe du Hamas.
Cela étant, la droite et la gauche israéliennes sont elles-mêmes en conflit aigu sur le sujet de la paix. Ce clivage s'ajoute aux divisions palestiniennes et arabes pour aggraver les risques de voir la région livrée à des guerres de toutes sortes, sans fin et sans issue, alimentées principalement par l'existence d'un fort armement milicien ou partisan incontrôlé et manifestement manipulé de l'extérieur.
Le Liban en sait quelque chose. Aujourd'hui, avec les tirs intempestifs de roquettes, et encore plus hier du temps de la guerre intestine. Sans les camps de réfugiés transformés en bases retranchées, sans le déploiement et les débordements des organisations armées au Sud en direction de la Galilée, la convention d'armistice de 1949 n'aurait pas été dénoncée. Et ce pays n'aurait pas subi, en 1978 et en 1982, des invasions dévastatrices. De même, sans l'arsenal du Hezbollah, la guerre de juillet 2006 n'aurait pas eu lieu. Or même la 1701 n'empêche toujours pas l'afflux massif d'armes et de missiles via, ou en provenance de la Syrie. Ce qui pousse Israël à multiplier les violations de l'espace aérien libanais, sous prétexte de surveiller les batteries pointées en direction de ses kibboutz ou localités de la région nord.
La paix neutralise l'armement
La 1701 est donc ignorée par les deux ennemis qui se font face. Ils n'en appliquent que la clause ordonnant l'arrêt des opérations militaires. Comme en Palestine, l'armement résistant échappe au contrôle de l'autorité légale. Tant que la question ne sera pas réglée, ni les transgressions de la chasse israélienne au Liban ne cesseront ni les voies de passage à Gaza ne seront rouvertes. Le Hezbollah et les principales organisations palestiniennes présentes au Liban, se lavent les mains des incessants tirs de roquettes à partir du Liban-Sud. Prévenant ainsi une riposte israélienne d'envergure. Mais jusqu'à quand ?
Les Arabes, répétons-le, assurent que la paix garantirait l'abolition de l'armement hors légalité au Liban comme en Palestine. Ils en veulent pour preuve qu'après la paix signée avec Israël, les frontières égyptienne et jordanienne ont été sécurisées. Oubliant de signaler que, sur ces frontières, il n'y avait déjà pas de présence ou d'activité milicienne. Tout comme il n'y en a pas en Syrie, qui pourtant est loin d'avoir signé la paix avec l'État hébreu.
Il reste cependant que les accords de paix avec Le Caire et avec Amman étaient justes, dans ce sens que l'Égypte et la Jordanie ont pu récupérer tous leurs territoires occupés. Or ce n'est pas le cas pour ce qui est du Liban et de la Palestine, voire sans doute de la Syrie, car Israël n'entend pas restituer tous les territoires occupés. Partant de là, on peut convenir avec les Arabes que lorsque l'État hébreu se sera résolu à une paix juste, les armes hors légalité s'effaceront d'elles-mêmes.

