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Liban - Initiatives

« 101 histoires », un ouvrage pour encourager les initiatives citoyennes

Le PNUD a lancé hier le document « 101 histoires », ouvrage qui raconte 101 aventures de Libanais ayant accompli des démarches pour améliorer les conditions de leur communauté locale, en ayant effectué spontanément un acte citoyen. Ce document, entamé en mars 2006, est inclus dans les travaux du rapport national du PNUD, ouvrage qui dresse un état des lieux de la situation du développement au Liban et qui aura pour thème la citoyenneté.
Une petite Libanaise aux États-Unis réunit des fonds pour les envoyer à sa grand-mère afin d'aider un asile de personnes du troisième âge situé dans la montagne ; une femme au Liban-Sud lance l'initiative de collecter et trier les ordures du village ; non loin de Tyr, deux femmes aménagent un endroit protégé pour les tortues de mer ; dans le Akkar, un homme crée un théâtre ; des chanteurs montent des concerts pour aider des enfants cardiaques ; à proximité de la banlieue sud, un artiste aménage un espace pour que les habitants de la région puissent s'exprimer...
Toutes ces histoires sont rapportées dans l'ouvrage 101 histoires, publié par le PNUD. L'initiative a pour but d'encourager la citoyenneté dans un pays où les ponts sont coupés entre l'État et les citoyens. D'ailleurs, un rapport national du PNUD intitulé Vers un État citoyen sera publié dans les mois à venir.
101 histoires, qui met l'accent sur le rôle joué par les individus ou les groupes pour changer leur environnement, n'est pas le premier document publié dans le cadre des travaux du rapport national sur le développement humain. Le premier, édité à la fin de l'année dernière, avait pour titre L'éducation et la citoyenneté.
C'est donc lors d'une conférence organisée conjointement par le PNUD, le CDR et l'association Freidrich Herbert que le livre a été lancé, en présence notamment des personnes, des groupes et des ONG ayant lancé dans leur région les 101 initiatives.
Prenant la parole, la directrice du rapport national sur le développement Maha Yéhia a souligné que « les 101 histoires sont avant tout des histoires de passion, une passion et une immense foi dans le changement et dans la capacité des individus à améliorer leur environnement ». « Car, du Nord au Sud, des personnes et des groupes travaillent avec passion pour le changement », a-t-elle ajouté.
« Alors que le Liban passe par des crises politiques et sociales, il faut tenir à cette passion, car beaucoup de citoyens croient jusqu'à présent au changement », a déclaré Mme Yéhia, soulignant que « ce n'est pas seulement la passion qui fait bouger les citoyens, mais surtout leur sens des responsabilités vis-à-vis de leurs concitoyens et de leur pays ».
De son côté, le président du CDR, Samir Jisr, a indiqué que « le rapport sur le développement humain, qui a pour thème la citoyenneté, s'articule autour de trois axes, politique, socio-économique et culturel ». Il a rappelé que « toutes les initiatives présentées dans l'ouvrage sont privées ». « L'État ne devrait pas rester indifférent à ses initiatives, bien au contraire il devrait les accompagner », a-t-il dit.
Prenant la parole, le représentant de l'association Freidrich Herbert, Samir Farah, a affirmé qu'avant d'édifier « un État citoyen, il faut œuvrer pour l'édification de la citoyenneté ». « La patrie, a-t-il dit, n'est pas définie par la géographie et l'histoire, mais par le respect par ses habitants des valeurs citoyennes. Pour édifier un État citoyen, il faut œuvrer à libérer les citoyens du sectarisme, de l'individualisme et de l'allégeance absolue aux partis politiques. »

Nouvelle relation entre l'État et le citoyen
La représentante permanente du PNUD au Liban, Marta Ruedas, a mis l'accent sur l'importance du travail effectué par les groupes et les individus pour faire la différence dans leur environnement.
Elle a indiqué que « l'ouvrage 101 histoires avait été entamé en mars 2006, mais le travail avait été interrompu à cause de la situation politique et sécuritaire du pays ». « Deux campagnes publicitaires avaient été lancées pour la promotion des expériences présentées dans le livre », a-t-elle dit, soulignant que « les stratégies de travail avaient été modifiées et des histoires réécrites afin qu'elles cadrent mieux avec le thème ». Elle a expliqué que « beaucoup de personnes ayant présenté leur histoire au PNUD ne pouvaient pas mettre l'accent sur l'intérêt citoyen du projet, elles parlaient surtout de l'importance du rendement financier au bénéfice de la communauté locale ».
Dans un entretien avec L'Orient-Le Jour, Mme Ruedas a souligné l'importance de mettre l'accent sur « les différentes manières avec lesquelles les individus et les groupes sont civiquement engagés pour œuvrer à l'amélioration des conditions de leur communauté locale ». « Nous avons sélectionné 101 histoires, mais en fait il y a beaucoup plus d'initiatives et il faut insister sur ce qui est fait dans ce sens », a-t-elle dit.
La représentante permanente du PNUD a noté que, dans « le cadre des travaux du rapport national qui sera prochainement publié, un livre intitulé La citoyenneté et l'éducation a été édité. Ce livre se base sur une étude effectuée sur des élèves âgés entre 14 et 15 ans et sur leur perception de la citoyenneté ». « Le PNUD compte mettre en place en coopération avec le ministère de l'Éducation un observatoire misant sur l'éducation civique dans les écoles afin de travailler sur les nouvelles générations », a-t-elle souligné, en conclusion.
De son côté, le ministre de l'Intérieur, Ziyad Baroud, a indiqué que « quand il avait reçu l'invitation, il s'est tout de suite senti concerné et a eu envie de raconter ces histoires de personnes, de groupes et d'ONG qui ont pris des initiatives et qui ont été plus conscients que l'État ». Il a noté qu'un « livre comme 101 histoires devrait abattre les murs entre l'État et les citoyens ». « En fait, c'est le citoyen qui est à la base de l'État », a souligné en conclusion le ministre de l'Intérieur.
Dans un bref entretien avec L'Orient-Le Jour, Hassan Krayem, conseiller politique auprès du PNUD, a précisé que 101 histoires sera distribué aux ONG, vendu en librairie et mis à la disposition de la presse. Rappelant les campagnes de promotion ayant bénéficié à l'ouvrage, il a ajouté que « ces campagnes se poursuivront afin de sensibiliser la population sur l'importance des initiatives citoyennes ».
« Il faut que ces histoires à succès génèrent d'autres initiatives. Il faut utiliser la matière dont nous disposons déjà pour progresser en ce qui concerne la citoyenneté. Il faut que cette initiative aide à établir une nouvelle relation de confiance entre l'État et le citoyen », a-t-il estimé, soulignant « l'importance de la société civile dans l'édification de la citoyenneté ». « Des initiatives comme 101 histoires constituent les meilleurs moyens de colmater les brèches entre l'État et les citoyens », a-t-il conclu.
Une petite Libanaise aux États-Unis réunit des fonds pour les envoyer à sa grand-mère afin d'aider un asile de personnes du troisième âge situé dans la montagne ; une femme au Liban-Sud lance l'initiative de collecter et trier les ordures du village ; non loin de Tyr, deux femmes aménagent un endroit protégé pour les tortues de mer ; dans le Akkar, un homme crée un théâtre ; des chanteurs montent des concerts pour aider des enfants cardiaques ; à proximité de la banlieue sud, un artiste aménage un espace pour que les habitants de la région puissent s'exprimer...Toutes ces histoires sont rapportées dans l'ouvrage 101 histoires, publié par le PNUD. L'initiative a pour but d'encourager...
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