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Liban - Le Commentaire

Sur quoi au juste faut-il s’entendre ?

La théorie du président Berry est que les législatives ne sont pas décisives au point de déterminer le sort du Liban, comme certains le soutiennent. Mais qu'elles sont importantes en regard de la préservation de l'union nationale. Symbiose assortie de l'entente politique, sans laquelle les fondements de la coexistence seraient sévèrement ébranlés.
Les cadres du 14 Mars pensent, pour leur part, que l'échéance va effectivement marquer le devenir du pays. Pour la bonne raison, selon eux, que les urnes trancheront entre deux visions cruciales diamétralement opposées. L'une prônant l'indépendance, la démocratie et la liberté. L'autre, le retour à la tutelle.
Mais qui donc a raison ? Selon un politicien chevronné, chacune des deux thèses exprime une réalité indéniable. À son avis, aucun des deux camps ne pourra ignorer l'autre après les élections. Quel que soit le camp qui emporte la majorité des sièges à la Chambre, il lui faudra admettre la nécessité de coopter, au sein du gouvernement, les pôles du bloc adverse. Car, toujours d'après son point de vue, le conflit de fond n'est pas tant d'ordre politique que confessionnel. À preuve qu'il n'a pas été possible de remplacer les ministres chiites qui avaient démissionné. Du fait qu'ils représentaient ce tandem Hezbollah-Amal qui contrôle effectivement la communauté, sur le plan politique. À partir de là, si le 14 Mars gagne, il ne pourra pas laisser de côté ces formations. Inversement, le 8 Mars ne sera pas en mesure d'écarter les figures du 14 Mars qui représentent, indiscutablement, une large frange de la composante chrétienne, ou encore de la communauté druze comme de la collectivité sunnite. Tous ces groupes refuseraient certainement d'être représentés au pouvoir par des éléments de second ordre. Sauf, bien entendu, s'ils sont dûment mandatés par des leaders à l'assise communautaire solide.
Cette façon d'aborder le tableau rejoint les conclusions du président Berry. Il est en effet évident qu'il n'y a rien de plus dangereux pour l'union nationale et la coexistence qu'un clivage ouvertement confessionnel. La césure serait d'autant plus grave que face aux chiites bien unifiés côté représentativité de groupe, les chrétiens se divisent entre les deux principales forces en présence.

La mentalité confessionnaliste
Mais les pôles du 14 Mars voient les choses autrement. Pour eux, il s'agit, justement, de commencer à sortir de la mentalité confessionnaliste, source permanente de conflits et de crises. Par la promotion active d'un esprit civique fondé sur une culture de démocratie parlementaire bien comprise.
Avec retour au sens national qui prévalait quand les gouvernements se trouvaient composés de pôles musulmans et chrétiens de premier plan, ou de délégués de moindre niveau, mais qui restaient parfaitement représentatifs. Une formule de substituts qui était, du reste, adoptée parfois au niveau de la présidence du Conseil : quand il n'y avait pas moyen de recourir à l'un des membres du club traditionnel, on faisait appel à un Hussein el-Oueyni, à un Takieddine Solh ou à un Chafic Wazzan.
Les circonstances imposaient souvent divers arrangements inhabituels. Mais il n'était jamais question d'arrêter le char de l'État, de bloquer la mise en place des gouvernements. Les exclus, les déçus, les opposants, n'avaient qu'à refuser la confiance au cabinet. La participation politique avait, en tout cas, un tout autre sens qu'aujourd'hui. Car les leaderships musulmans ou chrétiens n'étaient pas monopolisés par des partis ou des pôles déterminés.
L'anomalie du blocage, dont le pays subit les effets ces dernières années, constitue en réalité l'atteinte la plus frappante à cet esprit d'union que chante le président Berry. Partant de là, il ne faut pas consacrer la pratique des gouvernements dits d'union, car on institue en même temps le diktat du blocage. La présente formule, adoptée à Doha, se justifie par un cas de force majeure. Exceptionnelle, transitoire, elle ne peut être érigée en règle constante. D'autant qu'elle enfreint la nature même du régime politique libanais. Ainsi que le pacte national de Taëf, qui consacre certes le principe d'une parité pluraliste au sein du gouvernement comme à la Chambre, mais sur base d'une démocratie du nombre. Et non d'un faux consensus.
La théorie du président Berry est que les législatives ne sont pas décisives au point de déterminer le sort du Liban, comme certains le soutiennent. Mais qu'elles sont importantes en regard de la préservation de l'union nationale. Symbiose assortie de l'entente politique, sans laquelle les fondements de la coexistence seraient sévèrement ébranlés.Les cadres du 14 Mars pensent, pour leur part, que l'échéance va effectivement marquer le devenir du pays. Pour la bonne raison, selon eux, que les urnes trancheront entre deux visions cruciales diamétralement opposées. L'une prônant l'indépendance, la démocratie et la liberté. L'autre, le retour à la tutelle.Mais qui donc a raison ? Selon un politicien...
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