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Moyen Orient et Monde - Terrorisme

Obama ne rompt pas complètement avec l’ère Bush

Plusieurs défenseurs des droits de l'homme, avocats et experts sont décontenancés par certaines décisions de la nouvelle administration concernant les prisons de Guantanamo et Bagram.

Vendredi, en cascade, trois annonces ont dessiné ce que sera la nouvelle politique de Washington envers les détenus soupçonnés de terrorisme dans les prisons de Guantanamo et Bagram. Après deux semaines d'interrogations croissantes sur la position de la nouvelle administration dans ce domaine, elles ont stupéfié certains de ceux qui espéraient que l'arrivée de Barack Obama signerait la fin des méthodes antiterroristes de l'ère Bush.
Un rapport du Pentagone a d'abord affirmé, selon un responsable américain, que les conditions de détention des quelque 245 prisonniers de Guantanamo respectaient les conventions de Genève, en contradiction avec ce que rapportent les avocats de la défense, visiteurs réguliers de la prison. Le 22 janvier, en signant l'acte de fermeture dans l'année de la prison la plus controversée du monde, M. Obama avait exigé que les détenus soient traités d'ici là dans le respect de ces accords. L'Association américaine de défense des libertés civiles (ACLU) a estimé que ces conclusions revenaient à « blanchir » l'administration Bush pour les mauvais traitements subis par les détenus. Et elle a regretté que l'enquête ait été confiée au Pentagone. « Obama lui-même a reconnu que Guantanamo était en violation des lois nationales et internationales. C'est pourquoi ce rapport, qui cache sous le tapis les politiques abusives de Bush, est si troublant », a déclaré Anthony Romero, directeur de l'ACLU. Pour Amnesty International, les conclusions du rapport sont « sans surprise » puisque l'enquête n'a pas été menée de manière « indépendante ».
Parallèlement, le ministre de la Justice Éric Holder a nommé Matthew Olsen responsable du réexamen au cas par cas des dossiers des détenus de Guantanamo. Une tâche ardue qui risque de déboucher sur la légitimation de la détention illimitée sans charge, maintes fois reprochée à l'administration Bush. Matthew Olsen, qui dirige depuis 2006 le département « sécurité nationale » du ministère, a été un des principaux procureurs du gouvernement Bush devant la cour fédérale de Washington. « Cette nomination pourrait être de bon augure pour un réexamen équitable », a tempéré samedi auprès de l'AFP Martha Rayner, professeur de droit à l'université de Fordham. « Son expérience en matière d'antiterrorisme lui permet, a-t-elle estimé, de savoir qu'il est assez facile, en droit américain, de poursuivre pour des faits de terrorisme, même avec peu de preuves. » « Il n'acceptera pas le mythe que certains détenus de Guantanamo sont trop dangereux pour être libérés, mais ne peuvent pas être poursuivis car les preuves sont insuffisantes », a-t-elle espéré.
La décision, enfin, des avocats du nouveau gouvernement de « se ranger aux positions », adoptées sous George W. Bush, sur la question des droits des prisonniers de Bagram, examinée par une cour fédérale de Washington, a achevé de surprendre. Les détenus de Bagram réclament un avocat et le droit de contester leur détention. Une de leurs avocates, Barbara Olshansky, a jugé la décision « profondément décevante ». Elle s'est néanmoins voulue « optimiste », espérant qu'il s'agissait d'une posture d'attente.
Vendredi, en cascade, trois annonces ont dessiné ce que sera la nouvelle politique de Washington envers les détenus soupçonnés de terrorisme dans les prisons de Guantanamo et Bagram. Après deux semaines d'interrogations croissantes sur la position de la nouvelle administration dans ce domaine, elles ont stupéfié certains de ceux qui espéraient que l'arrivée de Barack Obama signerait la fin des méthodes antiterroristes de l'ère Bush.Un rapport du Pentagone a d'abord affirmé, selon un responsable américain, que les conditions de détention des quelque 245 prisonniers de Guantanamo respectaient les conventions de Genève, en contradiction avec ce que rapportent les avocats de la défense, visiteurs réguliers de la prison. Le...
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