Depuis quelque temps déjà, l'insécurité montre de nouveau le bout de son nez. Ici ou là, de petits incidents perturbent l'ordre public. On recommence à tirer en l'air pour un oui ou pour un non. On tabasse des journalistes étrangers. Des grenades sont lancées sur des permanences de partis, des bâtons de dynamite sont découverts sous des voitures. Des citoyens sont réveillés en sursaut, la nuit, par le bruit d'explosions.
Ailleurs, ce sont de véritables drames qui se déroulent, graves, qui nous ramènent au triste temps de la guerre civile. L'enlèvement de l'ingénieur de la MEA, Joseph Sader, sur la route de l'aéroport, est l'un des inadmissibles faits qui le prouvent. Tout aussi intolérable est l'assassinat de Loutfi Zeineddine, alors qu'il était de retour de la manifestation, le 14 février dernier. Le meurtre du pilote de la compagnie d'aviation locale, Ghassan Mokdad, ne peut aussi que susciter colère et indignation.
Les questions se bousculent alors dans la tête du citoyen, totalement légitimes.
Sommes-nous retournés au temps des enlèvements et des assassinats en série ? Certaines régions, comme le secteur de l'aéroport, seraient-elles redevenues dangereuses comme au temps de la guerre, au point que le citoyen, tiraillé par la peur, craint désormais pour sa sécurité ? Quelle est la main sournoise qui tente de faire basculer le pays dans l'instabilité ? L'État saura-t-il faire preuve de poigne, arrêter, sanctionner les coupables et mettre le holà à ces séries noires qui ne présagent rien de bon ?
Pour le moment, aucune réponse à ces interrogations. Mais le citoyen est en droit de savoir.
Il est en droit de se soulever contre tout ce qui pave la voix aux débordements. Il est aussi en droit de condamner les discours violents et insultants qui fusent, de part et d'autre, à des fins électorales, à l'heure où les appels au calme et à la retenue, lancés par certains, semblent faire chou blanc.
Car il refuse, à trois mois et demi des prochaines législatives, de vivre dans la peur du lendemain jusqu'à cette prochaine échéance. Il refuse surtout de payer le prix de l'irresponsabilité de ceux qui se font appeler « responsables ».
Tout ce à quoi il aspire, c'est de vivre normalement, pour de bon cette fois.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef