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Liban

Les milliards du Sud continuent de tout bloquer

Malgré des efforts soutenus du président Sleiman, relayé semble-t-il par M. Walid Joumblatt, le Conseil des ministres n'est pas parvenu hier à surmonter les divergences qui opposent le président du Conseil, Fouad Siniora, au président de la Chambre, Nabih Berry, au sujet du budget du Conseil du Sud. Le chef du mouvement Amal continue de réclamer 60 milliards de livres pour ce fonds, à payer sans discuter et à dépenser sans conditions. Pour la sixième fois, le Conseil des ministres s'est donc heurté à un mur d'intransigeance et de refus. La vivacité des discussions a été telle que certains ministres ont proposé de passer au vote, un risque que le gouvernement n'a cependant pas pris. Dans le cadre d'un « marchandage » bien oriental, le ministre des Finances, Mohammad Chatah, a été jusqu'à proposer 45 milliards de livres comme fonds de compromis. Peine perdue.
Ainsi, le ministre de l'Information, Tarek Mitri, a eu beau répéter, de son ton conciliant et bonhomme : « Nous sommes plus près d'une entente », l'impression laissée par cet échec est que le bras de fer entre MM. Siniora et Berry à ce sujet se poursuivra et ne s'achèvera que sur un vainqueur et un vaincu. Le vainqueur étant celui qui possède la force de bloquer non seulement le budget 2009, mais aussi plusieurs trains de nominations, à commencer par celles des membres restants du Conseil constitutionnel, en passant par les permutations au sein de la magistrature, des nominations de mohafez,etc.
C'est d'ailleurs ce que le chef de l'État n'a pas manqué de rappeler aux membres du Conseil des ministres, précisant qu'un temps précieux est ainsi perdu.
La réunion s'est ouverte sur un compte-rendu du président Sleiman de ses entretiens avec le sénateur démocrate John Kerry, président de la commission des AE du Sénat américain, proche du président Obama. Le président a souligné l'importance de « l'ouverture » dont la nouvelle administration américaine souhaite faire preuve, dans sa politique moyen-orientale, une ouverture qui, a dit le sénateur Kerry, « ne se fera pas aux dépens du Liban ».
Le chef de l'État a également souligné, aux oreilles de son hôte, le souci du Liban de voir Israël respecter les résolutions de l'ONU.
Passant à un autre sujet, le président de la République a parlé de la sécurité, pour dire qu'elle est de la responsabilité des forces et partis politiques autant que celle de l'État. Décision a été prise de ne pas ménager les fauteurs de troubles, a-t-il affirmé.
Il a par ailleurs annoncé son intention d'effectuer une visite officielle à Oman, les 28 février et 1er mars, accompagné d'une délégation ministérielle.
Le ministre de l'Intérieur, Ziyad Baroud, a pris le relais du chef de l'État, pour faire assumer aux leaderships une part de responsabilité dans ce qui s'est passé, rendre hommage aux forces de l'ordre, d'une part, et dénoncer de l'autre «l'exaspération des sentiments qui ont précédé les agressions ».
M. Baroud a réitéré, devant ses pairs, sa volonté de ne pas livrer les informations qu'il possède au sujet de l'enlèvement de l'employé de la MEA Joseph Sader, jeudi dernier, pour ne pas nuire au bon déroulement de l'enquête.

Écoutes
Le dossier sécuritaire - enlèvement de Sader, assassinat de Ghassan Mekdad - a naturellement débouché sur la question des écoutes téléphoniques, instrument indispensable de lutte contre la criminalité. Le gouvernement a décidé de proroger de 15 jours, c'est-à-dire jusqu'au 15 mars, la période accordée aux services de sécurité pour obtenir sans réticences les données de base dont ils ont besoin, dans l'attente d'un rapport méthodique qu'ils se sont engagés à remettre aux autorités concernées. Un rapport sur le point d'être achevé.
La polémique sur le budget du Conseil du Sud a été laissée en dernier, vu le cercle vicieux où tourne cette affaire, malgré les déclarations se voulant « optimistes » effectuées mercredi, à ce sujet, par le ministre des Finances, Mohammad Chatah.
Si l'on en croit M. Mitri - et il faut bien le croire -, « les discussions ont progressé » et devraient être finalisées au cours d'un prochain Conseil des ministres... dont la date n'a pas été fixée. Ces discussions ne sont pas ajournées sine die pour autant, a ajouté le ministre de l'Information.
Pressé de questions, M. Mitri a fini par préciser « qu'il existe, comme chacun le sait, des divergences de points de vue, des discussions sur les fonds réclamés, les projets en cours ou à démarrer, la manière dont le Conseil du Sud doit rendre compte de ses projets et travaux au Conseil des ministres, qui est son autorité de tutelle ».
Toutes choses que M. Berry répugne à faire, s'il a en face de lui Fouad Siniora, préférant continuer à dépenser sans rendre compte à quiconque de sa gestion et de disposer à sa guise des 60 milliards de livres qu'il considère comme une avance du Trésor.
« Les discussions ont été sérieuses et nous avons progressé sensiblement », a répété M. Mitri, avant de tourner le dos aux caméras.
Malgré des efforts soutenus du président Sleiman, relayé semble-t-il par M. Walid Joumblatt, le Conseil des ministres n'est pas parvenu hier à surmonter les divergences qui opposent le président du Conseil, Fouad Siniora, au président de la Chambre, Nabih Berry, au sujet du budget du Conseil du Sud. Le chef du mouvement Amal continue de réclamer 60 milliards de livres pour ce fonds, à payer sans discuter et à dépenser sans conditions. Pour la sixième fois, le Conseil des ministres s'est donc heurté à un mur d'intransigeance et de refus. La vivacité des discussions a été telle que certains ministres ont proposé de passer au vote, un risque que le gouvernement n'a cependant pas pris. Dans le cadre d'un...
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