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Moyen Orient et Monde - International - Défense

La collision entre deux sous-marins stupéfie responsables et experts

 « On est face à une problématique technologique extrêmement simple », ces bâtiments de guerre « font moins de bruit qu'une crevette », déclare Hervé Morin.
La collision début février entre deux sous-marins nucléaires français et britannique, révélée lundi, stupéfie experts et responsables, à l'instar du ministre français de la Défense Hervé Morin. Le ministre a affirmé que même les équipages des deux sous-marins n'avaient pas réalisé ce qui s'était passé lorsqu'ils sont « entrés en contact » le 4 février par « grand fond » dans l'océan Atlantique. C'est après l'annonce par la marine française le 6 février que
« le Triomphant » avait heurté un « objet immergé » que « les Britanniques (...) nous ont dit, ah dites donc nous aussi on a un problème », et que les circonstances de l'incident ont été éclaircies, a-t-il assuré.
« C'est un incident incroyable. Vous êtes dans l'océan Atlantique et par un hasard de circonstances, vous vous retrouvez face à un sous-marin nucléaire lanceur d'engins britannique. Vous imaginez l'immensité de l'espace ! » a déclaré M. Morin sur la chaîne privée Canal+. « On est face à une problématique technologique extrêmement simple, c'est que ces sous-marins sont indétectables, ils font moins de bruit qu'une crevette et ne peuvent pas émettre, parce que s'ils émettent, ils deviennent détectables », a poursuivi le ministre.
« Pour autant que je sache, c'est la première fois que deux sous-marins de deux nations amies sont impliqués dans un tel accident », a estimé lundi Stephen Saunders, du groupe d'information militaire Jane's. « Il faut sans aucun doute enquêter sur un certain nombre de questions techniques, mais la racine du problème semble être une question de procédure. Ces sous-marins n'auraient pas dû être au même endroit au même moment », a-t-il déclaré.
Les deux sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE), longs de 140 mètres pour le français « Le Triomphant » et de 150 m pour le britannique « HMS Vanguard », étaient armés chacun de 16 missiles nucléaires balistiques à têtes multiples. Pour rarissime qu'il soit, l'accident a soulevé des questions quant à la coordination des patrouilles entre pays alliés. Le principal problème est que les mouvements d'un sous-marin nucléaire relèvent du secret défense national, soulignent militaires et experts. Les SNLE « sont les joyaux de la couronne d'une nation, (...) les outils ultimes de la survie d'un pays en cas de guerre », note Lee Willett, chef du programme d'études maritimes au RUSI, un groupe britannique de réflexions stratégiques. Les informations sur ces sous-marins « sont la dernière chose que l'on partage », même avec un proche allié, ajoute M. Willett. Les pays déclarent leurs zones de patrouilles, mais uniquement pour les sous-marins d'attaque, ont indiqué des sources de la marine française. « Il n'y a jamais d'échanges sur les SNLE », soulignent ces sources.
Le ministre français Hervé Morin a cependant estimé que Français et Britanniques pourraient « réfléchir » à leurs zones de patrouilles respectives. « Il y a au moins entre Français et Britanniques des choses qu'on peut faire ensemble », a-t-il déclaré sur Canal+.
L'OTAN centralise les informations sur les patrouilles sous-marines de ses membres. Cependant, l'« OTAN n'a aucun rôle dans la gestion des mouvements » de sous-marins de ce type (SNLE), a souligné hier le porte-parole de l'organisation James Appathurai. Cette règle est valable pour les trois pays qui disposent d'engins de ce type, les États-Unis, le Royaume-Uni et la France, a rappelé un diplomate de l'OTAN sous le couvert de l'anonymat. « Leur appartenance ou non à la structure militaire intégrée de l'Alliance ne change rien à l'affaire », a-t-il ajouté.
La collision début février entre deux sous-marins nucléaires français et britannique, révélée lundi, stupéfie experts et responsables, à l'instar du ministre français de la Défense Hervé Morin. Le ministre a affirmé que même les équipages des deux sous-marins n'avaient pas réalisé ce qui s'était passé lorsqu'ils sont « entrés en contact » le 4 février par « grand fond » dans l'océan Atlantique. C'est après l'annonce par la marine française le 6 février que « le Triomphant » avait heurté un « objet immergé » que « les Britanniques (...) nous ont dit, ah...
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