« Les pluies de cette année sont exceptionnelles et historiques. L'ensemble des régions du pays ont été touchées, y compris le sud désertique », déclare à l'AFP le secrétaire d'État à l'Eau Abdelkébir Zahoud.
Selon lui, le taux de remplissage des 114 barrages du pays a atteint 80 %, du jamais-vu depuis 1963.
« Les pluies ont réalimenté les nappes phréatiques, mettant fin au pompage, et la fonte des neiges va encore augmenter leur capacité, souligne-t-il. Avec un stockage de 12,8 milliards de mètres cubes grâce aux barrages, notre autonomie en eau est d'au moins trois ans. »
« Nous continuerons à construire des barrages, ajoute-t-il, car les 114 existant nous assurent une sécurité face à une sécheresse devenue structurelle », le Maroc ayant connu 18 sécheresses graves au cours des 30 dernières années.
Des pluies torrentielles se sont abattues sur plusieurs régions du Maroc depuis le mois de septembre, provoquant la mort d'une cinquantaine de personnes ainsi que des dégâts matériels importants.
Mais ces pluies diluviennes ne font pas le malheur de tous.
« Les performances de la campagne agricole s'annoncent prometteuses », a ainsi indiqué le Haut-Commissariat au plan (HCP, public), qui table sur une récolte de céréales de 70 millions de quintaux.
Les pluies abondantes des derniers mois ont renforcé les « espoirs des fellahs » en des récoltes exceptionnelles au printemps, explique à l'AFP le ministre de l'Agriculture Aziz Akhennouch. « Nous avons de quoi travailler pendant trois à quatre ans pour les périmètres irrigués », soit 1,5 million d'hectares sur les 8 millions cultivés, précise-t-il.
Selon le HCP, les résultats de l'agriculture marocaine en 2009 devraient contribuer à assurer un taux de croissance de l'économie de 6,7 % contre 5,8 % en 2008. Un coup de pouce du ciel finalement bienvenu face à « un ralentissement de la croissance des activités non agricoles, qui passerait de 5 % en 2008 à 3,9 % en 2009, suite à la récession » économique mondiale, conclut le HCP.

