« Je me suis bien amusé, c'était une belle bagarre. C'est une de mes plus belles victoires et c'est mieux qu'en Finlande parce que j'ai pris plus de plaisir de pilotage, a simplement expliqué le vainqueur après avoir terminé la dernière spéciale et empoché les 10 points au championnat, avec seulement 9''8 d'avance sur Mikko Hirvonen (Ford Focus). Ici, on ne pense qu'à aller le plus vite possible, en s'appuyant sur les murs de neige qui nous donnent une sécurité incroyable. Ça permet d'attaquer à 120 %, ce qui n'est pas le cas en Finlande. »
« Pour le battre, il faut que chaque virage soit parfait »
Le Français a cependant avoué avoir été à la limite pendant tout le week-end : « On est sur le fil, il n'y a plus aucune marge nulle part, et on fait les mêmes temps (avec Hirvonen). Avec Mikko, je suis obligé de tout donner du début à la fin, alors j'étais tendu pendant tout le rallye. » Une impression confirmée par son copilote, Daniel Elena : « C'était « banzaï » tout le week-end, c'était génial. Au départ de la dernière spéciale, il nous restait 7''7 secondes d'avance, avec 19 kilomètres à courir, donc on ne pouvait pas gérer. On est parti le couteau entre les dents. »
Les deux hommes, qui pour une fois faisaient figure d'outsiders et non de favoris, ce qui leur a été favorable, ont peut-être également profité d'une erreur tactique d'Hirvonen à la fin de la première journée, erreur que souligne Olivier Quesnel, le patron de Citroën Sports : « Ça s'est peut-être joué sur la stratégie de Ford vendredi soir, quand Mikko a choisi de repasser derrière « Seb ». C'était peut-être un aveu de faiblesse, car il ne voulait pas avoir « Seb » à ses trousses. C'est là qu'on s'est dit qu'on avait un petit avantage psychologique sur lui. » Un avantage que le Finlandais ne saurait nier : « Quand mon fils joue avec ses petites voitures, il dit toujours que « Seb » est difficile à battre, il faut que je lui prouve que c'est possible en gagnant bientôt un rallye. Pour le battre, il faut que chaque virage soit parfait, et pour moi ce n'était pas le cas samedi. Ma satisfaction, ce week-end, est donc de constater que j'ai pu concurrencer jusqu'au bout le plus rapide d'entre nous. » Une déclaration qui sonne comme un aveu d'impuissance.

