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Liban - Violences

Joumblatt se démène pour apaiser les esprits

Les agressions qui ont visé les manifestants du 14 février se sont soldées hier par un mort du PSP et une trentaine de blessés. La résurgence des troubles lors de la commémoration de la journée du 14 février risque de remettre en cause la fragile stabilité du pays.
Un membre du Parti socialiste progressiste (PSP) est mort à la suite des violences survenues samedi à Beyrouth et dans plusieurs localités libanaises, en marge du rassemblement marquant le 4e anniversaire de l'assassinat de Rafic Hariri.
Décédé des suites de ses blessures quelques heures à peine après son hospitalisation, Loutfi Abbas Zeineddine n'est pas la seule victime qui aura fait les frais de sa participation à la manifestation populaire de samedi.
« Loutfi Zeineddine est mort dimanche matin des suites de blessures infligées pendant les attaques de partisans de l'opposition », a indiqué un communiqué du PSP.
Les multiples agressions, d'une violence extrême par moments, qui ont eu lieu alors que les manifestants se dirigeaient vers le centre-ville, ont prouvé une fois de plus l'ampleur de la haine et la profondeur des clivages politiques qui continuent de marquer la scène politique libanaise. En effet, le rassemblement de samedi, qui se voulait pacifique, a été ponctué par une série de violences perpétrées contre une quarantaine de citoyens, faisant par ailleurs une trentaine de blessés. Interceptés sur le chemin dans différentes régions libanaises ainsi que dans la capitale, les convois des citoyens ont été la cible d'assauts de la part de fauteurs de troubles dont l'identité reste inconnue à ce stade.
Plus grave encore, l'attaque dont a été victime Loutfi Abbas Zeineddine, 50 ans, un membre du PSP qui a été poignardé à Ras el-Nabeh alors qu'il tentait de protéger son fils, Chadi, lequel a été à son tour violemment tabassé à coups de bâton. Transporté à l'hôpital Rizk à Achrafieh, le père devait décéder quelques heures plus tard.
D'autres incidents isolés à d'autres intersections de la ville et dans plusieurs localités de la Békaa-Ouest ont achevé d'envenimer la journée de samedi qui s'est conclue sur une note d'inimitié jamais vue depuis les événements du 7 mai dernier.
Parmi les personnes interceptées et attaquées en cours de route, un avocat, Rifaat Sayegh, deux frères de la famille Fayed, quatre personnes de la localité de Faour, deux autres manifestants originaires d'el-Bireh, dans la Békaa-Ouest, quatre individus de la famille Ali Hamadé qui demandaient à des passants leur chemin et qui ont été conduits à Khandak el-Ghamik avant d'être frappés, des partisans du PNL qui ont été assaillis au niveau du tunnel Sélim Salam, Khaled Sleiman Ghanem, qui a reçu deux balles dans le dos alors qu'il s'apprêtait à prendre le bus à Bhamdoun, qui devait le conduire à Beyrouth. Les assaillants s'en sont également pris aux véhicules des manifestants. Plusieurs voitures ont ainsi été sérieusement endommagées dans les localités de Zokak el-Blat, Mar Élias et Ras el-Nabeh.
Le chemin de retour n'a pas été de tout repos non plus, certains convois ayant été attaqués par des jets de pierres, notamment dans la région de Chekka.
Dans un communiqué, l'armée libanaise a confirmé que les affrontements entre parties rivales avaient fait un mort. Elle a ajouté que plusieurs personnes étaient activement recherchées « pour être livrées aux autorités judiciaires ».
Cité par l'Agence nationale d'information (ANI - officielle), un porte-parole du Hezbollah a démenti toute implication du mouvement chiite dans la mort du membre du PSP ainsi que dans les actes de violence qui ont eu lieu au cours de la journée de samedi. Le Hezbollah a en outre indiqué avoir ordonné la fermeture de tous les commerces et institutions qui se trouvent dans les localités qui relèvent du parti, soulignant que la commémoration de l'assassinat de Rafic Hariri est un événement autrement symbolique pour le commandement du parti chiite ainsi que pour sa base populaire.
Il reste que ces incidents n'ont pas laissé l'opinion publique indifférente, donnant lieu à des rassemblements de protestation ainsi qu'à des réactions virulentes exprimant la révolte et le dégoût des citoyens à la suite de ces sévices. À Bhamdoun, les habitants ont coupé la route pendant plusieurs heures hier, en signe de protestation contre l'attaque meurtrière contre Loutfi Zeineddine.

Condamnations
Premier à réagir à l'annonce du décès de Loutfi Zeineddine, le chef de la majorité, Saad Hariri, qui a stigmatisé les agressions dont ont été victimes les manifestants, affirmant que « le martyr Zeineddine fait partie du grand public du 14 Mars qui a refusé d'abdiquer son engagement national, pour exprimer son refus de la zizanie et son choix en faveur de l'État de droit ». Et M. Hariri d'en appeler aux forces de l'ordre et aux autorités judiciaires, les sommant d'assumer leurs responsabilités en poursuivant les auteurs des crimes. Il s'est en outre adressé à ses partisans, les priant d'ôter l'ensemble des slogans, photos et représentations relatifs à la commémoration du 14 février.
Pour sa part, le député du Bloc démocratique de Walid Joumblatt, Antoine Andraos, a qualifié les agresseurs de « barbares, de criminels et de lâches », en se demandant comment « peut-on désormais vivre avec ceux-là ». « La seule solution est de remporter la victoire, le 7 juin prochain », a-t-il dit.
Dans un communiqué, les Forces libanaises ont pour leur part condamné les agressions et dénoncé l'incident de Sin el-Fil au cours duquel une grenade a été lancée, dimanche à l'aube, par un inconnu contre le siège des FL. Après avoir réitéré « l'attachement des chrétiens aux principes souverains exprimés par le camp du 14 Mars », les FL ont expliqué cette dernière agression par « l'amertume » ressentie par certains « à la vue de l'importante participation chrétienne au rassemblement du 14 février et au rôle avant-gardiste joué par les FL au sein du camp de la majorité », précise le communiqué.
Pour sa part, le ministre de la Culture, Tammam Salam, a dénoncé les actes de violence qui ont eu lieu samedi, estimant que ces agressions ne devraient pas rester impunies d'autant qu'elles remettent en cause la sécurité et la stabilité du pays.
De son côté, le député du Courant du futur Jamal Jarrah a stigmatisé « les attaques miliciennes qui ont visé notamment les habitants de la Békaa », estimant que ces incidents peuvent s'expliquer par le fait que les forces du 8 Mars « ont eu la désagréable surprise de constater l'ampleur de la participation à la cérémonie ».
Même condamnation par le Parti communiste libanais qui a considéré ces attaques comme « une atteinte à la liberté d'opinion et d'expression et aux droits politiques des citoyens ». « Elles constituent en outre une violation de la paix civile et de la démocratie », conclut le communiqué du PCL.
Réagissant aux incidents sécuritaires du samedi, le patriarche maronite, Mgr Nasrallah Sfeir, s'est demandé dans son homélie du dimanche « quand les Libanais apprendront-ils enfin que le Liban est à tout le monde, et que ses citoyens doivent par conséquent coopérer ensemble pour lui redonner toute sa dignité ».
En soirée, on apprenait que plusieurs suspects ont été arrêtés par les soldats de l'armée.

Un membre du Parti socialiste progressiste (PSP) est mort à la suite des violences survenues samedi à Beyrouth et dans plusieurs localités libanaises, en marge du rassemblement marquant le 4e anniversaire de l'assassinat de Rafic Hariri.Décédé des suites de ses blessures quelques heures à peine après son hospitalisation, Loutfi Abbas Zeineddine n'est pas la seule victime qui aura fait les frais de sa participation à la manifestation populaire de samedi. « Loutfi Zeineddine est mort dimanche matin des suites de blessures infligées pendant les attaques de partisans de l'opposition », a indiqué un communiqué du PSP. Les multiples agressions, d'une violence extrême par moments, qui ont eu lieu alors que les manifestants se...
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