Rechercher
Rechercher

Nos lecteurs ont la parole

14 février : « Ana nézil... »

Par Eddy TOHMÉ
Je me souviens de février et d'un sang qui coula rouge et blanc de cette révolution manquée qui a failli changer le Liban. Je revois une foule inclassable politiquement - car tout simplement libanaise. Je revois un peuple épris de liberté, venu spontanément rendre un dernier hommage à celui qui lui a rendu sa dignité, offrant sa vie en partage. Mais je revois aussi une autre foule, tout aussi nombreuse. Je l'entends scander à pleins poumons des slogans à la gloire de la Syrie et de son leader. Une foule résolue à refuser de supporter ce qui, à ses yeux, est insupportable : le Liban menacé dans son indépendance et sa liberté... Voilà pourquoi cette même foule a pleuré sans vergogne le départ des soldats syriens, allant jusqu'à accompagner les colonnes de blindés de l'occupant, suspendus aux chenilles des chars ou accrochés aux ridelles des camions. Voilà pourquoi ce samedi 14 février je serai au rendez-vous. Je descendrai non seulement pour honorer la mémoire d'un homme que le sacrifice a arraché à sa communauté pour l'offrir à son pays tout entier, ni pour tenir, comme chaque année, ce magnifique serment, fait en ce matin où tout était encore possible, à nos martyrs et à nos morts, toutes religions confondues, le même que celui fait durant les sombres heures de l'occupation, par la résistance française à ses héros : pas de pleurs mais un serment, pas d'hésitation mais un élan. Non, cette année, je descendrai pour montrer qu'elles ont eu tort, toutes les personnes qui ont osé croire que la loi du plus fort pouvait être la meilleure et qui ont essayé de jouer à Beyrouth un jeu qui ne peut plus avoir cours désormais. Encore un legs du système répressif syrien pour lequel la notion d'opposition n'est compatible qu'avec fosse commune.
Et à celui qui va me dire sarcastiquement que même s'il y a 10 millions de Libanais qui vont descendre samedi, il a fallu 500 miliciens armés pour prendre Beyrouth, je répondrai : « Ana nézil... »
Je me souviens de février et d'un sang qui coula rouge et blanc de cette révolution manquée qui a failli changer le Liban. Je revois une foule inclassable politiquement - car tout simplement libanaise. Je revois un peuple épris de liberté, venu spontanément rendre un dernier hommage à celui qui lui a rendu sa dignité, offrant sa vie en partage. Mais je revois aussi une autre foule, tout aussi nombreuse. Je l'entends scander à pleins poumons des slogans à la gloire de la Syrie et de son leader. Une foule résolue à refuser de supporter ce qui, à ses yeux, est insupportable : le Liban menacé dans son indépendance et sa liberté... Voilà pourquoi cette même foule a pleuré sans vergogne le départ des...
commentaires (0) Commenter

Commentaires (0)

Retour en haut