Cela devait arriver un jour, inéluctablement. Le « coup de moins bien » que traverse Yoann Gourcuff ne constitue pas vraiment une surprise pour les Bleus et les Girondins.
Son entraîneur à Bordeaux, Laurent Blanc, avait d'ailleurs prédit un passage à vide et mis en garde dès le mois d'octobre contre l'utilisation excessive du joueur. « Depuis la Serbie (le 10 septembre), Yoann enchaîne, enchaîne et enchaîne, et à un certain moment, il faudra bien le faire souffler car c'est à ce moment-là qu'il sera le plus en danger, surtout physiquement. Yoann est important pour le jeu de Bordeaux, il l'est devenu aussi pour le jeu de l'équipe de France. C'est un garçon qu'on peine à faire souffler, mais à un moment donné il va falloir », avait-il déclaré.
La réalité a rattrapé la prédiction, même s'il convient de relativiser. Gourcuff n'est pas passé « au travers » face à l'Argentine mercredi soir. Il était plutôt dans la moyenne de ce qu'ont fait les autres Bleus. Mais depuis son éclosion fracassante en équipe de France face à la Serbie et son but incroyable inscrit face à la Roumanie un mois plus tard, Gourcuff a fait naître de grands espoirs. Au point de donner l'impression de pouvoir débloquer un match tout seul.
Il fut d'ailleurs tout près de le faire face aux Argentins, mais sa passe parfaite pour Anelka n'eut pas le destin souhaité (29e). À part ça, Gourcuff a traversé cette rencontre sans éclat, sans peser. Et ce n'est pas la première fois que cela lui arrive.
Fatigue
En fait, les signes avant-coureurs d'un léger déclin sont apparus lors de la demi-finale de la Coupe de la Ligue entre le Paris-SG et Bordeaux, le 4 février. Certes, les Girondins l'avaient emporté largement (3-0) au Parc des Princes, mais Gourcuff était apparu en retrait. Son niveau n'a ensuite fait que s'étioler légèrement match après match.
La fatigue semble être la cause première de cette baisse de rendement. Accumuler les matches de haut niveau (Ligue 1, Ligue des champions, équipe de France) comme il l'a fait depuis trois ou quatre mois n'est pas sans conséquences.
Mais il y a sans doute autre chose : l'effet de surprise ne joue plus. Déjà en France, les équipes qui sont parvenues à gêner Bordeaux et son meneur de jeu ont compris que cette équipe devait être pressée physiquement. Gourcuff n'aime pas du tout ça. Et cela s'est vu face aux Argentins, où le meneur de jeu, privé d'espaces, a perdu de nombreux duels.
Face à Marseille (défaite bordelaise 1 à 0) le 8 février, il avait ainsi subi un traitement particulier, qui ne l'a pas vraiment aidé à s'acclimater face aux Argentins.
Yoann Gourcuff dispose désormais de moins de deux mois pour retrouver son niveau, avant la double confrontation face à la Lituanie (28 mars-1er avril), capitale dans la course à la qualification pour le Mondial 2010. Et vu le rôle primordial que lui a confié le sélectionneur Raymond Domenech, les Bleus auront bien besoin d'un meneur de jeu au meilleur de sa forme.


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