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Actualités - Chronologie

Énergie L’État dépassé par la pénurie de mazout rouge

Mahmoud HARB Alain Tabourian impute l’insuffisance du mazout sur le marché à l’explosion de la demande. Une explication irrecevable pour Sami Brax. La quasi-totalité des régions libanaises souffrent d’une pénurie aiguë de mazout rouge, combustible largement utilisé pour le chauffage des résidences privées. Hier en soirée, cet hydrocarbure était pratiquement introuvable dans la Békaa, à Beyrouth, dans le Nord ou dans le Metn. Plusieurs stations-service de ces régions contactées par L’Orient-Le Jour ont déclaré avoir écoulé la totalité de leur stock de mazout rouge et être dans l’attente de livraisons dans quelques jours. Dans une station d’essence du Metn, une liste d’attente de 2 à 3 jours a été établie, « les propriétaires n’ayant pas réussi à obtenir de mazout rouge auprès de leurs fournisseurs à Tripoli », a déclaré un client à L’Orient-Le Jour. « De toute façon, même avant de les avoir épuisés, les stocks que nous avons reçus n’étaient pas suffisants pour couvrir les besoins de la clientèle », a déclaré un ouvrier d’une station dans la Békaa. « Les files d’attente s’allongent, a-t-il ajouté. Il y a eu presque une émeute. Tout le monde veut du mazout rouge pour le chauffage, et nous n’en avons pas assez. Pour tenter de satisfaire un tant soit peu un nombre maximum de clients, nous avons limité la quantité vendue à chaque personne à quelques litres. Certains clients ont dû se contenter de remplir de petits récipients de mazout, voire de simples bouteilles d’un litre et demi. » Certains milieux politiques tentent d’imputer la responsabilité de l’insuffisance des quantités disponibles sur le marché au ministre de l’Énergie, Alain Tabourian, accusant ce dernier de « priver certaines régions de mazout pour les punir de leurs choix politiques ». Face à cette politisation croissante d’un dossier essentiellement économique et social, Alain Tabourian a tenu une conférence de presse hier, expliquant que la pénurie est essentiellement due à l’explosion de la demande au cours des dernières semaines. Selon le ministre, la demande de mazout a augmenté à un rythme exponentiel du fait de l’effondrement des cours du brut sur les marchés mondiaux. « Les consommateurs ont attendu la baisse des prix et la mise en place de la subvention du mazout avant de commencer à reconstituer leurs stocks en une seule fois, a-t-il noté. De plus, le climat est resté relativement clément jusqu’en décembre avant que les températures ne chutent brusquement, ce qui a entraîné une progression substantielle de la demande au cours des dernières semaines. » « Quant à la Békaa, il convient de rappeler que cette région était surtout alimentée en mazout de contrebande importé en toute illégalité depuis la Syrie, a ajouté le ministre de l’Énergie. Face à la baisse des prix au Liban, la population de la Békaa a préféré s’adresser aux stations-service de leur région. Mais les distributeurs ne sont pas habitués à traiter avec ces dernières et ont préféré fournir du mazout à leurs clients réguliers avant d’en livrer à la Békaa. Pour subvenir aux besoins de cette région et du Akkar, nous avons rouvert nos installations dans le Sud et le Nord et nous avons obtenu pour les camions-citernes une autorisation de circuler 24 heures sur 24. » Alain Tabourian a également déclaré que son ministère « a importé des quantités supérieures à la consommation moyenne de mazout et a augmenté ses achats en décembre ». « Nous avons répondu à toutes les demandes qui nous ont été adressées et nous avons livré du mazout en continu, y compris les dimanches et les jours fériés, a-t-il poursuivi. Quelque 19 millions de litres de mazout ont été livrés pendant la première moitié de décembre et 80 millions de litres au cours des 15 derniers jours de ce mois. » « Les capacités opérationnelles des sociétés de vente et de distribution sont fort limitées. Il n’y a que 650 citernes pour 3 000 stations-service. Ces compagnies n’ont donc pas pu s’adapter à temps à la hausse soudaine de la demande », a conclu le ministre. Pour sa part, le président de l’Union des propriétaires de stations d’essence, Sami Brax, a rejeté, dans un entretien avec L’Orient-Le Jour, les explications avancées par Alain Tabourian. « La pénurie est due au chaos du système de distribution », a-t-il ainsi déclaré. Et Sami Brax d’ajouter : « Le ministère doit répartir le mazout équitablement entre les différentes stations. Il y a du népotisme. Et certaines personnes achètent de grandes quantités de mazout pour les vendre au marché noir, moyennant des prix exorbitants et au détriment de la population. »
Mahmoud HARB

Alain Tabourian impute l’insuffisance du mazout sur le marché à l’explosion de la demande. Une explication irrecevable pour Sami Brax.

La quasi-totalité des régions libanaises souffrent d’une pénurie aiguë de mazout rouge, combustible largement utilisé pour le chauffage des résidences privées. Hier en soirée, cet hydrocarbure était pratiquement introuvable dans la Békaa, à Beyrouth, dans le Nord ou dans le Metn.
Plusieurs stations-service de ces régions contactées par L’Orient-Le Jour ont déclaré avoir écoulé la totalité de leur stock de mazout rouge et être dans l’attente de livraisons dans quelques jours. Dans une station d’essence du Metn, une liste d’attente de 2 à 3 jours a été établie, « les propriétaires n’ayant pas réussi à obtenir de mazout rouge auprès de leurs...