Bachir EL-KHOURY
À l’initiative du ministère des Télécoms, une conférence s’est tenue pour débattre avec plusieurs PDG et experts de la diaspora, dans le domaine des télécoms, d’une « feuille de route » visant à développer un secteur à haute valeur ajoutée.
En présence d’une trentaine de membres de la diaspora travaillant dans le secteur des télécoms, une conférence sur la politique du gouvernement dans le domaine des télécoms et le rôle de la diaspora dans le développement de ce secteur, s’est tenue lundi à l’hôtel Metropolitan, sous le patronage du ministre Gebran Bassil. Cet événement était l’occasion de débattre avec plusieurs PDG libanais de sociétés étrangères ainsi qu’avec des experts et des consultants dans le domaine des télécoms, des grandes lignes de la « policy paper » élaborée par le ministère. « Il s’agit d’un plan quinquennal pour le développement du secteur à moyen et long terme. L’objectif de cette rencontre était donc de recueillir les avis de plusieurs spécialistes de la diaspora sur la politique adoptée », a ainsi souligné Mohammad Safa, conseiller du ministre, dans un entretien avec L’Orient-Le Jour.
Les cinq ateliers organisés durant cette longue journée ont notamment porté sur la participation de la diaspora dans le secteur des télécoms (en apportant leur savoir-faire et/ou en investissant), la transformation du Liban en un centre régional des télécoms, la libéralisation du marché de la téléphonie mobile, ainsi que le développement de l’Internet haut débit et le service de large bande passante (Broadband). « Au niveau des réformes dans la téléphonie mobile, les débats ont porté sur la nécessité d’augmenter le taux de pénétration tout en préservant le niveau des recettes du Trésor provenant du secteur. À cette fin, il a été question de procéder à une privatisation partielle, l’État demeurant majoritaire, et au lancement, en parallèle, de Liban Télécom, un troisième opérateur mobile, sous l’égide de l’État, pour renforcer la concurrence », a ajouté Safa. Avec un taux de pénétration d’environ 33 %, le Liban est en effet loin derrière d’autres pays de la région où le nombre d’abonnements à la téléphonie mobile dépasse dans certains cas le nombre d’habitants. Selon le conseiller du ministre, les coûts élevés ainsi que la qualité du service constituent aujourd’hui les deux principaux obstacles à l’accroissement du nombre d’abonnés, d’où la nécessité de libéraliser le marché. Le statu quo actuel assure en revanche au Trésor chaque année des recettes de plusieurs centaines de millions de dollars (près de 1,3 milliard en 2008, en hausse de 12 % par rapport à l’année précédente), d’où la réticence des autorités de procéder à une vente totale des deux licences (qui rapporterait toutefois, selon un rapport du Crédit suisse, un montant forfaitaire variant entre 5 et 7 milliards de dollars). «Le scénario de privatisation partielle permet d’assurer une pérennité des recettes provenant du secteur, tout en réduisant les coûts et en améliorant la qualité du service », explique Safa, qui précise que ces montants consistants serviront à réduire progressivement le niveau de la dette publique.
Broadband, Call Centers, etc.
Les recommandations découlant des discussions ont également porté sur la nécessité de développer d’autres industries et services liés au secteur des télécoms susceptibles de contribuer à la croissance économique du pays. Il s’agit notamment de l’introduction du broadband et des e-applications (e-gouvernance…), ainsi que la mise en place des Call Centers. « Le développement du secteur des télécoms passe par l’essor de tous ces services qui non seulement contribuent à créer de nouveaux emplois, mais permettent aussi à un grand nombre de sociétés de venir s’installer au Liban. Leur développement aurait donc un effet exponentiel sur le plan économique », a souligné Safa. La concrétisation de ces projets ne saurait avoir lieu en revanche sans suivi régulier. C’est pour cette raison qu’une commission mixte regroupant des experts de la diaspora et du Liban a été créée afin de veiller à l’application de toutes les recommandations émises au cours de cette conférence, mais aussi pour organiser à l’avenir des réunions similaires, indispensables à un réel « braindrain » sur le secteur des télécoms… loin des polémiques et des considérations politiques qui entravent son développement.
Bassil dresse le bilan de son action
Le ministre des Télécommunications, Gebran Bassil, a tenu hier une conférence de presse au cours de laquelle il a dressé un bilan de son action depuis son entrée en fonctions.
Il a notamment mis l’accent sur « la croissance de 12 % des transferts » de son ministère au Trésor en 2008 et qui ont atteint, selon lui, 1 900 milliards de livres cette année.
Le ministre a également indiqué qu’un plan est en cours de préparation pour accroître la capacité du réseau de téléphonie mobile de 800 000 lignes supplémentaires. Il a précisé que le réseau pourra accueillir 75 000 abonnés supplémentaires à la fin de janvier 2009. Sur un autre plan, « quelque 993 000 dollars seront restitués à 30 710 abonnés à échéance du 15 janvier prochain, a-t-il ajouté. Les opérateurs avaient imposé des tarifs de téléphonie internationale surévalués à ces clients, en violation de la loi ».
Gebran Bassil a aussi estimé le nombre d’abonnés à Internet haut débit à 80 000, ajoutant que ce nombre devrait atteindre 100 000 fin février 2009. Et Bassil d’indiquer enfin que son ministère a reçu 425 millions de livres de LibanPost à titre de paiements dus par cette dernière à l’État fin 2006.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats