Un cadeau russe de dix Mig et d’autres dons, américains ou autres, à l’avenant. L’armée, auréolée du prestige de la victoire de Nahr el-Bared comme de ses coups de filet antiterroristes, accréditée au-dehors. Habilitée à se renforcer suffisamment pour assumer une mission nationale de seule force sur le terrain. Pas de quoi se frotter les mains pour les prosyriens, Hezbollah en tête, et ils s’en cachent à peine. Sans être en mesure de protester publiquement, car ils se mettraient alors en posture ouverte de hors-la-loi. Leur façon à eux de désapprouver, c’est donc de s’abstenir ostensiblement d’approuver, comme la raison nationale la plus élémentaire le voudrait. L’on entend de la sorte le général Michel Aoun déclarer qu’il faut attendre de savoir ce qui s’est passé au juste avant de prendre position. D’autres cadres du 8 Mars laissent entendre, en privé, que ce qu’ils attendent pour leur part, c’est de savoir ce qu’en pensent Damas et Téhéran.
Bien entendu, en face, on se réjouit de tout apport concret à l’idée Liban. Liban d’abord, Liban seulement. D’autant que, selon les majoritaires, les démarches à Moscou de Saad Hariri ne sont pas pour rien dans le présent aéronautique russe. Sans oublier, en la matière, les mérites évidents du ministre de la Défense, Élias Murr, proche du président Sleiman auquel il a rendu compte en détail des résultats de son approche moscovite. Cela à l’approche, justement, d’une visite que le chef de l’État doit effectuer en Russie. Pour en remercier les autorités et pour préciser les autres besoins militaires du Liban.
Car les dirigeants russes répètent que les Mig, ce n’est qu’un premier geste, qu’ils sont prêts à répondre, dans la mesure du matériel disponible, à toutes les requêtes de l’armée libanaise. Leur entourage s’étonne de la tiédeur de certaines parties libanaises à l’égard de leur don. Ajoutant que la Russie s’est toujours tenue aux côtés du Liban, de sa cause et de ses problèmes, dans les instances internationales. Les Mig, ajustements, c’est une idée qui trottait dans la tête du président Poutine depuis des années. Mais les circonstances n’ont permis que récemment de lui donner corps. Après l’élection du président Sleiman et Doha. De plus, jusqu’à Murr, il n’y avait pas de relance officielle libanaise. Dès qu’il a soulevé la question de l’aide, il a eu l’heureuse surprise d’entendre son homologue russe lui promettre de suite monts et merveilles.
Des hélices
et des chars
Ce qui n’ est pas parler en l’air. Les Russes disent : Si les Libanais trouvent qu’ils n’ont ni les moyens ni les effectifs qualifiés pour tirer profit des Mig, et pour les entretenir, nous sommes prêts à les aider, à leur fournir une assistance technique. Et s’ils jugent que, même comme cela, ils ne sauraient qu’en faire, nous sommes disposés à replacer ces appareils par des hélicoptères et des chars. Nous ne voulons qu’aider, rien d’autre. Nous ne recherchons, vis-à-vis du Liban ni acquis ni intérêts. Ce qui nous importe, c’est de voir cet État, nécessaire au monde sur tant de plans, se renforcer suffisamment pour se mettre à l’abri des secousses régionales. Sous la conduite du président Sleiman que nous soutenons.
À Beyrouth, les observateurs estiment que l’initiative russe, par son caractère même, s’adresse en premier lieu à Israël. Pour qu’il y réfléchisse désormais à deux fois avant de violer l’espace aérien libanais. Mais le message, ajoutent-ils, va également en direction de toutes les parties étrangères, Washington et Damas inclus, qui ont pris l’habitude de considérer le Liban comme le maillon faible de la chaîne, un citron qu’on peut exploiter et pressurer à volonté. Une telle lecture rejoint la logique politique qui veut qu’une puissance en quête d’influence agrandie songe d’abord à limiter la sphère de ses concurrents, internationaux ou régionaux. L’occasion était donc à saisir, à un moment où les déconfitures américaines au Moyen-Orient laissent un certain vide à occuper. Et c’est ainsi que c’est à Moscou, contre l’avis des Britanniques, que va se tenir prochainement le nouveau round du processus de paix régionale dit Annapolis.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Un cadeau russe de dix Mig et d’autres dons, américains ou autres, à l’avenant. L’armée, auréolée du prestige de la victoire de Nahr el-Bared comme de ses coups de filet antiterroristes, accréditée au-dehors. Habilitée à se renforcer suffisamment pour assumer une mission nationale de seule force sur le terrain. Pas de quoi se frotter les mains pour les prosyriens, Hezbollah en tête, et ils s’en cachent à peine. Sans être en mesure de protester publiquement, car ils se mettraient alors en posture ouverte de hors-la-loi. Leur façon à eux de désapprouver, c’est donc de s’abstenir ostensiblement d’approuver, comme la raison nationale la plus élémentaire le voudrait. L’on entend de la sorte le général Michel Aoun déclarer qu’il faut attendre de savoir ce qui s’est passé au juste avant de prendre...