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Actualités - Opinion

Citoyen grognon Lorsqu’on arrondit les factures à la hausse d'Anne-Marie el-Hage

Avez-vous déjà essayé d’insister, alors que vous réglez votre facture au supermarché, pour qu’on vous rende votre petite monnaie, lorsque celle-ci est inférieure à 250 livres libanaises ? On vous regarde inévitablement avec de grands yeux, comme si vous aviez commis un crime de lèse-majesté. Car de toute façon, que vous le vouliez ou non, toute facture est arrondie à la hausse. La caissière ne vous annonce d’ailleurs jamais le véritable chiffre inscrit devant vos yeux, mais le chiffre déjà arrondi. C’est dire qu’elle a déjà reçu les instructions nécessaires dans ce sens. Si vous osez la reprendre, corriger son erreur ou même exprimer votre mécontentement, elle vous répond sans sourciller, et avec une bonne dose d’arrogance, qu’elle ne possède pas dans sa caisse de pièces de 50 ou de 100 livres à vous rendre et que, de toute façon, ces pièces n’ont aucune valeur. Il est à parier que si jamais vous en avez dans votre porte-monnaie, elle ne sera pas non plus preneuse. Comportement carrément inadmissible, d’autant que les pièces de 50 et de 100 livres ont été, au même titre que les pièces de 250 et de 500 livres, émises par la Banque du Liban. Nombre de clientes ayant claqué la porte de leur supermarché à cause de ce genre de pratiques n’ont pas été mieux servies ailleurs, mais se sont heurtées au même genre d’irrégularités. Le problème réside souvent dans la politique de facturation des produits, qui ne tient nullement compte de la menue monnaie. Le prix d’une tablette de chocolat est alors affiché 1 001 livres libanaises, allez savoir pourquoi, alors qu’il n’existe pas de pièces d’une livre. De même, de façon tout aussi aberrante et sans que personne ne puisse vous l’expliquer, le prix d’une boîte de lait en poudre sera affiché 31 583 livres libanaises, par exemple. Le citoyen en vient à se demander si cette méthode de facturation, qui se termine systématiquement à la caisse par un arrondi à la hausse, au bénéfice du commerçant bien évidemment, n’est pas un moyen facile, voire malhonnête, pour les supermarchés de soutirer au consommateur quelques sous supplémentaires, sans grand effort. Somme modique, diriez-vous. Certes, mais au bout d’une journée entière, la différence est de taille pour les commerçants, comme elle l’est à la fin du mois pour le consommateur, s’il essaie, une fois en passant, de se livrer à des calculs d’épicier, par simple curiosité. La sanction pour les commerçants peu scrupuleux ? Il est inutile d’en rêver, car elle relève du jamais-vu. Mais en attendant, rien n’empêche le citoyen d’exprimer tout haut son mécontentement, dans l’espoir d’être un jour écouté.
Avez-vous déjà essayé d’insister, alors que vous réglez votre facture au supermarché, pour qu’on vous rende votre petite monnaie, lorsque celle-ci est inférieure à 250 livres libanaises ?
On vous regarde inévitablement avec de grands yeux, comme si vous aviez commis un crime de lèse-majesté. Car de toute façon, que vous le vouliez ou non, toute facture est arrondie à la hausse. La caissière ne vous annonce d’ailleurs jamais le véritable chiffre inscrit devant vos yeux, mais le chiffre déjà arrondi. C’est dire qu’elle a déjà reçu les instructions nécessaires dans ce sens.
Si vous osez la reprendre, corriger son erreur ou même exprimer votre mécontentement, elle vous répond sans sourciller, et avec une bonne dose d’arrogance, qu’elle ne possède pas dans sa caisse de pièces de 50 ou de 100 livres à...