Rechercher
Rechercher

Actualités

Protectionnisme ou libre-échange, le dilemme d’Obama

Le président élu affirme qu’il faut « prendre toutes les mesures nécessaires pour faire redémarrer l’économie ». Spectateur du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC), rien n’assure que le président américain élu Barack Obama entend son message en faveur du libre-échange, car la tourmente financière a ravivé les sirènes du protectionnisme aux États-Unis. Le dilemme reste entier pour le futur locataire de la Maison-Blanche avant ce sommet qui réunit samedi et dimanche au Pérou 21 dirigeants, dont les pays représentent la moitié du commerce mondial et près de 60 % du PIB de la planète. Confrontée à la pire crise depuis la Grande Dépression, la prochaine administration américaine pourrait être tentée de rompre avec les accords de libre commerce, que George W. Bush défendra lors de sa dernière apparition sur la scène internationale. « Le futur président va endurer une pression politique en faveur du protectionnisme comme aucun de ses prédécesseurs n’en avait connue depuis 1930 », a affirmé Christopher Padilla, l’actuel sous-secrétaire américain au Commerce. « La manière dont le président élu Obama va répondre à cette pression définira le cours de l’économie globale, et l’identité économique des États-Unis, pour une génération », a-t-il poursuivi. L’APEC devrait réaffirmer le principe du libre-échange au sein du bloc Asie-Pacifique qui s’étend de l’Océanie à la Russie. Les dirigeants ont promis d’examiner « les options et les perspectives » d’un ambitieux projet, soutenu par le Japon et la Chine, ont rappelé les organisateurs du sommet. Mais la débâcle financière a changé la donne, et le prochain président des États-Unis n’a pas encore défini sa position. Cela ne signifie pas pour autant qu’il compte rester inactif. Selon ses conseillers, Barack Obama souhaite recentrer l’APEC sur le thème du commerce, et non sur les questions de sécurité qui ont obnubilé Washington depuis les attentats du 11-Septembre. « L’APEC pourrait peut-être à nouveau s’engager à traiter de la libéralisation et de l’intégration du commerce, plutôt que de la sécurité », a indiqué l’un de ses conseillers. Selon ce conseiller, qui a requis l’anonymat, les États-Unis « ont utilisé l’APEC pour traiter de la sécurité », car c’était la seule organisation qui leur permettait d’influer sur ce thème dans la région. Le gouvernement de Bush n’a ainsi jamais participé au sommet de l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est (Asean), faute d’avoir accepté de signer le traité de non-ingérence dans les affaires intérieures de ses membres. L’équipe d’Obama espère désormais jouer un rôle plus actif auprès de ce bloc qui compte dix pays (Brunei, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Birmanie, Philippines, Singapour, Thaïlande, Vietnam), et de l’APEC. Alors que le président américain sortant a scellé des traités de libre-échange avec 17 pays, dont l’Australie, Singapour, la Corée du Sud, la Colombie et le Pérou, son successeur a déjà donné quelques pistes sur ses nouvelles orientations, témoignant d’une certaine fermeté. « Au moment où nous agissons en concert avec les autres nations, nous devons aussi agir immédiatement ici, chez nous, afin de répondre à la propre crise économique des États-Unis », a récemment déclaré Barack Obama. Le traité avec la Colombie, combattu par la majorité démocrate au Congrès qui doit encore l’approuver, est loin d’être garanti. Barack Obama entend aussi renégocier l’Accord de libre-échange nord-américain (Alena), signé entre le Canada, les États-Unis et le Mexique, et entré en vigueur en 1994. Il estime par ailleurs que le traité commercial avec la Corée du Sud, le plus important depuis l’Alena, doit élargir davantage l’accès du marché automobile coréen aux constructeurs américains, en pleine tourmente. Enfin, le président élu Barack Obama a affirmé qu’il fallait « prendre toutes les mesures nécessaires pour faire redémarrer l’économie », même si cela devait creuser encore l’énorme déficit budgétaire américain. M. Obama, qui prendra le 20 janvier ses fonctions à la Maison-Blanche, s’est notamment prononcé pour un plan de sauvetage de l’industrie automobile américaine, dont la faillite annoncée « serait une catastrophe ».
Le président élu affirme qu’il faut « prendre toutes les mesures nécessaires pour faire redémarrer l’économie ».
Spectateur du Forum de coopération économique Asie-Pacifique (APEC), rien n’assure que le président américain élu Barack Obama entend son message en faveur du libre-échange, car la tourmente financière a ravivé les sirènes du protectionnisme aux États-Unis.
Le dilemme reste entier pour le futur locataire de la Maison-Blanche avant ce sommet qui réunit samedi et dimanche au Pérou 21 dirigeants, dont les pays représentent la moitié du commerce mondial et près de 60 % du PIB de la planète.
Confrontée à la pire crise depuis la Grande Dépression, la prochaine administration américaine pourrait être tentée de rompre avec les accords de libre commerce, que George W. Bush défendra lors de sa...