À sept mois de la présidentielle, les reproches se multiplient contre l’action du chef de l’État.
Le vice-président iranien chargé du Tourisme, Esfandiar Rahim Mashaie, est depuis plusieurs jours la cible de virulentes attaques, pour « insulte au Coran », de la part de dignitaires religieux et de conservateurs qui réclament sa démission, ont rapporté hier les médias iraniens. Ce proche du président Mahmoud Ahmadinejad avait déjà été critiqué cet été, pour avoir affirmé que l’Iran était « l’ami du peuple israélien ».
Lors d’une cérémonie le 8 novembre sur les investissements étrangers dans le tourisme, 12 jeunes filles portant des habits traditionnels avaient apporté en dansant un exemplaire du Coran sur un plateau avant de le remettre à un homme chargé de réciter les versets. En Iran, toute cérémonie officielle commence par une récitation d’extraits du livre saint de l’islam. Le fait que ce dernier ait été apporté par des femmes dansant a choqué des conservateurs. Deux hauts dignitaires religieux, les grands ayatollahs Lotfollah Safi Golpayegani et Nasser Makarem Shirazi, ont condamné la cérémonie. « L’insulte au Coran n’est pas acceptable », a dit l’ayatollah Golpayegani en jugeant que M. Mashaie « n’est pas compétent pour occuper ce poste ».
Pour calmer les choses, l’adjoint de M. Mashaie et organisateur de la cérémonie, Mehdi Jahanguiri, a présenté sa démission, tout en affirmant « qu’apporter le Coran sur un plateau fait partie des traditions des populations de l’ouest de l’Iran ». Cette démission n’a visiblement pas suffi. Hier, Laleh Eftekhari, députée conservatrice de Téhéran et présidente du groupe parlementaire « Coran et famille », a demandé à M. Ahmadinejad de renvoyer M. Mashaie, selon l’agence Fars. De même, l’association islamique du bazar (proche des conservateurs) ainsi que le chef du Parti de la coalition islamique (conservateur), Mohammad Nabi Habibi, ont dénoncé dans deux lettres séparées une « insulte au Coran ». Le groupe parlementaire des religieux a « condamné cet acte provocateur » et a demandé au président « de prendre des mesures contre ses responsables pour empêcher la répétition de tels actes », selon l’agence ILNA.
De même, l’homme chargé de réciter le Coran pendant la cérémonie, Karim Mansouri, l’un des plus célèbres du pays, s’est dit choqué, selon le quotidien ultraconservateur Kayhan. « Lorsque j’ai vu cette scène scandaleuse (...) j’ai tremblé de tout mon corps », a-t-il dit, affirmant avoir écourté sa récitation en signe de protestation.
M. Mashaie avait provoqué un tollé en juillet en déclarant que l’Iran était « ami avec le peuple israélien », alors qu’Israël est l’ennemi juré de la République islamique. En août, il avait dit n’avoir « aucune hostilité contre le peuple israélien ». De nombreux députés et dignitaires religieux avaient alors demandé sa démission. Le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, était intervenu le 19 septembre pour mettre fin aux attaques, tout en condamnant les propos de M. Mashaie. M. Ahmadinejad, dont le fils a épousé la fille de M. Mashaie, a toujours soutenu son vice-président.
D’autre part, la justice iranienne a condamné un membre d’une importante secte soufie à cinq ans de prison, 74 coups de fouets et l’exil dans le sud du pays pour « propagation de mensonges », a rapporté le journal modéré Kargozaran. Le journal identifie l’homme comme étant Amir Ali Mohammad Labaf, membre de l’ordre soufi Gonabadi-Nématollahi, basé dans la province de Khorassan-Razavi, dans le nord-est du pays. Un tribunal de la ville sainte de Qom a jugé que le fait de tenir des prières en tant que Soufi s’apparentait à un « cas de propagation de mensonges », indique le journal, sans fournir plus de détails. Ces dernières années, les forces de sécurité ont été impliquées dans plusieurs affrontements entre les soufis et des fidèles chiites.
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Le vice-président iranien chargé du Tourisme, Esfandiar Rahim Mashaie, est depuis plusieurs jours la cible de virulentes attaques, pour « insulte au Coran », de la part de dignitaires religieux et de conservateurs qui réclament sa démission, ont rapporté hier les médias iraniens. Ce proche du président Mahmoud Ahmadinejad avait déjà été critiqué cet été, pour avoir affirmé que l’Iran était « l’ami du peuple israélien ».
Lors d’une cérémonie le 8 novembre sur les investissements étrangers dans le tourisme, 12 jeunes filles portant des habits traditionnels avaient apporté en dansant un exemplaire du Coran sur un plateau avant de le remettre à un homme chargé de réciter les versets. En Iran, toute...