Le patriarche Sfeir n’a pas caché son amertume en inaugurant hier la 42e session de l’Assemblée des patriarches et évêques catholiques. Le chef de l’Église maronite a dénoncé le « niveau effrayant » des divisions interchrétiennes.
Le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, a dénoncé de nouveau hier « le niveau effrayant » de certaines divisions politiques chrétiennes, auxquelles il a opposé l’image pacifiée que cherchent à donner de leurs rapports les leaderships musulmans.
Le chef de l’Église maronite s’exprimait dans le cadre de la 42e session de l’Assemblée des patriarches et évêques catholiques au Liban, qui se tient au siège patriarcal de Bkerké, en présence notamment du patriarche Nersès Bedros (arménien-catholique).
La session est consacrée cette année au renouvellement de toutes les commissions de l’assemblée : écoles catholiques, éducation chrétienne, enseignement supérieur et universitaire, commission biblique et théologique, commission de la faculté pontificale de théologie, de la vie monastique et consacrée, des relations œcuméniques, de l’apostolat des laïcs, de la vie familiale, des questions juridiques, de la coopération entre les Églises, du service de la charité, du dialogue islamo-chrétien, des biens de l’Église, des Libanais de l’émigration, de la pastorale de la santé, des affaires liturgiques, commission Justice et Paix, des moyens de communication et de l’année Saint-Paul. Par ailleurs, l’assemblée doit élire un nouveau conseil de coordination pour Caritas-Liban, un évêque délégué au congrès eucharistique de 2012, le nouveau conseil de l’aumônerie des prisons, et écouter les rapports de toutes les commissions sortantes, sans oublier ceux de Télé-Lumière, de Noursat, de la Voix de la Charité et des Scouts du Liban. Prenant la parole en ouverture de la session, le patriarche Sfeir a parlé avec une certaine amertume de la responsabilité qui incombe aux chrétiens, « et à eux peut-être plus qu’à d’autres », à l’égard du Liban.
« Des chrétiens chargés de haine… »
Le dignitaire maronite a déploré « le niveau effrayant des divisions » que l’on voit au sein des rangs chrétiens, donnant en exemple la rixe qui a éclaté voilà quelques jours à l’Université libanaise entre étudiants appartenant à deux factions chrétiennes « chargées de haine l’une contre l’autre, au point de se vouloir du mal ».
Et tout cela alors que les membres de communautés non chrétiennes « font de leur mieux pour oublier les profondes divergences qui les opposent et qui, du moins, ont cessé de s’insulter comme le font entre eux certains chrétiens (…) ignorant superbement ce que le Christ a fait alors qu’il était suspendu sur le bois de la Croix », a ajouté le patriarche. « De tout cela nous aurons du remords, a-t-il dit, mais il sera trop tard. »
Le nonce apostolique, Mgr Luigi Gatti, qui a assisté à l’ouverture des travaux de la session, s’est efforcé, lui, de donner à son discours une portée évangélique à l’adresse des évêques eux-mêmes. Le nonce a affirmé gravement que nombre de jeunes qu’il rencontre se plaignent de ce que « le Christ est prisonnier de l’Église » et souhaitent l’en libérer.
Rivalités entre universités catholiques
« Aidons les jeunes à aimer le Christ dans l’Église », a-t-il lancé à ses confrères évêques, qu’il a invités à retourner à l’essentiel et « à ce qui vraiment peut remplir le cœur de l’homme ». Les chefs de commissions ont ensuite entamé la lecture des rapports des commissions, dont très peu de choses, comme d’habitude, a filtré. Parmi ces rapports s’est distingué celui de M. Henri Awit, qui a parlé du manque de coordination total entre les universités catholiques au Liban, devenues rivales économiques et académiques les unes des autres, à l’image de l’atomisation des communautés chrétiennes. M. Awit a toutefois annoncé une bonne nouvelle et comme un retour à l’esprit de l’Exhortation apostolique avec la formation d’une commission comprenant les recteurs des cinq universités catholiques. Les travaux de la session se poursuivront jusqu’au 15 novembre.
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Le patriarche maronite, le cardinal Nasrallah Sfeir, a dénoncé de nouveau hier « le niveau effrayant » de certaines divisions politiques chrétiennes, auxquelles il a opposé l’image pacifiée que cherchent à donner de leurs rapports les leaderships musulmans.
Le chef de l’Église maronite s’exprimait dans le cadre de la 42e session de l’Assemblée des patriarches et évêques catholiques au Liban, qui se tient au siège patriarcal de Bkerké, en présence notamment du patriarche Nersès Bedros (arménien-catholique).
La session est consacrée cette année au renouvellement de...