de Lélia Mezher
Allez, faisons un rêve. Même si cela est difficile lorsque l’on a les pieds – ou plutôt les genoux ? – dans l’eau et la tête forcément dans les étoiles, pénurie d’électricité oblige.
Ils se sont réunis, tranquillement, après un tapage médiatique d’enfer, c’est vrai, mais tranquillement, et comme ils l’avaient promis. Voilà Hassan Nasrallah et Saad Hariri, côte à côte et souriants, devant un rideau bleu. Maintenant qu’ils l’ont fait – enfin, merci et surtout, à la prochaine ? - faisons donc un rêve.
Le 5 novembre, ce n’est pas à des années-lumière, c’est demain, en fait. Les autres devraient – doivent – s’activer. À bien y repenser, qu’est-ce qui les sépare vraiment ? Ni la religion, ni le rite, ni la guerre – civile, fratricide, absurde – qu’ils se sont livrée. Petit aménagement récemment, avec la déclaration de Samir Geagea : pas de problème si Michel Aoun assiste à son tête-à-tête avec Sleimane Frangié. Signe d’une ouverture ? Certes, mais le temps presse. Le 5 novembre, c’est demain. Il faut accélérer le rythme. Montrer au moins qu’on n’est pas de ceux qui règlent – mal – tout à la dernière minute.
Ils se sont donc réunis, mais d’autres n’ont pas encore franchi ce pas. Pourquoi ? Comment ? Qu’est-ce qui les retient ? Les Libanais n’ont pas vraiment envie de le savoir. Just do it. Tout le monde sera content, y compris les principaux protagonistes, surtout une fois la saison électorale venue. À l’heure où les chrétiens d’Irak sont malmenés, et pendant que certains proposent de fonder un centre de réflexion sur les chrétiens d’Orient, il serait bon de commencer par mettre de l’ordre chez soi avant de s’improviser donneur de leçons.
Ce n’est que parce que les chrétiens – ou une partie de cette communauté – se posent en victimes qu’ils risquent vraiment d’être un jour totalement marginalisés. Mais, du moins pour le moment, et à l’aune de la présente Constitution, personne n’a jamais contesté ni la place ni l’importance du triple rôle social, économique et politique de cette communauté. Trêve d’attitudes faussement alarmistes. Le seul réel danger qui guette les chrétiens, c’est en fait eux-mêmes. Leurs divergences absurdes, fondées, de part et d’autre, sur un positionnement soi-disant stratégique ne sont en fait que la résultante d’une réalité régionale et d’un équilibre ponctuel donnés.
Ce positionnement artificiel, même s’il est maladroit, n’est toutefois pas irréversible. Il est possible de s’en détacher si une volonté réelle existe. Le moment est indéniablement propice pour une unification des rangs sur la scène chrétienne, comme en témoignent tous les rapports et tous les observateurs. Les principaux concernés sauront-ils évaluer l’importance de leur rôle et en mesurer pleinement la portée ? Pourront-ils démontrer à leurs électeurs passés ou potentiels qu’ils n’ont pas seulement le courage de se faire la guerre – civile – mais aussi, et surtout, la force tranquille et noble de ceux qui savent construire une paix durable ? Allez, faisons un rêve. Même si cela est difficile.
Allez, faisons un rêve. Même si cela est difficile lorsque l’on a les pieds – ou plutôt les genoux ? – dans l’eau et la tête forcément dans les étoiles, pénurie d’électricité oblige.
Ils se sont réunis, tranquillement, après un tapage médiatique d’enfer, c’est vrai, mais tranquillement, et comme ils l’avaient promis. Voilà Hassan Nasrallah et Saad Hariri, côte à côte et souriants, devant un rideau bleu. Maintenant qu’ils l’ont fait – enfin, merci et surtout, à la prochaine ? - faisons donc un rêve.
Le 5 novembre, ce n’est pas à des années-lumière, c’est demain, en fait. Les autres devraient – doivent – s’activer. À bien y repenser, qu’est-ce qui les sépare vraiment ? Ni la religion, ni le rite, ni la guerre – civile, fratricide, absurde – qu’ils se sont...
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