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Actualités - Chronologie

Développement La crise alimentaire n’épargne pas le Liban Bachir EL-KHOURY

Près d’un milliard d’habitants dans le monde sont menacés par la famine dans le sillage de la hausse des prix des aliments et de la crise financière internationale. Au Liban et dans la région, les résultats ne sont pas moins inquiétants. À l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, l’organisation humanitaire britannique Oxfam et Arab NGO Network for Development (ANND) – un réseau d’ONG arabes – ont organisé hier, à Beyrouth, une conférence-débat axée sur le thème de la sécurité alimentaire et des répercussions de la crise alimentaire sur la région du Moyen-Orient, notamment sur le Liban. Les pays arabes, « dont 50 % des besoins alimentaires sont importés, ont du mal à faire face à cette crise », a commencé par souligner Kinda Mohamadieh, du ANND. « Cette crise alimentaire qui touche tous les pays de la région se fait le plus sentir dans les pays arabes non producteurs de pétrole ou en manque de ressources naturelles, notamment d’eau », a-t-elle ajouté. La hausse spectaculaire des prix des aliments de base à l’échelle planétaire (+57 % par rapport à l’an dernier, selon la FAO) a eu un effet dévastateur sur les populations de plusieurs pays du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord, souligne ainsi le rapport publié par Oxfam. En Égypte, par exemple, les prix du maïs et du riz ont augmenté de plus de 70 % entre janvier 2007 et avril 2008, tandis qu’au Soudan, le prix du blé a bondi de 90 % au cours de la même période. Au Liban, les chiffres ne sont pas moins alarmants ; selon ce rapport, les prix des aliments importés ont augmenté en moyenne de 145 % en quinze mois. «Plusieurs études antérieures concordent sur le fait que 30 % des Libanais vivent en dessous du seuil de pauvreté. Ce taux s’élèverait aujourd’hui à 40 %, suite à la flambée des prix des aliments au cours des deux dernières années», a souligné pour sa part Rami Zreik, professeur en agriculture à l’Université américaine de Beyrouth (AUB). En effet, selon une étude sur la pauvreté au Liban menée par le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), un million de Libanais vivent avec moins de quatre dollars par jour dont 300 000 gagnant moins de 2,4 dollars par jour. Cette enquête, dont les résultats ont été publiés fin 2007, a été effectuée sur le terrain entre 2004 et 2005. Depuis, le pouvoir d’achat des ménages libanais, notamment ceux au revenu limité, n’a cessé de chuter, laissant ainsi entrevoir une hausse du nombre des personnes vivant sous le seuil de pauvreté. Selon Zreik, le développement du secteur agricole au pays du Cèdre est une nécessité pour faire face à cette crise mais ne peut avoir lieu tant que « la part du budget de l’État allouée à l’agriculture tourne autour de 1 % et que 50 % des terrains agricoles sont détenus par 0,1 % de la population ». Dans les autres pays de la région, la situation n’est pas moins dangereuse, ont souligné les intervenants à ce débat. « Même dans des pays comme la Syrie, l’Égypte et le Soudan, où les économies se basent principalement sur l’agriculture, le secteur agricole perd de plus en plus du terrain », ajoute Zreik. Si plusieurs groupes sociaux sont touchés par cette crise, « les femmes sont néanmoins les plus affectées », a souligné pour sa part Lina Abou Habib, responsable dans une ONG de développement. Sur le plan mondial, l’inflation galopante du prix des aliments de base, comme le riz et les céréales, a poussé cette année 119 millions de personnes de plus dans une situation de famine, selon le rapport de Oxfam. Mi-septembre, le directeur général de la FAO avait annoncé de nouveaux chiffres alarmants sur la faim dans le monde touchant aujourd’hui plus de 920 millions de personnes contre 850 millions avant la flambée des prix. Ce bilan pourrait même s’alourdir à la suite de la crise financière mondiale, avertissent les experts. Recommandations Pour éviter que le fléau ne se propage, Oxfam appelle, dans son rapport, les autorités dans les pays émergents à adopter des mesures sur le terrain dont l’augmentation des dépenses publiques dans le secteur agricole afin de doper l’offre et l’investissement dans des plans de protection sociale. L’organisation appelle également les pays riches et les instances économiques internationales à agir en réduisant, par exemple, la pression exercée sur les pays moins développés pour les pousser à libéraliser dans l’immédiat leurs économies et à adhérer à des organisations commerciales bilatérales ou multilatérales.
Près d’un milliard d’habitants dans le monde sont menacés par la famine dans le sillage de la hausse des prix des aliments et de la crise financière internationale.
Au Liban et dans la région, les résultats ne sont pas moins inquiétants.
À l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation, l’organisation humanitaire britannique Oxfam et Arab NGO Network for Development (ANND) – un réseau d’ONG arabes – ont organisé hier, à Beyrouth, une conférence-débat axée sur le thème de la sécurité alimentaire et des répercussions de la crise alimentaire sur la région du Moyen-Orient, notamment sur le Liban. Les pays arabes, « dont 50 % des besoins alimentaires sont importés, ont du mal à faire face à cette crise », a commencé par souligner Kinda Mohamadieh, du ANND. « Cette crise alimentaire qui...