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Actualités - Opinion

Le commentaire d’Émile khoury Trois obstacles potentiels devant les législatives

Les professionnels dénombrent trois causes principales susceptibles de torpiller les législatives de l’an prochain : – De graves développements régionaux se répercutant négativement sur le Liban, privé de son rendez-vous démocratique. Comme pendant la guerre, le Parlement en place verrait son mandat prorogé. En finassant, on pourrait même se passer de promulguer une loi à cet effet. Il suffirait de dévier un peu le sens véritable de l’article 55 C, relatif à la dissolution de la Chambre. On se référerait à son deuxième paragraphe ordonnant que le décret de dissolution soit annulé et que l’Assemblée sortante continue à exercer ses prérogatives, au cas où des élections pour une nouvelle Chambre n’auraient pas pu être organisées dans les délais légaux. Mais les puristes pourraient protester, du moment que l’on ne serait pas dans un cas de dissolution mais de fin ordinaire de mandat. L’impératif de la continuité institutionnelle entraînerait alors une loi de prolongation, prise au titre de cas de force majeure. – Un embrasement intérieur, ou un cycle soutenu d’incidents sanglants dans plus d’une région. Les tensions sur le terrain rendraient l’organisation du scrutin trop dangereuse, surtout si l’on doit opérer en un seul et même jour sur l’ensemble du territoire. De plus, il est probable que les frictions du temps de campagne seraient le résultat d’une rivalité trop exacerbée entre les camps et les candidats en lice. Ou le produit délibéré des menées de parties se sachant battues d’avance, comme on le pressent pour des incidents survenus au Nord. Il serait donc à craindre que cette vague de violence ne culmine le jour même des élections, qu’il deviendrait nécessaire de renvoyer aux calendes grecques. – Un net refus d’obtempérer, de la part d’importantes fractions, à l’intimidation invalidante de l’armement du Hezbollah. Ces parties soulignent que des élections organisées à l’ombre de cette pression, sinon de cette menace, ne sauraient être libres et propres. Elles font valoir que le résultat global serait alors contesté devant le Conseil constitutionnel. Et qu’une Chambre élue dans des conditions de chantage moral, clair ou implicite, il n’importe, ne peut se voir attribuer aucune légitimité. L’État interdit de séjour… En outre, soulignent ces forces qui militent pour une parfaite normalisation démocratique, l’existence avérée de larges zones, de régions entières où l’État est interdit de séjour, sous couvert de périmètres de sécurité, fait que nombre de candidats ne peuvent y mener campagne. Ni y déployer posters et slogans ni y organiser des meetings pour expliquer leurs programmes et leurs idées. Ni, ensuite, y affecter des scrutateurs dans les bureaux de vote. Par une ironie du sort, les prosyriens, ou du moins ceux d’entre eux qui sont soupçonnés de concourir à certain travail de sape anti-État, sortiraient gagnants de l’épreuve dans les trois cas de figure possibles. Si l’échéance capote, ce serait la persistance de la déstabilisation qui mine et paralyse l’État de droit souverain. Si les élections ont lieu et que l’opposition l’emporte, c’est tout bon, ils auraient le pouvoir. Et si l’opposition perd, ce ne serait sans doute que d’une courte tête. Elle garderait toute sa capacité rituelle de blocage et de paralysie. On peut cependant relever, pour conclure, que toutes les composantes de l’opposition ne sont pas adeptes de la nuisance. Il faut dès lors espérer qu’on aboutirait à une entente pour des listes de coalition, comme on s’était entendu autour du nom du président Sleiman. Ce serait le meilleur moyen de désamorcer cette bombe à retardement que restent encore les législatives de 2009.
Les professionnels dénombrent trois causes principales susceptibles de torpiller les législatives de l’an prochain :
– De graves développements régionaux se répercutant négativement sur le Liban, privé de son rendez-vous démocratique. Comme pendant la guerre, le Parlement en place verrait son mandat prorogé.
En finassant, on pourrait même se passer de promulguer une loi à cet effet. Il suffirait de dévier un peu le sens véritable de l’article 55 C, relatif à la dissolution de la Chambre. On se référerait à son deuxième paragraphe ordonnant que le décret de dissolution soit annulé et que l’Assemblée sortante continue à exercer ses prérogatives, au cas où des élections pour une nouvelle Chambre n’auraient pas pu être organisées dans les délais légaux.
Mais les puristes pourraient protester, du...