Michel Platini, président de l’UEFA, s’est rendu en Pologne hier et sera en Ukraine aujourd’hui pour se qui ressemble fort à une visite de la dernière chance pour les deux pays censés organiser l’Euro 2012.
M. Platini rendra un rapport politique et technique au comité exécutif de l’UEFA à Bordeaux qui décidera fin septembre (le 24 ou 25) de maintenir ou non l’attribution du prochain Euro à ces deux pays de l’Est. C’est sans doute cela qu’il faut comprendre quand le président de l’UEFA se contente de répéter : « Nous allons prendre une décision définitive. »
« On leur a donné, je ne dirai pas un ultimatum, mais un délai pour se réveiller, on leur a donné quatre mois, et au mois de septembre,k on décidera », poursuit M. Platini.
Le patron du football européen continue à dire « qu’il n’y a jamais eu de plan B ». Depuis plusieurs mois, les rumeurs s’emballent au sujet d’une possible réattribution du tournoi. La dernière en date parlait de l’Espagne, avant que cette nation ne remporte l’Euro 2008. M. Platini avait apporté un démenti catégorique.
La menace des stades
Mais pour la première fois depuis l’attribution de l’Euro 2012, M. Platini a brandi une menace. « La seule chose qui me fera ne pas aller là-bas (pour organiser l’Euro), c’est s’il n’y a pas de stade dans les capitales à Kiev et à Varsovie ; là, il n’y a aucune raison d’y aller. »
Les signaux sont tous alarmants. Sur le plan politique, la crise en Ukraine semble apaisée. Seul un projet d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN suscite quelques remous au niveau des relations bilatérales avec la Russie. Ce qui n’influera pas sur la tenue de l’Euro.
En revanche, les infrastructures – sportives et hôtelières – ainsi que la logistique – transports ferroviaire, routier et aérien – sont toujours un incroyable casse-tête.
Contrairement à une idée reçue, M. Platini était conscient de tous ces paramètres et n’était pas favorable à une ouverture si précoce vers l’Est au moment de l’attribution du tournoi le 18 avril 2007.
En termes d’enceintes sportives, Boris Voskresensky, vice-président de la Fédération ukrainienne de football, avait tiré la sonnette d’alarme mi-juin :
« Il paraît que la compagnie asiatique (NDLR : qui a remporté en avril l’appel d’offres pour la reconstruction du stade de Kiev) ne sera pas capable de préparer le projet et de réaliser les travaux dans les délais dus. »
Pas trop tard pour changer
En Pologne, la confiance n’est pas non plus de mise. Une majorité de 77 % de Polonais doute que son pays soit capable d’organiser l’Euro 2012 de football, en raison du retard pris par les préparatifs, selon un sondage publié fin juin.
Parmi les 53 fédérations qui composent l’UEFA, bon nombre pensent que le duo ukraino-polonais n’aura jamais assez les reins solides.
L’Autriche, galvanisée par la coorganisation de l’Euro 2008 avec la Suisse, s’est même spontanément portée candidate pour un possible rattrapage, tout comme l’Écosse. La Croatie et la Hongrie, qui avaient présenté officiellement une candidature commune, tout comme l’Italie, dans le cadre de l’attribution de l’épreuve il y a un an, se font discrets, mais doivent secrètement espérer.
Si un retrait et une réattribution de l’épreuve deviennent effectifs, les pays de l’Est mettront du temps à se relever. Mais à quatre ans de l’évènement, il n’est pas trop tard pour changer les plans.
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M. Platini rendra un rapport politique et technique au comité exécutif de l’UEFA à Bordeaux qui décidera fin septembre (le 24 ou 25) de maintenir ou non l’attribution du prochain Euro à ces deux pays de l’Est. C’est sans doute cela qu’il faut comprendre quand le président de l’UEFA se contente de répéter : « Nous allons prendre une décision définitive. »
« On leur a donné, je ne dirai pas un ultimatum, mais un délai pour se réveiller, on leur a donné quatre mois, et au mois de septembre,k on décidera », poursuit M. Platini.
Le patron du football européen continue à dire « qu’il n’y...