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Actualités - Opinion

Doha ? Un simple pis-aller, en attendant un vrai débat sur les armes

Un État digne de ce nom ? Cet ancien ministre vétéran, blanchi sous le harnais depuis Chéhab, n’y croit pas du tout. Il ne voit pas comment l’autorité publique peut s’affirmer en présence d’une fraction fortement armée. Pour lui, Doha n’est qu’un arrangement provisoire plutôt bancal. Et dont les dispositions, circonstance aggravante, contreviennent à la Constitution ainsi qu’aux principes d’un système républicain qui se veut démocratique. Passant à l’actualité, cet observateur averti relève qu’il est illogique de former un cabinet dit d’entente ou d’union quand il n’y a toujours ni l’une ni l’autre, au niveau des leaders comme de l’opinion. Cela revient à mettre la charrue devant les bœufs. Avec un risque certain de collision à tout moment. Il y a déjà des disputes, politiciennes et personnelles, autour du berceau. Qu’en sera-t-il quand il faudra établir la déclaration ministérielle ? Le choc des projets, et des idées antonymes, ne pourra pas être évité. Pas plus, d’ailleurs, que les querelles entourant les nominations administratives, diplomatiques, judiciaires, militaires ou sécuritaires à venir. Et le bébé pourrait fort bien s’en retrouver mort-né. S’il survit, par un quelconque tour de passe-passe rhétorique à la libanaise, il ne serait pratiquement plus qu’en survie. Paralysé par le tiers de blocage. Bien trop miné par le mal de la division pour aller bien loin. En conclusion sur ce point, l’ancien ministre note que la priorité chronologique devrait aller à un dialogue national menant à l’entente comme à la participation. Dont le gouvernement serait alors le fruit naturel. Le grand dilemme, enchaîne l’ancien ministre, reste l’armement hors légalité. Aucune entente n’aurait de sens s’il n’est pas réglé. Pour se trouver, d’une manière ou d’une autre, récupéré par l’État ou placé sous son autorité. Ce n’est pas là uniquement une question de principe. Mais de réalité courante, de vécu au quotidien. Car le pouvoir ne peut appliquer aucune décision, ni rien entreprendre, si la fraction armée s’y oppose. En recourant éventuellement à la rue et à la violence. Comme en mai. La personnalité chevronnée rappelle que le président Sarkis avait connu le même problème. Apparemment, arithmétiquement, en pire puisqu’il était confronté non pas à une seule formation armée mais à plusieurs de tous horizons. Sans compter les Syriens. L’État paraissait le plus faible. Mais le président, secondé par des forces politiques civiles et jouant sur les divisions entre les diverses parties, avait su maintenir la République en survie artificielle. La tâche du président Sleiman est presque aussi délicate. Il doit s’efforcer de consolider l’essentiel. De prévenir l’explosion, en asseyant progressivement l’autorité de l’État de droit souverain. Seul détenteur d’armement, gage d’une sécurité qui ne serait plus à l’amiable, affreux contresens. Un État libanais, bien libanais. Ce qui n’est pas évident, à l’ombre de la lutte des axes qui prend ce pays pour lice. Avec la complicité, consciente ou non, de parties locales qui s’engagent sous telle ou telle bannière extérieure. Émile KHOURY
Un État digne de ce nom ? Cet ancien ministre vétéran, blanchi sous le harnais depuis Chéhab, n’y croit pas du tout. Il ne voit pas comment l’autorité publique peut s’affirmer en présence d’une fraction fortement armée. Pour lui, Doha n’est qu’un arrangement provisoire plutôt bancal. Et dont les dispositions, circonstance aggravante, contreviennent à la Constitution ainsi qu’aux principes d’un système républicain qui se veut démocratique.
Passant à l’actualité, cet observateur averti relève qu’il est illogique de former un cabinet dit d’entente ou d’union quand il n’y a toujours ni l’une ni l’autre, au niveau des leaders comme de l’opinion. Cela revient à mettre la charrue devant les bœufs. Avec un risque certain de collision à tout moment.
Il y a déjà des disputes, politiciennes et...