L’uléma Mohammad Hussein Fadlallah a critiqué un récent appel du pape Benoît XVI à l’évangélisation du monde et défendant le principe de la liberté religieuse dans toutes ses dimensions morales, sociales et religieuses. Il l’a fait dans un communiqué en quatre points dont nous résumons l’essentiel :
Tout en reconnaissant que l’appel à la prédication religieuse est « une chose naturelle », l’uléma observe que l’évangélisation envisagée, qui touche en particulier « des régions musulmanes », est concomitante à « une campagne mondiale (...) destinée à déformer l’image de l’islam, présenté comme un ennemi de la civilisation et du progrès de l’humanité ».
« C’est à se demander s’il existe un recoupement d’intérêts objectifs entre l’appel du pape, la campagne hostile à l’islam et les campagnes militaires d’ingérence dans les affaires de plusieurs pays musulmans », a affirmé Fadlallah. De quoi « rappeler d’amères expériences d’évangélisation passées, venues dans nos pays sur les coursiers des croisés », ajoute-t-il.
Et le dignitaire chiite d’ajouter que « l’appel à l’évangélisation lancé par le pape s’ajoute à deux autres prises de position : la première ayant trait à l’essence de l’islam, considéré par le pape comme une religion en contradiction avec la raison et la liberté, et la seconde en rapport avec ce que Benoît XVI a appelé le retour du peuple juif sur sa terre, après 3 000 ans, sachant bien que cette entité pratique les plus sauvages des agressions contre les plus élémentaires des droits de l’homme sur sa terre ».
L’uléma a toutefois reconnu que « l’appel à l’évangélisation fait partie de la liberté d’expression », mais s’est demandé « pourquoi fait-on, dans ce cas, un si grand tapage quand il s’agit de la “daawa” musulmane ? »
Fadlallah a ajouté que « la prédication religieuse en général doit se faire dans un cadre culturel qui fait appel à la raison et aux preuves, sur base du respect de la personne et de ses convictions, et non en exploitant certains points faibles de l’homme, qu’ils soient économiques ou culturels ».
Pour conclure, Fadlallah a invité tous les musulmans dans le monde à éliminer ce qu’il considère comme « un analphabétisme religieux islamique » et « à faire face à toutes les campagnes qui décrivent l’islam comme étant la religion de la violence, de l’arriération, du terrorisme, de la violation des droits de l’homme et de l’élimination de l’autre ».
Dans les milieux catholiques, on s’est réservé le droit de répondre aux points soulevés par l’uléma, notamment aux déformations de la pensée du pape sur l’islam en général, comme sur le thème des rapports entre foi et raison.
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Tout en reconnaissant que l’appel à la prédication religieuse est « une chose naturelle », l’uléma observe que l’évangélisation envisagée, qui touche en particulier « des régions musulmanes », est concomitante à « une campagne mondiale (...) destinée à déformer l’image de l’islam, présenté comme un ennemi de la civilisation et du progrès de l’humanité ».
« C’est à se demander s’il existe un recoupement d’intérêts objectifs entre l’appel du pape, la campagne hostile à l’islam...