Le candidat républicain John McCain a promis de mener une campagne « respectueuse » et le favori pour l’investiture démocrate Barack Obama souhaite centrer le débat sur les « vrais » sujets, mais petites phrases et campagnes télévisées insidieuses polluent déjà la campagne présidentielle américaine.
«Je vais élever le niveau du dialogue politique en Amérique. Je vais traiter mes adversaires avec respect et je leur demande de me traiter avec respect », avait dit John McCain au cours d’une réunion électorale en janvier.
Pourtant, le mois dernier, le sénateur de l’Arizona a accusé son adversaire démocrate d’être « le candidat favori du Hamas ». « Je pense qu’il est très clair qui le Hamas voudrait comme prochain président des États-Unis. Ainsi d’ailleurs que Danny (sic) Ortega (le président du Nicaragua) et quelques autres. Je pense que les gens doivent comprendre que je serai le pire cauchemar du Hamas. Si le sénateur Obama est le favori du Hamas, je crois que les gens peuvent faire leur choix selon ce critère », a dit M. McCain.
Le sénateur de l’Arizona « perd ses repères », avait rétorqué M. Obama. Pour le camp McCain, cette remarque a été interprétée comme une attaque directe sur l’âge de M. McCain. Le sénateur de l’Arizona fêtera son 72e anniversaire en août. S’il est élu président en novembre, il deviendra le président le plus âgé au moment de sa prise de fonctions à son premier mandat.
Pour le moment, l’âge de M. McCain n’a pas été exploité par ses adversaires. Par contre, des spots circulent sur la plate-forme d’hébergement de vidéos YouTube qui mettent en doute la dureté des conditions de captivité de M. McCain quand il était prisonnier de guerre au Nord-Vietnam et affirment qu’il aurait « trahi » certains de ses camarades. Ce genre d’allégations avaient déjà circulé en 2000 durant les primaires républicaines et provenaient des rivaux républicains de M. McCain.
Une campagne particulièrement insidieuse l’accusait à la même époque d’avoir une enfant illégitime noire. Il s’agissait en fait d’une enfant originaire du Bangladesh adoptée par le couple McCain.
En fait, c’est surtout M. Obama qui est la cible d’attaques personnelles. Régulièrement, des sites Internet et des courriels envoyés massivement affirment que le sénateur de l’Illinois est de confession musulmane, voire antisémite. Un récent courriel reçu par des journalistes accuse M. Obama d’avoir des connexions avec la mouvance communiste et d’être lui-même un agent communiste.
Les auteurs de ces accusations avancent masqués et ne sont pas directement liés au parti ou à la campagne du candidat républicain.
Mais parfois l’auteur s’affiche clairement. C’est le cas du Parti républicain du Tennessee qui a lancé plusieurs campagnes contre M. Obama et sa famille. En février, ce parti a ainsi publié un communiqué insistant sur le second prénom de M. Obama, Hussein, et en s’interrogeant sur le risque que représenterait Barack « Hussein » Obama pour Israël. Le communiqué était accompagné d’une photo de M. Obama lors d’une tournée au Kenya, vêtu d’un habit traditionnel d’Afrique de l’Est.
Le président du Parti républicain Mike Duncan avait dénoncé ce communiqué, affirmant que son parti rejetait « ce genre de tactique de campagne ».
Mais le Parti républicain du Tennessee a récidivé et a lancé la semaine dernière une campagne contre Michelle Obama, la femme du candidat, l’accusant de ne pas être patriote.
« S’ils pensent vouloir faire de Michelle un sujet de campagne, je leur conseille d’être prudents parce que je trouve inacceptable le fait d’attaquer ma femme ou ma famille », a dit M. Obama. « Ces gens doivent laisser ma femme en paix », a-t-il prévenu.
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«Je vais élever le niveau du dialogue politique en Amérique. Je vais traiter mes adversaires avec respect et je leur demande de me traiter avec respect », avait dit John McCain au cours d’une réunion électorale en janvier.
Pourtant, le mois dernier, le sénateur de l’Arizona a accusé son adversaire démocrate d’être « le candidat favori du Hamas ». « Je pense qu’il est très clair qui le Hamas voudrait comme prochain président des États-Unis. Ainsi d’ailleurs que Danny (sic) Ortega (le...