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Actualités - Analyse

Stratégie Les économies d’échelle reconsidérées à la lumière de la mondialisation

Par Jan Schaaper* Les petites et moyennes entreprises doivent faire face à la concurrence mondiale. C’est par exemple le cas des entreprises libanaises du textile qui subissent la concurrence des produits fabriqués à bas coût, notamment en Chine, surtout depuis la fin des quotas le 1er janvier dernier. Quoiqu’un certain nombre de PME libanaises du textile se portent bien et exportent vers les marchés européens pourtant inondés par le textile bon marché chinois. Une étude menée récemment sur le sujet à l’ESA montre que les entreprises libanaises suivent différentes stratégies pour faire face à la concurrence asiatique. L’une d’entre elles consiste à se spécialiser sur un marché spécifique à international et à augmenter le volume de la production de manière à bénéficier des économies d’échelle. Voilà un concept beaucoup étudié en économie depuis 150 ans que l’on remobilise aujourd’hui dans le cadre de la globalisation des affaires. Le concept des économies d’échelle comprend tous les facteurs qui expliquent que les coûts unitaires de production diminuent lorsque la taille d’une entreprise augmente. Au moins quatre facteurs permettent d’expliquer ce phénomène. D’abord, les coûts unitaires diminuent mathématiquement lorsque des coûts fixes de production sont répartis sur un plus grand nombre d’unités produites. Deuxièmement, l’accroissement de volume se traduit par la décomposition de la production en de nombreuses opérations élémentaires. Chaque ouvrier va ainsi se spécialiser dans un nombre restreint de tâches qu’il exécute plus rapidement. Globalement, la productivité du travail s’améliore et le coût unitaire diminue. Troisièmement, l’expérience cumulée par une entreprise lui permet d’apprendre à gérer son activité de manière plus efficiente par le développement des compétences humaines, par la mise au point de procédures et standards, par l’introduction de techniques informatisées, etc. L’expérience permet de limiter les erreurs, d’accélérer des processus de production et ainsi de diminuer le coût unitaire. Enfin, l’accroissement des volumes de production permet à une entreprise de mieux négocier les tarifs de ses fournisseurs. Cependant, la théorie économique néoclassique démontre qu’il existe pour un secteur donné une taille optimale d’efficience où les coûts unitaires sont les plus bas possibles. Toute augmentation du volume global de production au-delà de ce point fait remonter les coûts unitaires. Il y a plusieurs explications à ce constat empirique. D’abord, la gestion de l’entreprise se complexifie lorsque le volume de la production augmente et les tâches se spécialisent. Les entreprises ajoutent des échelons intermédiaires de coordination. Ces activités non productives ajoutent des coûts fixes sans augmenter le volume de production. Mathématiquement, les coûts unitaires remontent. Aussi, cette complexification induit des coûts cachés qui n’apparaissent pas directement mais pèsent sur le résultat de l’entreprise, comme les surconsommations, les dysfonctionnements techniques qui deviennent fréquents au fur et à mesure que la production atteint sa pleine capacité, la non-qualité de la production, etc. Enfin, la production doit être vendue et à partir d’un certain volume, le marché national est saturé. L’entreprise doit alors chercher de nouveaux marchés à international, ce qui induit de nouveaux coûts, dus au marketing et au commerce international, qui augmentent le coût unitaire moyen. À partir de quel point le volume de production d’un secteur atteint son point optimal d’efficience de manière à ce que les entreprises bénéficient au mieux des économies d’échelle ? C’est là que réside toute la difficulté et intervient une bonne part de feeling de l’entrepreneur. * Maître de conférences HDR, coordinateur académique à l’École supérieure des affaires, Beyrouth. En coopération avec :l'ESA
Par Jan Schaaper*

Les petites et moyennes entreprises doivent faire face à la concurrence mondiale. C’est par exemple le cas des entreprises libanaises du textile qui subissent la concurrence des produits fabriqués à bas coût, notamment en Chine, surtout depuis la fin des quotas le 1er janvier dernier. Quoiqu’un certain nombre de PME libanaises du textile se portent bien et exportent vers les marchés européens pourtant inondés par le textile bon marché chinois. Une étude menée récemment sur le sujet à l’ESA montre que les entreprises libanaises suivent différentes stratégies pour faire face à la concurrence asiatique. L’une d’entre elles consiste à se spécialiser sur un marché spécifique à international et à augmenter le volume de la production de manière à bénéficier des économies d’échelle....