Le président du Sénat italien, Franco Marini, a annoncé hier soir l’échec de ses consultations avec les partis politiques pour trouver une solution à la crise, un retour aux urnes semblant de plus en plus inéluctable, deux ans après les dernières législatives.
« Je n’ai pas trouvé de majorité significative » sur un projet de réforme électorale, a déclaré M. Marini après s’être entretenu pendant une demi-heure avec le chef de l’État Giorgio Napolitano, à l’issue de quatre jours de consultations. Le chef de l’État « a pris acte de ce que lui a rapporté M. Marini et l’a remercié de son grand sens des responsabilités », selon un communiqué laconique de la présidence. Il n’a pas été précisé quand M. Napolitano annoncerait sa décision pour sortir de la crise, tandis qu’une dissolution du Parlement paraît désormais inévitable. D’après la chaîne d’informations en continu Sky TG 24, M. Napolitano se réserve quelques heures de réflexion avant de trancher. Il ressort d’un sondage publié vendredi par l’hebdomadaire L’Espresso que la droite italienne devancerait la gauche de 16 points en cas d’élections avec 58 % des intentions de vote contre 42 %.
Silvio Berlusconi (71 ans) a refusé tout compromis hier avec la gauche sur une réforme de la loi électorale au cours des consultations menées par M. Marini à la suite de la démission de Romano Prodi le 24 janvier dernier. L’ex-chef du gouvernement (2001-2006) a une nouvelle fois réclamé « des élections immédiates, la meilleure solution » pour sortir de la crise à ses yeux. « Nous sommes convaincus que la meilleure solution pour affronter les graves problèmes du pays est de donner à l’Italie un gouvernement légitime par le biais d’élections populaires et qui puisse être immédiatement opérationnel », a-t-il déclaré. Le chef de la droite a « totalement » rejeté l’idée de mettre en place un gouvernement intérimaire, le temps de faire voter une réforme électorale avant un retour aux urnes, comme le souhaitent Giorgio Napolitano et la quasi-totalité de la gauche. Ce serait « inutile » et représenterait « une perte de temps dommageable » pour le pays, a-t-il jugé, affirmant que la loi actuelle, accusée de favoriser les petits partis et de rendre le pays difficilement gouvernable, avait donné « de bons résultats ».
Cette loi a été votée pendant le mandat de M. Berlusconi en décembre 2005, quelques mois avant les législatives d’avril 2006 remportées de justesse par la gauche. À la demande du chef de l’État, M. Marini a eu des consultations avec les responsables politiques pour examiner les chances d’un accord sur une réforme électorale mais, dès le départ, sa mission avait été considérée comme « impossible ».
Sans surprise, le dirigeant du centre-gauche et maire de Rome Walter Veltroni a pris hier le contre-pied de M. Berlusconi, réclamant la mise en place d’un gouvernement de transition pendant trois mois, le temps de faire voter une réforme électorale. « Trois mois, pas 30 ans » ou ce sera encore « une occasion perdue » pour l’Italie, a plaidé le chef du nouveau Parti démocrate (PD), évoquant le risque d’une Italie « ingouvernable » si des élections avaient lieu avec l’actuel mode de scrutin. Le gouvernement Prodi n’a duré que 20 mois, miné par les divisions au sein d’une coalition de 13 partis. Également reçu hier par M. Marini, le plus important allié de M. Berlusconi, Gianfranco Fini, le chef de l’Alliance nationale (droite conservatrice), avait déclaré que « les conditions n’étaient pas remplies pour trouver une majorité qui pourrait soutenir un gouvernement réformant la loi électorale ».
Le scrutin, dont la date est décidée par le gouvernement après la dissolution du Parlement par le chef de l’État, doit avoir lieu 45 jours au plus tôt et 70 jours au plus tard après la dissolution des Chambres.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Le président du Sénat italien, Franco Marini, a annoncé hier soir l’échec de ses consultations avec les partis politiques pour trouver une solution à la crise, un retour aux urnes semblant de plus en plus inéluctable, deux ans après les dernières législatives.
« Je n’ai pas trouvé de majorité significative » sur un projet de réforme électorale, a déclaré M. Marini après s’être entretenu pendant une demi-heure avec le chef de l’État Giorgio Napolitano, à l’issue de quatre jours de consultations. Le chef de l’État « a pris acte de ce que lui a rapporté M. Marini et l’a remercié de son grand sens des responsabilités », selon un communiqué laconique de la présidence. Il n’a pas été précisé quand M. Napolitano annoncerait sa décision pour sortir de la crise, tandis qu’une dissolution du...