Devant le spectacle désolant que nous offre la vie politique libanaise, et le désarroi d’une population éplorée, traumatisée par le souvenir encore frais de la guerre civile ; et face à l’émigration des jeunes et des moins jeunes, je me permets de proposer une solution qui pourrait paraître utopique, mais qui devrait constituer une matière de réflexion à nos dirigeants.
Il y a quelques mois, je rencontrai un jeune Émirati de Dubaï. Je ne pouvais m’empêcher de le féliciter pour les réalisations en un temps record de son État. En même temps, je lui exprimai ma tristesse de voir mes concitoyens déserter leur pays pour participer à la création de miracles dans le monde entier et surtout aux Émirats. Je ne fus pas étonné d’entendre mon interlocuteur vanter le Liban et ses richesses naturelles, son climat ainsi que le génie de sa population. Ce qui me frappa surtout c’est de l’écouter me raconter comment, lors d’un séjour à Londres, des Anglais délaissèrent leur travail pour l’écouter et lui confier leur admiration pour Dubaï. Tout cela ne peut que nous ramener dans le passé. Moi-même, je n’oublierai jamais mon voyage en Angleterre en 1973. À l’époque, tous les Anglais que je rencontrai admiraient le Liban.
Ma suggestion est la suivante : puisque les Libanais, de toutes confessions, quittent le pays et ses richesses naturelles pour fuir les querelles stériles et l’ambiance éprouvante. Puisqu’ils se retrouvent à l’étranger et travaillent ensemble. Puisque le problème ne vient des Libanais eux-mêmes, mais de leurs dirigeants. Il faudrait donc construire, au large des côtes libanaises, une immense île en forme de cèdre. Cette île, une fois terminée, serait ouverte à tous les citoyens qui pourraient y faire éclater leurs talents créatifs. La loi libanaise y serait appliquée. L’urbanisation respectée. La politique bannie. Sa gestion serait confiée aux Libanais de la diaspora les plus méritants. Les Libanais résidant sur cette île auraient alors le bonheur de résider en territoire libanais. La prospérité serait au rendez-vous.
Mais enfin, Bon Dieu, ne serait-il pas plus simple que les hommes politiques se mettent à l’école de leurs compatriotes expatriés en bannissant les polémiques et en créant des emplois générant des richesses pour le bonheur des citoyens résidents ?
Philippe EL-DAHER
Devant le spectacle désolant que nous offre la vie politique libanaise, et le désarroi d’une population éplorée, traumatisée par le souvenir encore frais de la guerre civile ; et face à l’émigration des jeunes et des moins jeunes, je me permets de proposer une solution qui pourrait paraître utopique, mais qui devrait constituer une matière de réflexion à nos dirigeants.
Il y a quelques mois, je rencontrai un jeune Émirati de Dubaï. Je ne pouvais m’empêcher de le féliciter pour les réalisations en un temps record de son État. En même temps, je lui exprimai ma tristesse de voir mes concitoyens déserter leur pays pour participer à la création de miracles dans le monde entier et surtout aux Émirats. Je ne fus pas étonné d’entendre mon interlocuteur vanter le Liban et ses richesses naturelles, son climat...
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