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Soudan La force « hybride » prend le relais des Africains au Darfour

La mission des Nations unies et de l’Union africaine au Darfour (MINUAD) a pris hier le relais de la mission africaine (AMIS), un transfert largement symbolique, l’ONU peinant, face aux réticences de Khartoum et des Occidentaux, à élargir et équiper la nouvelle force. Une cérémonie de transfert d’autorité a eu lieu hier à el-Facher, capitale du Darfour-Nord et siège du QG de la nouvelle mission approuvée le 31 juillet par le Conseil de sécurité des Nations unies. La bannière de la MINUAD a été hissée dans le nouveau QG et celle de l’AMIS abaissée tandis que les soldats et policiers de maintien de la paix troquaient leurs bérets verts de l’AMIS pour ceux, bleus, de l’ONU. S’adressant aux participants, le chef de la MINUAD, Rodolfe Adada, a souligné son intention de « déployer la force la plus robuste possible au Darfour pour qu’elle puisse remplir le mandat dont elle a été chargée ». Il a appelé toutes les parties en conflit à cesser les hostilités et à trouver une solution politique avec la coopération du gouvernement soudanais. Le gouverneur du Darfour-Nord, Osmane Youssef Kibr, a assuré en retour la MINUAD de « la totale coopération » du gouvernement soudanais. Le conflit du Darfour, une province de l’ouest du Soudan, a fait 200 000 morts et quelque 2,2 millions de déplacés en près de cinq ans, selon des organisations internationales – chiffres contestés par Khartoum qui parle de 9 000 morts seulement. Une fois déployée dans son intégralité, la MINUAD sera forte de 20 000 soldats et plus de 6 000 policiers et personnels civils, ce qui en fera la plus grosse opération de maintien de la paix des Nations unies au monde. Mais dans les faits, la MINUAD ne démarre qu’avec quelque 9 000 éléments sur le terrain : les 7 000 soldats de l’AMIS plus 1 200 policiers de cette force et des soldats et policiers de l’ONU envoyés en renfort en 2007. En outre, cette force, dont le budget de 1,2 milliard de dollars pour 2008 n’a été approuvé que récemment par l’Assemblée générale des Nations unies, peine à mobiliser les ressources humaines et matérielles nécessaires à sa mission qu’elle veut plus efficace que celle de l’AMIS. La force africaine a été incapable, faute de moyens et de financement, de peser sur la violence au Darfour. Elle a perdu depuis son arrivée en 2004 une cinquantaine de ses membres, dont 12 lors d’une attaque fin septembre 2007 à Haskanita, dans le sud du Darfour, attribuée à des rebelles. Le Soudan continue de refuser l’intégration dans la force de la MINUAD d’éléments venus des pays nordiques en arguant que l’accord initial soulignait le caractère africain de cette force. Les Nations unies, pour leur part, n’arrivent pas à trouver 24 hélicoptères, dont six d’attaque, jugés essentiels pour la mobilité et la capacité de réaction de la MINUAD qui a en charge un territoire aussi vaste que la France. Dans un communiqué conjoint à la veille du transfert, les Nations unies et l’Union africaine ont appelé, une nouvelle fois, les pays membres à « combler ce manque » en fournissant ces appareils. Actuellement, il y a dix bataillons d’infanterie sur le terrain venant du Rwanda, d’Afrique du Sud, du Nigeria et du Sénégal. Il y a aussi une unité de la police militaire du Kenya, une compagnie de Gambie et une compagnie du génie de Chine ainsi que plus de 1 000 policiers, venant de plus de 25 pays, et une unité de police du Bangladesh. Des troupes d’Égypte, du Pakistan, d’Éthiopie et une unité de police du Népal doivent être déployées dans les deux prochains mois.
La mission des Nations unies et de l’Union africaine au Darfour (MINUAD) a pris hier le relais de la mission africaine (AMIS), un transfert largement symbolique, l’ONU peinant, face aux réticences de Khartoum et des Occidentaux, à élargir et équiper la nouvelle force.
Une cérémonie de transfert d’autorité a eu lieu hier à el-Facher, capitale du Darfour-Nord et siège du QG de la nouvelle mission approuvée le 31 juillet par le Conseil de sécurité des Nations unies. La bannière de la MINUAD a été hissée dans le nouveau QG et celle de l’AMIS abaissée tandis que les soldats et policiers de maintien de la paix troquaient leurs bérets verts de l’AMIS pour ceux, bleus, de l’ONU. S’adressant aux participants, le chef de la MINUAD, Rodolfe Adada, a souligné son intention de « déployer la force la plus robuste...