Les attentes suscitées par la réunion d’Annapolis, destinée à relancer les négociations de paix israélo-palestiniennes, se sont tellement réduites que les États-Unis mettent aujourd’hui l’accent sur « l’après-Annapolis ».
Alors que les négociations de paix israélo-palestiniennes sont au point mort depuis sept ans, ce rassemblement international que la secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice a prévu d’organiser à la fin du mois dans le Maryland, à une quarantaine de kilomètres de Washington, a suscité parmi les Palestiniens et leurs alliés arabes des attentes énormes lorsqu’il a été annoncé en juillet par le président George W. Bush.
Les dirigeants arabes avaient exprimé le vœu que cette conférence dresse la liste des questions en suspens entre Israéliens et Palestiniens : le statut de Jérusalem-Est, occupé par Israël depuis 1967, les frontières d’un futur État palestinien, le statut des réfugiés palestiniens et la colonisation juive. « Nous souhaitons que cette conférence permette de fixer une date pour la création d’un État palestinien indépendant, seul moyen d’assurer la sécurité et la stabilité dans la région », avait même précisé Nabil Abou Roudeina, porte-parole du président palestinien Mahmoud Abbas.
En septembre, les médias israéliens et palestiniens indiquaient que les deux parties travaillaient sur une déclaration commune en huit points qu’elles entendaient sceller avant la conférence internationale. Aujourd’hui, la déclaration commune n’est toujours pas rédigée, la date de la réunion n’a toujours pas été annoncée officiellement – même si les dates des 26 et 27 novembre circulent avec insistance – et la liste des participants reste incertaine. « Nous sommes confiants », a assuré jeudi dernier le porte-parole du département d’État, Sean McCormack. « Les préparatifs avancent bien. Ils sont sur la bonne voie. Les Israéliens et les Palestiniens travaillent sur le document. » « Je pense qu’ils vont parvenir à un accord sur un document, mais il ne faut pas perdre de vue quelque chose de très important : qu’après Annapolis, il y aura un lendemain, puis un autre jour, puis un autre jour », a-t-il ajouté.
Pour David Levy, de la New America Foundation, un centre de recherche indépendant de Washington, cette insistance à parler de l’après-Annapolis signifie qu’il « n’y aura rien en substance à retirer d’Annapolis ». « L’accent mis sur le résultat d’Annapolis s’est désormais déplacé sur les détails du processus qui va suivre Annapolis pour essayer de le rendre crédible », ajoutait récemment cet ancien négociateur israélien.
D’autres experts jugent que la politique américaine d’isolement du Hamas ne peut qu’affaiblir les négociations en cours. « Sans progrès rapide dans la vie quotidienne des Palestiniens et une nouvelle position américaine à l’égard du Hamas, tout succès accompli (à Annapolis) sera de courte durée », estime ainsi Shibley Telhami, de la Brookings Institution. Selon cet expert, dès la fin de la réunion, les participants doivent envoyer au mouvement islamiste palestinien, qui a pris le contrôle de la bande de Gaza en juin, le message selon lequel « il a tout à gagner à simplement accepter » ce qui aura été décidé.
Mais pour Martin Indyk, ancien négociateur de Bill Clinton au Proche-Orient, la conférence d’Annapolis « se présente bien ». « Non seulement il y aura des dirigeants américains, européens, chinois, israéliens et palestiniens, mais pas moins de sept pays arabes n’ayant pas reconnu Israël pourraient être représentés, dont l’Arabie saoudite », estime-t-il. « Rien que cela sera un progrès. »
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Alors que les négociations de paix israélo-palestiniennes sont au point mort depuis sept ans, ce rassemblement international que la secrétaire d’État américaine Condoleezza Rice a prévu d’organiser à la fin du mois dans le Maryland, à une quarantaine de kilomètres de Washington, a suscité parmi les Palestiniens et leurs alliés arabes des attentes énormes lorsqu’il a été annoncé en juillet par le président George W. Bush.
Les dirigeants arabes avaient exprimé le vœu que cette conférence dresse la liste des questions en suspens entre Israéliens et Palestiniens : le statut...