Les groupes palestiniens au Liban se disent déterminés à empêcher le réseau el-Qaëda d’infiltrer le camp de réfugiés de Aïn el-Heloué, présenté comme une poudrière et un vivier d’extrémistes, rapporte Lamia Radi, dans un reportage de l’AFP.
« Toutes les forces palestiniennes à Aïn el-Heloué, islamistes ou autres, veulent combattre tout intrus qui tenterait d’infiltrer le camp », déclare le commandant militaire du groupe islamiste Ansar Allah, Maher Oueïd. « Nous ne permettrons pas à une organisation étrangère de s’implanter parmi les Palestiniens au Liban », ajoute-t-il.
À Aïn el-Heloué, la mosquée el-Nour, fief des islamistes, trône au centre du camp formé d’un labyrinthe de ruelles insalubres.
À la faveur de conditions de vie misérables, des groupes extrémistes accusés de liens avec el-Qaëda se sont installés ces dernières années dans des camps de réfugiés palestiniens du Liban, en particulier à Aïn el-Heloué, le plus peuplé avec 45 000 habitants selon l’ONU et 80 000 selon les Palestiniens.
Ces derniers mois, les autorités libanaises ont imputé à des Palestiniens qui viendraient de ce camp, la responsabilité d’attaques contre les Casques bleus au Liban-Sud.
« Nous ne tolérerons pas que le camp devienne un havre pour des criminels. Toutes les factions ont convenu de livrer immédiatement de tels éléments à l’État libanais », affirme Mounir Maqdah, responsable du Fateh à Aïn el-Heloué. Les accusations reflètent surtout les craintes des dirigeants du camp d’une répétition à Aïn el-Heloué du scénario du camp de Nahr el-Bared.
En juin, des combattants du groupe extrémiste Jound el-Cham ont, « par solidarité » avec Fateh el-Islam, affronté brièvement l’armée à Taamir, un quartier bordant la partie nord du camp de Aïn el-Heloué.
Si Jound al-Cham, qui a fusionné avec le groupe Osbet el-Ansar, n’est plus visible à Aïn el-Heloué, M. Oueïd reconnaît la présence d’el-Qaëda au Liban « comme ce fut le cas à Nahr el-Bared et dans des régions du Sud. Des éléments collaborent certainement avec el-Qaëda sur une base individuelle ».
Selon des rapports de la presse occidentale, le Hezbollah recruterait aujourd’hui des militants parmi les groupes sunnites palestiniens modérés, notamment à Aïn el-Heloué, pour contrer une montée en puissance d’el-Qaëda qui livre une guerre sans merci aux chiites en Irak.
« Ces rapports sont sans valeur et sans fondement et ne méritent même pas d’être commentés », affirme le porte-parole du Hezbollah, Hussein Rahhal.
« Notre position est claire : ne pas s’impliquer dans les dissensions interlibanaises. Nous ne deviendrons pas un fusil à louer au plus offrant », dit M. Maqdah.
« En cette situation volatile, s’aligner sur une communauté attirerait les foudres des autres », estime Souheil Natour, expert dans les affaires palestiniennes.
« Mais, des forces peuvent toujours tenter d’enrôler les milliers de réfugiés chômeurs en les appâtant avec de l’argent », estime M. Natour à propos d’el-Qaëda. « Le seul rempart contre ce danger est l’amélioration des conditions de vie des réfugiés à qui il faut reconnaître leurs droits civiques ».
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« Toutes les forces palestiniennes à Aïn el-Heloué, islamistes ou autres, veulent combattre tout intrus qui tenterait d’infiltrer le camp », déclare le commandant militaire du groupe islamiste Ansar Allah, Maher Oueïd. « Nous ne permettrons pas à une organisation étrangère de s’implanter parmi les Palestiniens au Liban », ajoute-t-il.
À Aïn el-Heloué, la mosquée el-Nour, fief des islamistes, trône au centre du camp formé d’un labyrinthe de ruelles insalubres.
À la faveur de conditions de vie misérables, des groupes extrémistes accusés de liens avec...