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Actualités - Reportage

REPORTAGE Comme un premier jour d’école

Les premières heures du congrès du parti, c’est un peu comme la rentrée des classes : un soupçon d’excitation, des nouveaux au milieu des visages connus, un programme sans surprises, le tout dans un jour d’automne resplendissant sous surveillance policière. Avant 09h00, l’heure de l’ouverture tant attendue, les 2 200 délégués venus de toutes les provinces arrivent par grappes au palais du Peuple, dans un décor de carte postale. Tels des touristes, beaucoup se prennent en photos. Tous les lieux sont propices à ces clichés souvenirs, à l’extérieur, les grandes marches, à l’intérieur, la salle démesurée avec ses immenses slogans, l’écran géant ou l’énorme piano dans le hall. Pressés par les dizaines de journalistes, en quête de déclarations, certains s’esquivent, d’autres non. Arborant leurs badges rouges où se détachent la faucille et le marteau, ils se sont mis sur leur trente et un, ceux des minorités ont revêtu leurs habits traditionnels. Les photographes et les caméramen se pressent autour de l’un d’eux : il porte un couvre-chef orné d’une corne de cerf. « Les problèmes des gens seront résolus grâce à une société harmonieuse », lance Zhao Yugong, vêtu d’un costume-cravate. Ce délégué de l’Anhui, l’une des provinces les plus pauvres, reprend fidèlement le slogan qui sera développé par le numéro un chinois Hu Jintao au cours de son long discours à l’ouverture de ce conclave quinquennal. Au-dessus de Pékin, le ciel est d’un bleu parfait, les drapeaux rouges claquent, la propagande du régime, omniprésente ces derniers jours, semble avoir même commandé le vent du Nord qui a balayé la pollution. Après quelques sonneries et l’hymne national, c’est le tour du numéro un Hu Jintao de parler, dans une ambiance studieuse. À la galerie supérieure de la salle, où se trouvent les journalistes, la « société harmonieuse » n’est pas de mise : trop de reporters, caméramen et photographes pour un nombre insuffisant de places. Sur la tribune, derrière Hu, parmi les plus hauts dirigeants figurent des anciens, Jiang Zemin, son prédécesseur, ou les ex-Premiers ministres Li Peng et Zhu Rongji. De temps à autre, à la fin d’une phrase, Hu lève la voix, un changement de ton qui entraîne invariablement un tonnerre d’applaudissements. Après presque deux heures et demie de discours, les délégués ont retenu la leçon. Les délégués de base repartent en bus, les hauts dirigeants prennent place dans leurs voitures avec chauffeurs. À quelques centaines de mètres, sur le côté ouest de la place, le peuple est tenu à l’écart par des centaines de militaires et policiers, en uniforme ou en civil. Dans la ville, certains ont suivi l’ouverture sur des écrans géants. « Ceux qui sont là-bas sont tous corrompus », lance un passant qui refuse de donner son nom. « Ces grands dirigeants de sociétés publiques et ces responsables ont tous de grosses voitures, de belles maisons et des millions de yuans sur leurs comptes en banque, d’où cela vient-il ? » lance Zhang Kongliang, un retraité de 62 ans. François BOUGON (AFP)
Les premières heures du congrès du parti, c’est un peu comme la rentrée des classes : un soupçon d’excitation, des nouveaux au milieu des visages connus, un programme sans surprises, le tout dans un jour d’automne resplendissant sous surveillance policière.
Avant 09h00, l’heure de l’ouverture tant attendue, les 2 200 délégués venus de toutes les provinces arrivent par grappes au palais du Peuple, dans un décor de carte postale. Tels des touristes, beaucoup se prennent en photos. Tous les lieux sont propices à ces clichés souvenirs, à l’extérieur, les grandes marches, à l’intérieur, la salle démesurée avec ses immenses slogans, l’écran géant ou l’énorme piano dans le hall. Pressés par les dizaines de journalistes, en quête de déclarations, certains s’esquivent, d’autres non.
Arborant leurs...