Une démocratie exemplaire, une transparence cristalline, une lisibilité percutante… À moins de vingt jours de l’élection présidentielle présumée, la classe politique n’est toujours pas fichue de cerner avec précision les cobayes appelés à disputer le droit de gouverner ce pays… qu’il est d’ailleurs tout à fait inutile de gouverner.
Attention, bêlent les gnoufs ! Faut surtout pas trop agiter les bibelots postulants. Paraît que ça les grillerait auprès des décideurs, des fois que ces derniers leur feraient un consensus dans le bas du dos. Alors forcément, faute de grives, on mange des merles. À défaut de quelques prénoms qu’on ose à peine murmurer, on nous gave de portraits-robots : le futur locataire du Château sera honnête – on ne rit pas ! – donc impassible même devant une valise bourrée de billets ; il sera aussi expérimenté, intelligent, dévoué, modéré, respectueux des libertés et de l’État de droit. Il aimera également le Liban, ce qui est facile, et les Libanais, ce qui l’est moins. Si l’on ajoute à tout cela qu’il ne boit pas, ne fume pas et promet de ne pas culbuter les petites stagiaires du palais, on obtient un zombie plus robot que portrait. Pour les Libanais, plutôt habitués aux margoulins magouilleurs, l’exercice est hallucinant…
Ne reste plus donc qu’à fabriquer ce prototype d’OGM. Et qui c’est qui s’y colle ? Ben voyons, le Istiz himself. Sacré Nabeuh ! Heureusement qu’on l’a, celui-là. Deux années d’orphelinat depuis le départ de Maman Syrie, dont une sabbatique dans son clapier de Aïn el-Tiné, et revoilà l’acrobate remis sur pied après un spectaculaire virage sur l’aile qui l’a conduit à manger son fantasme de gouvernement d’union nationale.
L’Examinateur déshérité reçoit les demandeurs chez lui. De nuit, de préférence, dans une belle ambiance de complot. Il lui arrive parfois aussi de déléguer ses larbins auprès des roitelets provinciaux chrétiens, question de les tâter sur un point précis de leurs démangeaisons présidentielles. Mais jusque-là, pas un nom ni un prénom, pas même un pseudo.
La stratégie est claire, mais éculée : au finish, on obtiendra un ectoplasme qui plaira à tout le monde. Autrement dit, à n’importe qui…
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Une démocratie exemplaire, une transparence cristalline, une lisibilité percutante… À moins de vingt jours de l’élection présidentielle présumée, la classe politique n’est toujours pas fichue de cerner avec précision les cobayes appelés à disputer le droit de gouverner ce pays… qu’il est d’ailleurs tout à fait inutile de gouverner.
Attention, bêlent les gnoufs ! Faut surtout pas trop agiter les bibelots postulants. Paraît que ça les grillerait auprès des décideurs, des fois que ces derniers leur feraient un consensus dans le bas du dos. Alors forcément, faute de grives, on mange des merles. À défaut de quelques prénoms qu’on ose à peine murmurer, on nous gave de portraits-robots : le futur locataire du Château sera honnête – on ne rit pas ! – donc impassible même devant une valise bourrée de...