Le Bloc du changement et de la réforme a indiqué par le biais de son chef, le député du Kesrouan le général Michel Aoun, qu’il n’était « pas concerné en tant que bloc par le communiqué publié mercredi soir par l’Alliance du 14 Mars », car ce communiqué était exclusivement adressé « au camp du 8 Mars », dont il affirme ne pas faire partie. Dans une déclaration à la presse hier matin à son domicile de Rabieh, Michel Aoun a ainsi expliqué que « du moment que (son) bloc ne fait pas partie du 8 Mars », il n’est donc « pas concerné » par une éventuelle réponse au communiqué du 14 Mars. « Nous sommes prêts à nous réunir avec toutes les forces politiques » a indiqué M. Aoun, mais cela « ne signifie pas que nous adhérons à un camp en particulier ». Interrogé en outre sur la manière dont il avait perçu le communiqué publié par la majorité, M. Aoun a indiqué qu’il le percevait comme « une réponse négative » et « faisant monter les enchères ».
D’autre part, dans une interview à paraître aujourd’hui dans les hebdomadaires Magazine et al-Ousbouh al-Arabi, Michel Aoun a affirmé que « le Liban risque une confrontation si le gouvernement ne saisit pas l’occasion de réaliser l’entente nationale. Quant aux gens du pouvoir, ils ne sont plus en mesure d’assurer 65 députés pour élire un président sans l’aval de l’opposition ». Revenant au profil du candidat à la présidence, M. Aoun a précisé qu’il ne fallait pas, « dans les circonstances actuelles », s’arrêter sur la personne du candidat, mais bien sur « le programme politique qui doit être mis de concert avec toutes les forces politiques pour que le président puisse remplir sa mission de façon concrète. La personnalité du président doit lui permettre de jouer le rôle de garant d’un projet consensuel. Aussi doit-il être fort et peser de son influence sur toutes les décisions, pour faire en sorte que les accords soient respectés ».
Pour Michel Aoun, son poids politique lui permettra d’appliquer son programme, et « le président doit avoir un poids donné qui pèse du bon côté de la balance, et s’il n’arrive pas à respecter ses engagements, il sera sanctionné. Un président impartial sera appuyé par la nation ».
À la question de savoir s’il envisage de se retirer de la course afin de soutenir un autre candidat, M. Aoun a répondu qu’il connaissait « les aléas du fait d’être président » et qu’il ne veut « faire boire cette coupe à personne ». « J’ai reçu des menaces, on a tenté de me soudoyer. Je ne souhaite faire subir à personne les mêmes dangers. Je ne veux pas leur faire un cadeau piégé entouré de dangers et de menaces. D’autre part, je ne peux pas garantir que celui que je soutiendrai tiendra les promesses faites », a-t-il ajouté. S’exprimant sur un éventuel amendement de la Constitution, M. Aoun a indiqué qu’il ne soutiendra « jamais » un amendement « au profit d’une personne. Si des solutions intermédiaires sont envisagées, nous n’avons pas besoin d’amender la Constitution ».
« Ce que la majorité doit savoir, a souligné M. Aoun, c’est que si cette option (l’initiative de Nabih Berry) ne marche pas, si on ne s’entend pas sur l’échéance présidentielle, c’est alors que les problèmes vont commencer ». Il a ajouté que « la porte sera ouverte à toutes les éventualités s’ils élisent un président sans que le quorum des deux tiers ne soit assuré. Cela constituerait un coup d’État ». Dans ce cas, « les choses sortiront du cadre de la Constitution et chacun sera libre de faire ce qu’il peut faire », a-t-il aussi précisé. Répondant à la question de savoir si des élections sans l’aval de l’opposition seraient considérées comme une violence faite au Hezbollah, M. Aoun a répondu : « Laissons les choses dans le flou. Je ne veux pas donner plus de précisions à ce sujet. »
De son côté, le député Sélim Aoun a indiqué dans un entretien accordé au site Internet Now Lebanon que son bloc n’était pas « directement concerné » par le communiqué du 14 Mars, surtout que cette alliance a appelé les « blocs parlementaires du 8 Mars à se réunir avec eux et qu’ils nous ont exclus parce qu’ils n’ont pas l’intention de trouver une solution ».
Dans le même temps, le député Nabil Nicolas a pris soin de souligner que le communiqué de la majorité constituait « un contournement de l’initiative de Nabih Berry » et qu’il visait à « paralyser » toute solution éventuelle. De plus, pour M. Nicolas, son bloc n’est pas concerné par ce communiqué car il s’adresse au camp du 8 Mars dont le Bloc du changement et de la réforme ne fait pas partie.
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